S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
16.04.2026 à 11 H 27 • Mis à jour le 16.04.2026 à 14 H 01
Par
Patronat

CGEM : Chakib Alj dresse le bilan d’un mandat centré sur les TPME

Chakib Alj, président de la CGEM, présentant le bilan de son mandat, le 15 avril 2026. Chakib Alj, président de la CGEM, présentant le bilan de son mandat, le 15 avril 2026. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk
Trois ans après leur élection à la tête de la CGEM, Chakib Alj et Mehdi Tazi ont présenté ce mercredi le bilan de leur mandat, à moins d'un mois de la passation de pouvoir prévue le 14 mai

À la veille de la passation de pouvoir prévue le 14 mai prochain, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a tenu le mercredi 15 avril une conférence de presse pour présenter le bilan du mandat 2023-2026 du binôme Chakib Alj et Mehdi Tazi, élu en mai 2023 sous le programme « Libérer les énergies pour une croissance durable et inclusive ». Un second mandat qui s'est articulé autour de quatre axes : améliorer le climat des affaires pour les TPME (très petites, petites et moyennes entreprises), développer le capital humain, œuvrer à l'inclusion économique et territoriale, et préparer l'économie de demain.


Délais de paiement, marchés publics et fiscalité

Sur le terrain du climat des affaires, la CGEM revendique une contribution active à l'élaboration de la loi 69-21 sur les délais de paiement, dans un contexte où les encours de crédits inter-entreprises au Maroc sont estimés à près de 400 milliards de dirhams. Le texte introduit un système de sanctions pécuniaires progressives, un principe d'auto-déclaration et un mécanisme de tiers de confiance, avec orientation des pénalités vers un fonds de soutien aux TPME.


Sur les marchés publics, la Confédération a contribué à la réforme du décret, obtenant notamment la réservation de 30 % des marchés aux TPME et l'instauration d'une préférence nationale permettant de retenir une offre locale jusqu'à 15 % plus chère qu'une offre étrangère. La commande publique représentant environ 25 % du PIB annuel, ce levier est présenté comme structurant pour le tissu entrepreneurial national.


Sur le volet fiscal, la CGEM a milité pour la poursuite de la réforme de l'impôt sur les sociétés, visant une convergence vers un taux cible d'environ 20 % pour les PME et 35 % pour les grandes entreprises. Pour la loi de finances 2026, le groupe parlementaire de la Confédération a déposé 48 amendements en deuxième chambre. Un corridor direct avec l'Office des changes a également été mis en place en 2025 pour traiter les blocages opérationnels rencontrés par les entreprises en matière de réglementation des changes.


Droit de grève et Code du travail : le chantier du capital humain

Sur le capital humain, la CGEM revendique sa contribution aux discussions ayant abouti à la promulgation de la loi organique sur le droit de grève, attendue depuis plus de 60 ans. La Confédération a œuvré pour un cadre équilibré conciliant exercice du droit de grève et continuité de l'activité économique. Elle a également poussé pour une modernisation du Code du travail, en vigueur depuis 2004 et qualifié par les entreprises de « principale barrière à l'embauche », avec une approche progressive par vagues de réformes. Sur la formation professionnelle continue, le constat dressé est sévère : l'ensemble des entreprises finance le système, mais seulement 1 % en bénéficient. Une vision cible de réforme a été co-construite avec les pouvoirs publics.


Par ailleurs, la CGEM a lancé le Morocco Innovation Lab, plateforme dédiée à l'innovation technologique dans l'industrie et les services, ainsi que 160 projets retenus pour financement dans le cadre du Fonds de Soutien à l'Innovation pour un coût global d'environ 852 millions de dirhams, dont 311,4 millions de primes à l'innovation industrielle. La Confédération a également participé à l'élaboration de la stratégie Digital Morocco 2030, notamment sur les volets startups, intelligence artificielle et talents digitaux.


Inclusion, RSE et gouvernance d'entreprise

Sur l'axe de l'inclusion, 37 nouvelles entreprises ont obtenu le « Label RSE » de la CGEM, portant le total à 151, avec une reconnaissance internationale désormais intégrée au réseau Responsibility Europe. Un « Label PME Responsable » a également été lancé, avec un référentiel simplifié adapté aux petites structures. Sur l'égalité professionnelle, la deuxième phase de la plateforme Morocco4Diversity, développée avec l'IFC, a permis de sélectionner 21 entreprises pour un accompagnement personnalisé, dans un contexte où le taux d'activité des femmes au Maroc s'établit à environ 19 %, l'un des plus faibles de la région MENA. En matière de gouvernance d'entreprise, de nouveaux Codes de bonnes pratiques ont été publiés en décembre 2025, structurés autour de cinq codes spécifiques adaptés à la taille et au secteur des entreprises.


Sur le plan industriel, la troisième édition de la Journée nationale de l’industrie, tenue en novembre 2025 à Rabat, a été marquée par le lancement officiel du label « Made in Morocco ». Sur la transition bas carbone, la CGEM a contribué à la task force décarbonation mise en place à l'initiative de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement, et diffusé un guide de la décarbonation à destination des entreprises, notamment les TPME.


En matière de diplomatie économique, plus de 25 missions économiques et forums d'affaires ont été organisés sur des marchés stratégiques. La CGEM a consolidé ses partenariats avec le MEDEF (Mouvement des entreprises de France), la CEOE (Confédération espagnole des organisations patronales) et le CIP (Confédération des entreprises du Portugal) en Europe, développé sa présence en Afrique subsaharienne et renforcé ses liens avec les pays du Golfe et les économies asiatiques.


Modernisation institutionnelle

Sur le plan de la gouvernance interne, les statuts et le règlement intérieur de la CGEM ont été révisés lors de l'assemblée générale extraordinaire du 15 mai 2025. Les modifications introduisent notamment l'interdiction pour un président sortant de se présenter au poste de vice-président général, l'intégration du président du groupe parlementaire au conseil d'administration, et la participation de deux jeunes chefs d'entreprises innovantes de moins de 35 ans au conseil d'administration. La plateforme MyCGEM, opérationnelle depuis le 1er novembre 2025, centralise l'ensemble des démarches et services à destination des membres.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.