EP. 42
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OCP lance la première émission hybride corporate en dollars d’Afrique
Un technicien d’OCP Maintenance Solutions sur un site du Groupe OCP. Crédit : OCP-MS
Le groupe OCP a engagé, ce mardi 14 avril, une série d'appels avec des investisseurs institutionnels internationaux en vue de réaliser la première émission hybride corporate en dollars de toute l'Afrique. BNP Paribas, Citi et J.P. Morgan ont été mandatés comme teneurs de livre. L'opération portera sur des obligations perpétuelles subordonnées à coupon révisable, émises en une ou deux tranches avec des premières dates de non-call à 5 ans et 3 mois et 10 ans et 3 mois, sous format Rule 144A/Reg S. Le montant sera de taille « benchmark », soit au moins 500 millions de dollars dans la convention de marché, et reste sujet aux conditions prévalentes. S&P Global Ratings a attribué ce même jour la note BB à l'instrument proposé. Moody's Investors Service a agi en miroir, assignant Ba2 aux mêmes notes hybrides, également le 14 avril. Deux crans en dessous du rating corporate dans les deux cas : un pour la subordination, un pour le différé de coupon optionnel. La synchronisation des deux agences le jour même du roadshow ne laisse aucun doute sur le degré de préparation de l'opération.
Aucune entreprise africaine n'avait jusqu'ici émis d'obligations hybrides en dollars sur les marchés internationaux. Le format est pourtant courant chez les grands corporates européens. TotalEnergies, Stellantis, Enel, Volkswagen, BP ont tous des programmes hybrides matures. La Banque africaine de développement (BAD) avait ouvert la voie en 2025 avec Goldman Sachs et BNP Paribas, mais il s'agissait d'un supranational, pas d'un corporate. Le groupe OCP franchit donc une frontière qu’aucune entreprise sur le continent n'avait encore traversée.
L'arithmétique qui ne pardonne pas
Pour comprendre pourquoi OCP choisit ce format, et pourquoi maintenant, il faut regarder ses comptes. Au 31 décembre 2025, la dette financière nette atteignait 119,12 milliards de dirhams, pour un ratio de levier de 2,76x contre 2,53x un an plus tôt. L'EBITDA s'établit à 43,19 milliards de dirhams, en hausse de 11 %, mais la marge a reculé de 40 % à 38 %. Le résultat net a chuté de 13 % à 17,6 milliards de dirhams malgré un chiffre d'affaires en progression de 17,5 % à près de 114 milliards, essentiellement sous l'effet d'un basculement fiscal majeur. La loi de finances a propulsé le taux d'IS applicable à OCP à 34 %, un triplement par rapport aux taux dont bénéficiait historiquement le groupe. Ce n'est pas un ajustement conjoncturel : c'est un changement de régime fiscal qui pèsera durablement sur la capacité d'autofinancement. Rabat a paradoxalement renforcé l'attrait de l'ingénierie hybride pour son propre champion national : les coupons d'un hybride, traités comme des charges d'intérêt déductibles, offrent un avantage fiscal que les dividendes sur fonds propres n'ont pas.
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