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02.10.2025 à 02 H 18 • Mis à jour le 02.10.2025 à 02 H 52
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Manifestations

GenZ212 à Casablanca : une marche sans heurts dans le quartier Sidi Bernoussi

À Casablanca, le rassemblement appelée par le mouvement GenZ212, le 1er octobre 2025, s’est déroulé dans le calme. Crédit : Sami Lakmahri / Le Desk
Le rendez-vous du mouvement GenZ212 à Casablanca, le soir du 1er octobre, s'est transformé en une longue marche pacifique. Parti de la mosquée Tariq à Sidi Bernoussi, le cortège des jeunes contestataires a fait le tour du quartier sous l’œil des forces de police, qui ne sont intervenues que pour sécuriser la circulation

Alors que différentes villes du Royaume ont vu les manifestations appelées par le mouvement GenZ212 tourner à l’émeute et aux affrontements avec les forces de l’ordre, celle organisée à Casablanca s’est déroulée dans le calme.


Au lendemain de la soirée pour le moins agitée de la veille dans le quartier de Derb Sultan, les militants casablancais de la GenZ212 se sont cette fois donné rendez-vous bien plus loin, à Sidi Bernoussi, dans la périphérie nord de la métropole. Aux abords de la mosquée Tariq, des éléments de la police, en uniforme et en civil, étaient déjà postés sur les lieux avant 18h00, horaire choisi par les jeunes et annoncé, comme c’est désormais l’usage, sur la plateforme Discord. Les forces de l'ordre ont installé un dispositif sécuritaire moins spectaculaire que les jours précédents, et les fourgons utilisés pour interpeller les interpellés étaient garés bien plus loin du lieu de la manifestation.


« Santé, éducation, dignité sociale ! »

Vers 18h30, depuis le boulevard Abi Der Al Ghafari, une clameur attire l'attention. Ce sont d'abord près d’une cinquantaine de jeunes, scandant les habituels slogans (« Vive le Peuple ! », « Santé, éducation, dignité sociale ! »), qui se sont approchés de la mosquée et des forces de police, sans gestes ni mots de provocation. Bien au contraire, à leur approche, les jeunes, bientôt rejoints par des dizaines d'autres, ont clairement manifesté leurs intentions pacifiques.


Une foule de plusieurs centaines de manifestants a marché sans heurts dans le quartier de Sidi Bernoussi, à Casablanca. Crédit : Sami Lakmahri / Le Desk


En parallèle, les mouvements des policiers ne semblaient avoir d’autre objectif que d'encadrer le déroulement du rassemblement et empêcher de possibles entraves à la circulation. Le cortège s’est ensuite dirigé vers l'esplanade du parc de la mosquée Tariq, parsemée de badauds et de journalistes. Les chants se sont alors mis à résonner de plus en plus fort, tandis que la police est restée constamment à l’écart, sans montrer une quelconque volonté d'intervenir.


Les militants marchent, la police escorte

Juché sur les épaules de ses camarades, le leader du groupe, un tatouage sur le cou, exhorte les jeunes à manifester de manière pacifique et civique. Les cadres veillent ainsi à éviter tout débordement, allant jusqu'à réprimander les manifestants qui débordaient sur la chaussée. 


Visiblement moins tendues que les soirs précédents, les forces de l’ordre se contentaient d'observer le déroulement de la manifestation, accompagnant le cortège qui reprenait le boulevard Abi Der Al Ghafari en direction de l'avenue Jénine. La foule, désormais forte d’environ une centaine de personnes, marque des haltes occasionnelles pour entonner derechef ses slogans et revendications, mettant un point d’honneur à le faire face à des bâtiments qui ont valeur de symbole, comme le siège de la préfecture de Sidi Bernoussi, ou encore l’hôpital Al Mansour sur le boulevard Souhaib Arroumi.


Lors de la manifestation appelée par le mouvement GenZ212 au quartier Sidi Bernoussi, à Casablanca, le 1er octobre 2025. Crédit : Sami Lakmahri / Le Desk


Le cortège, qui poursuit son parcours, compte désormais plusieurs centaines de personnes. D'après certains manifestants, l’impressionnante discipline qui règne dans cette marche est due à son organisation par les ultras du Raja de Casablanca, groupe de supporters rompu à la gestion de la foule. Après deux heures d'une marche qui a pris parfois des allures de festival populaire, la manifestation s'achève au rond-point jouxtant le siège de l’arrondissement de Sidi Bernoussi.


Un dernier rassemblement durant lequel sont scandés de nouveaux chants, qui réclament notamment, avec insistance, une intervention royale. Peu après 20h30, les leaders annoncent la fin d'une manifestation qui s'est voulue civique, un îlot pacifique au moment où des violences embrasent d'autres villes du Royaume.

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