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19.02.2026 à 16 H 29 • Mis à jour le 19.02.2026 à 16 H 29
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Proche-Orient

Le Maroc s’engage dans la stabilisation de Gaza sur deux fronts : militaire et financier

Des soldats marocains lors des exercices Africa Lion en 2024. Des soldats marocains lors des exercices Africa Lion en 2024. Crédit : AFP
Le Maroc s'est positionné comme l'un des acteurs clés du nouveau cadre international mis en place par l'administration Trump pour assurer la reconstruction et la sécurisation de Gaza, en s'engageant sur deux fronts distincts : en envoyant des troupes et en participant à la cagnotte, selon le président américain

Le président américain Donald Trump a confirmé ce 18 février que le Maroc fait partie des cinq pays — aux côtés de l'Indonésie, du Kazakhstan, du Kosovo et de l'Albanie — ayant accepté d'envoyer des troupes au sein de la Force internationale de stabilisation (ISF), chargée de sécuriser Gaza dans l'après-guerre.


Cette confirmation a été relayée par ailleurs par le général de division Jasper Jeffers, commandant de cette force multinationale.


Dans un premier temps, les soldats seront déployés à Rafah, grande zone de population identifiée comme le point de départ prioritaire des efforts de reconstruction voulus par Washington. Comme les autres pays contributeurs, Rabat a tenu à préciser la nature de son engagement : les troupes marocaines, militaires et policières,  se concentreront sur des missions de maintien de la paix relativement circonscrites — sécurisation des frontières et acheminement de l'aide humanitaire — plutôt que sur des opérations de maintien de l'ordre qui impliqueraient d'affronter directement le Hamas ou d'autres groupes armés pour procéder à leur désarmement.


Une contribution financière significative

Sur le plan économique, le Maroc figure parmi les 9 nations qui ont annoncé des contributions financières lors de la réunion inaugurale du « Board of Peace », présidée par Trump à Washington, selon le président américain. Au total, ces neuf pays — Kazakhstan, Azerbaïdjan, Émirats arabes unis, Maroc, Bahreïn, Qatar, Arabie saoudite, Ouzbékistan et Koweït — se sont engagés à verser collectivement 7 milliards de dollars (MM $) en faveur d'un plan de secours pour Gaza.


Ces fonds, bien que substantiels, ne représentent qu'une fraction des 70 millMM $ estimés nécessaires à la reconstruction du territoire palestinien dévasté par deux années de guerre. Les États-Unis ont de leur côté annoncé un apport de 10 MM $ supplémentaires. Trump a salué ces contributions en affirmant que « chaque dollar dépensé est un investissement dans la stabilité et l'espoir d'une région nouvelle et harmonieuse ».


Rabat au cœur d'une diplomatie régionale reconfigurée

La double participation marocaine — militaire et financière — témoigne d'une diplomatie active qui s'inscrit dans la continuité des Accords d'Abraham de 2020, lesquels avaient normalisé les relations entre le Maroc et Israël sous l'égide de la première administration Trump. Rabat se positionne ainsi comme un pont entre le monde arabe et occidental, tout en réaffirmant son rôle de puissance médiatrice reconnue sur les questions moyen-orientales.


Le « Board of Peace », conçu comme la pièce maîtresse du plan de paix en 20 points de Trump, réunit plus de quarante pays et l'Union européenne. Certains alliés occidentaux, comme l'Allemagne, la Norvège et le Royaume-Uni, ont préféré le statut d'observateur, sceptiques quant à la légitimité et aux ambitions élargies d'une structure que certains perçoivent comme une tentative de rivaliser avec les Nations unies. Le Maroc, lui, a fait le choix de l'engagement plein et entier.

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