CGEM : Tazi et Bachiri posent les jalons d’un patronat plus interventionniste
Mehdi Tazi (à droite et Mohamed Bachiri au siège de la CGEM, le 11 mai 2026. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk
La scène avait des airs de prise de fonction anticipée. Quelques jours avant l'assemblée générale qui doit logiquement les installer à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri se sont prêtés à l'exercice du programme détaillé. Conférence de presse de plus de deux heures, document de référence en main, questions des journalistes prises sans paravent : l’exercice entendait souligner la rupture méthodologique revendiquée par le tandem, candidat unique pour le mandat 2026-2029 après la validation de sa liste par le conseil d'administration de la confédération à la mi-avril.
Les deux hommes ne se présentent pas en outsiders. Mehdi Tazi a tenu pendant 6 ans la vice-présidence générale de l'organisation, Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Maroc, en connaît les rouages industriels. Cette familiarité, ils en ont fait un argument de campagne : pour bâtir leur feuille de route, ils disent avoir parcouru les 12 coordinations régionales et entendu, fédération par fédération, les 37 structures professionnelles qui composent la confédération. Le programme déposé est ainsi présenté comme un texte de synthèse, fruit d'une consultation revendiquée comme inhabituellement large dans l'histoire récente de l'institution.
Une lecture optimiste du moment économique
L'argumentaire macroéconomique sur lequel s'appuie le projet est celui d'un pays en phase ascendante. Le tandem rappelle que la croissance s'est établie à 4,9 % deux années de suite, que l'investissement public programmé pour 2026 atteint 380 milliards de dirhams (MMDH), un niveau jamais inscrit en loi de finances, et que les flux d'investissements directs étrangers ont culminé à 56 MMDH en 2025. À cela s'ajoute la perspective de la Coupe du monde 2030, coorganisée avec l'Espagne et le Portugal, qui devrait amplifier le programme d'infrastructures et offrir une vitrine de plusieurs mois à l'économie nationale.
Les candidats inscrivent leur démarche dans le sillage des orientations royales, qui assignent au secteur privé un rôle moteur dans la relance de l'investissement. Reste à passer du discours à la livraison : pour Mehdi Tazi, l'objectif des trois prochaines années tient en un triptyque d’action : mettre en œuvre, gagner en cadence, produire des résultats mesurables. Une grille de lecture explicitement empruntée à l'univers industriel, qui rompt avec la posture traditionnellement plus politique de l'organisation.
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