S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
En continu
Les dernières informations en temps réel
31.05.2026 à 12 H 12 • Mis à jour le 31.05.2026 à 12 H 12 • Temps de lecture : 5 minutes
Par
Etats-Unis

Le démocrate Marc Veasey s’ajoute aux signataires du Polisario Front Terrorist Designation Act

Marc Veasey représente depuis 2013 le 33e district du Texas à la Chambre des représentants

La proposition de loi visant à classer le Front Polisario parmi les organisations terroristes, le Polisario Front Terrorist Designation Act (H.R. 4119), continue d'élargir sa base de soutien à la Chambre des représentants des États-Unis. Le dernier nom à s'y ajouter est celui de Marc Allison Veasey, élu démocrate du Texas, qui a formalisé son adhésion le 29 mai, devenant ainsi le 14e membre du Congrès à appuyer le texte. Le projet de loi avait été déposé le 24 juin 2025 par le républicain Joe Wilson, représentant du 2e district de Caroline du Sud, qui en demeure l'initiateur. A ce jour, l'initiative compte treize cosignataires en plus de son auteur.


Né en 1971 à Fort Worth, au Texas, Marc Veasey représente depuis 2013 le 33e district du Texas à la Chambre des représentants. Avant son arrivée au Congrès fédéral, il a siégé à la Chambre des représentants du Texas de 2005 à 2013, où il a notamment exercé les fonctions de Democratic Whip puis de président du caucus démocrate. Ses priorités politiques portent traditionnellement sur l'emploi, la défense de la classe moyenne, l'éducation publique, la réforme de l'immigration, l'accès aux soins et la protection du droit de vote, un domaine dans lequel il s'est illustré en participant au recours contre la loi texane sur l'identification des électeurs.


Le ralliement de Marc Veasey renforce un aspect que mettent en avant les promoteurs du texte : son caractère bipartisan. Si la proposition reste portée par une majorité d'élus républicains, elle compte désormais deux soutiens démocrates, Marc Veasey et Jimmy Panetta, représentant de Californie, lui-même cosignataire de la première heure aux côtés de Joe Wilson. Entre ces deux démocrates, la liste des appuis recensés à la Chambre au 31 mai 2026 réunit une série d'élus républicains : Mario Diaz-Balart (Floride), Jefferson Shreve (Indiana), Randy Fine (Floride), Lance Gooden (Texas), Pat Harrigan (Caroline du Nord), Zachary Nunn (Iowa), Don Bacon (Nebraska), Claudia Tenney (New York), Elise Stefanik (New York), Maria Elvira Salazar (Floride) et Tim Moore (Caroline du Nord), dont les adhésions se sont échelonnées de l'automne 2025 au printemps 2026.


Sur le fond, la proposition de loi vise à contraindre l'administration américaine à examiner formellement la désignation du Polisario comme organisation terroriste. Le texte impose au secrétaire d'État de remettre, dans un délai de 180 jours après l'entrée en vigueur de la loi, un rapport détaillé sur la direction, les activités militaires et les soutiens étrangers du mouvement. Il prévoit également que les secrétaires d'État et au Trésor déterminent, sous quatre-vingt-dix jours, si le Polisario remplit les critères d'une désignation comme organisation terroriste étrangère, d'une inscription au titre du Global Magnitsky Act ou de sanctions supplémentaires prises en vertu d'un décret présidentiel ciblant le terrorisme international. Le texte ménage toutefois une clause de dérogation, le président pouvant suspendre les désignations et sanctions s'il estime que le Polisario s'engage de bonne foi dans des négociations sur le Sahara, sur la base du plan d'autonomie présenté par le Maroc et salué par le Conseil de sécurité de l'ONU en 2007.


L'argumentaire du texte repose largement sur les liens allégués entre le mouvement séparatiste, soutenu par Alger, et l'Iran. Les promoteurs de la loi évoquent notamment des transferts de drones en provenance du Corps des gardiens de la révolution islamique, ainsi que des coopérations en matière de renseignement et d'opérations militaires dans la région du Sahel et en Afrique du Nord. Les considérants du projet remontent jusqu'aux années 1980 pour documenter une proximité idéologique avec Téhéran, et citent des éléments plus récents, qu'il s'agisse de déclarations d'un responsable du Polisario sur l'entraînement de combattants à l'usage de drones armés, de munitions de type iranien identifiées par des chercheurs en sources ouvertes ou encore d'un reportage du Washington Post d'avril 2025 faisant état d'un entraînement et de livraisons d'aéronefs sans pilote par l'Iran.


La démarche ne se limite pas à la Chambre des représentants. Au Sénat, un texte parallèle, le Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026 (S. 4063), a été déposé le 13 mars 2026 par Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, avant de recueillir une quatrième signature le 23 mars avec l'adhésion de David McCormick. La version sénatoriale prévoit un mécanisme institutionnel contraignant le secrétaire d'État à enclencher la désignation formelle dès lors qu'une coopération entre le Polisario et Téhéran serait confirmée, avec à la clé des sanctions financières, des restrictions de déplacement et un gel des ressources.


Au-delà du Congrès, plusieurs analyses et personnalités relayées par des cercles d'influence américains plaident pour une criminalisation rapide du mouvement. Dans une tribune publiée le 27 mai sur le site de Newsmax, l'avocat George Landrith a appelé à l'adoption sans délai de la proposition portée par Ted Cruz, tandis que le magazine conservateur American Thinker relayait, dans une analyse signée Julio Rivera le 10 mai, l'idée que la coopération croissante entre le Polisario et des réseaux soutenus par l'Iran constituerait une menace de sécurité nationale longtemps sous-estimée à Washington.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
Revenir au direct