Le Maroc s’équipe d’un système de défense antiaérienne sud-coréen
Le Maroc a réceptionné en 2025 un lot de 101 missiles Chiron et de 50 lanceurs portatifs de défense antiaérienne en provenance de la République de Corée, selon une source de transparence multilatérale : le Registre des armes classiques des Nations unies (UNROCA), alimenté par les déclarations annuelles que les États transmettent eux-mêmes.
La donnée figure dans le rapport national soumis par Séoul en tant qu'exportateur, sous la catégorie « VII. (b) - Systèmes portatifs de défense aérienne (MANPADS) », qui est la nomenclature standard du registre onusien. Deux entrées y apparaissent pour le Maroc comme destinataire : 50 unités décrites comme lanceurs (« Launcher ») et 101 unités désignées « Chiron », c'est-à-dire les missiles eux-mêmes. Cette ventilation, où le nombre de missiles dépasse celui des lanceurs, correspond à la logique d'un système d'arme portatif : chaque tireur dispose d'un poste de tir réutilisable et d'une dotation de munitions tirées une seule fois.
L'UNROCA repose sur l'auto-déclaration des États, et son exhaustivité dépend de leur bonne volonté. Le Maroc, comme beaucoup de pays importateurs, déclare rarement ses propres acquisitions, c'est donc la déclaration sud-coréenne, du côté exportateur, qui rend cette transaction publique. La source officielle qui consolide ces données est le rapport annuel du Secrétaire général de l'ONU sur le Registre des armes classiques.
Le Chiron, dont la désignation locale est KP-SAM (Shin-Gung), est un missile sol-air portatif conçu par l'agence de développement de défense sud-coréenne et produit par LIG Nex1. En service dans l'armée sud-coréenne depuis 2005, il appartient à la même famille fonctionnelle que les Stinger américain, dont les Forces armées royales (FAR) ont passé commande, Igla russe ou Mistral français. Il s'agit d'un système à autodirecteur infrarouge, capable d'atteindre une portée d'environ sept kilomètres et un plafond d'environ quatre kilomètres, pour une vitesse proche de Mach 2,5. Conçu pour la défense de courte portée contre les hélicoptères, les avions volant à basse altitude et les drones, il s'intègre dans une logique de défense aérienne en couches plutôt qu'il ne remplace les systèmes de moyenne ou longue portée.
Cette livraison s'inscrit dans un effort d'équipement soutenu. Le Maroc figure désormais parmi les tout premiers importateurs d'armes du continent africain, sa dépense militaire ayant continué de croître sur la période récente. Rabat a constitué un dispositif de défense aérienne multicouche associant des systèmes d'origines variées, israélienne, chinoise et désormais sud-coréenne, auquel le Chiron apporte un échelon portatif et mobile de très courte portée.
Le rapprochement avec Séoul ne se limite pas à ce contrat. La Corée du Sud, devenue l'un des exportateurs d'armement à la croissance la plus rapide, a élargi ces dernières années son catalogue au-delà de l'artillerie et des navires pour y inclure les véhicules blindés, les missiles et les systèmes de défense aérienne. Le Maroc a d'ailleurs été cité comme client potentiel de matériels sud-coréens plus lourds, notamment dans le segment des blindés, ce qui ferait de cette vente de MANPADS une première pierre plutôt qu'une transaction isolée.
©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

