« Lqliâa ». Jusqu’à la semaine dernière, bien peu de personnes connaissaient le nom presque poétique de cette commune urbaine du Souss, traduisible par « petite forteresse ». Mais depuis le 1er octobre, il est dans toutes les bouches, dans le sillage des manifestations du mouvement GenZ212, OVNI contestataire né dans les méandres des réseaux sociaux.
C’est que, dans cette ville située à une vingtaine de kilomètres au sud-est d’Agadir, l’irréparable a eu lieu. Dans le chaos des troubles qui ont émaillé la commune, durant la nuit de mercredi 1er au jeudi 2 octobre, en réaction à une attaque ciblant les locaux de la brigade de la Gendarmerie royale, des agents du corps militaire ont fait usage de leurs armes de service. Bilan : trois jeunes émeutiers ont été abattus, un fait sans précédent à l’échelle nationale sous le règne de Mohammed VI.
Comment un tel drame a-t-il pu être possible ? Pourquoi les manifestations, d’abord pacifiques, ont débordé jusqu’à se transformer en soulèvement ? À Lqliâa, bourgade si calme en apparence, et qui n’avait jusqu’à présent jamais fait parler d’elle, ces questions hantent encore les habitants. Une équipe du Desk s’y est rendue pour saisir les raisons d’une colère qui a fini par basculer dans la violence.
Pour rallier les lieux à partir d’Agadir, on embarque dans un « grand taxi » récupéré sur la station dédiée, sise à Souk El Had. Il faut compter 9 dirhams et une trentaine de minutes pour parcourir les 22 kilomètres qui séparent la capitale du Souss de cette commune de 101 000 habitants, selon les derniers chiffres du Recensement général de la population et de l’habitat mené en 2024.
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@soufianesbiti 
