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20.05.2026 à 17 H 58 • Mis à jour le 20.05.2026 à 17 H 58
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Palestine

Flottille « Global Sumud » : neuf Marocains arrêtés par Israël, la vidéo de Ben Gvir provoque un tollé international

Crédit : DR
Interceptée le 18 mai au large de Chypre, la flottille humanitaire à destination de Gaza comptait une dizaine de ressortissants marocains à son bord. La diffusion par le ministre Itamar Ben Gvir d'images de militants agenouillés et menotté a déclenché une onde de choc jusqu'au sein même du gouvernement israélien

La flottille Global Sumud, composée d’une cinquantaine de navires civils partis le 14 mai du port turc de Marmaris avec près de 500 participants issus de 45 pays, a été encerclée et arraisonnée le 18 mai par des navires de guerre israéliens, à environ 250 milles nautiques des côtes de Gaza, dans la zone de recherche et de sauvetage chypriote.


Parmi les personnes à bord figuraient plusieurs ressortissants marocains. Parmi les navires ciblés figurait le Gotico, à bord duquel se trouvait notamment le journaliste marocain Ayoub Ibnoulfassih, dont le contact a été brusquement rompu en fin de matinée, confirmant l’interception de son embarcation par le biais des balises de suivi en temps réel de l’organisation. Le journaliste, officiant chez Les Inspirations Eco, avait profité de son congé pour s’engager dans la flottille, comme l’a confirmé son employeur.


Le Mouvement mondial pour Gaza – Maroc précise que neuf Marocains ont pris part à cette flottille, répartis à bord de huit embarcations différentes, et indique que plusieurs d’entre eux ont entamé une grève de la faim après leur arrestation. Le mouvement appelle les autorités marocaines à intervenir d’urgence pour obtenir leur libération.


Ce n’est pas la première fois que des Marocains participent à une telle initiative. Il s’agit de la troisième tentative maritime de ce type en un an. Lors de la précédente confrontation en avril dernier, la marine israélienne avait intercepté une flottille similaire avant de relâcher et d’expulser la quasi-totalité des militants après quelques jours de détention.


La vidéo de Ben Gvir déclenche une crise

L’épisode a pris une dimension nouvelle avec la diffusion, le 20 mai, d’une vidéo par Itamar Ben Gvir, ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale. On y voit des dizaines de militants agenouillés les uns à côté des autres, les mains liées, sur fond d’hymne national israélien. Dans une seconde vidéo, Ben Gvir déclare aux détenus qu’ils « sont venus tout fiers comme de grands héros », avant de demander à Netanyahu de les confier « pour longtemps » aux « prisons pour terroristes ».

 

La séquence a provoqué des réactions en cascade, y compris au sein du gouvernement israélien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris ses distances avec son propre ministre, affirmant qu’« Israël a pleinement le droit d’empêcher des flottilles provocatrices de partisans du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales », tout en jugeant que « la manière dont Ben Gvir a traité les activistes de la flottille n’est pas conforme aux valeurs et aux normes d’Israël ». Il a ordonné l’expulsion des détenus « le plus rapidement possible ».

 

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a été encore plus direct, s’adressant publiquement à Ben Gvir sur X : « Vous avez sciemment causé du tort à notre État dans cette démonstration honteuse, et ce n’est pas la première fois. Vous avez défait d’immenses efforts professionnels et fructueux accomplis par tant de personnes. Non, vous n’êtes pas le visage d’Israël ».

 

L’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, a pour sa part tenu à dissocier les actions de Ben Gvir de la politique officielle, rappelant que Netanyahu et Sa’ar avaient « clairement fait savoir que les provocations irresponsables d’Itamar Ben Gvir ne représentent pas la politique du gouvernement ». Il a ajouté que les détenus « seront expulsés vers leurs pays d’origine ».

 

L’Italie et l’Espagne, dont des ressortissants se trouvaient à bord, ont annoncé leur intention de convoquer les ambassadeurs israéliens respectifs pour des réprimandes formelles. La France a également qualifié le traitement infligé aux militants d’« inadmissible ». La Turquie, pays de départ de la flottille, a dénoncé un « nouvel acte de piraterie » de la part d’Israël.

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