Transport urbain par bus : Laftit fait le point sur la mise en œuvre du nouveau programme
Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a passé en revue, ce 2 juin devant la Chambre des représentants, les contours du nouveau programme d’investissement et de gestion déléguée du transport urbain et intercommunal par bus, faisant un bilan d’étape de son opérationnalisation.
Dans sa première phase, ce programme national concerne 37 autorités délégataires, dont 18 communes, 12 établissements de coopération intercommunale et 7 groupements de collectivités territoriales, couvrant un total de 84 villes et agglomérations urbaines.
Ce nouveau modèle de gestion du transport en commun par autobus se veut « en rupture totale avec les anciennes expériences » dans le secteur du transport urbain, a insisté Abdelouafi Laftit. Dans ce sens, trois principes clés guident sa mise en œuvre : la séparation entre l’investissement et l’exploitation, la prise en charge intégrale de tous les investissements par les autorités délégataires et l’adoption de nouveaux outils de suivi et de contrôle des contrats d’exploitation, a-t-il détaillé.
L’enveloppe globale atteint 11 milliards de dirhams (MMDH), a rappelé le ministre, un budget destiné à financer l’achat de 3 647 autobus, ainsi que la mise en place de systèmes de billetterie, d’assistance à l’exploitation, d’information voyageurs, et enfin la construction d’infrastructures telles que les parkings, les arrêts de bus, la signalétique et les centres de maintenance.
Le financement repose quant à lui sur un modèle tripartite : un tiers sera assuré par les régions, les deux tiers restants étant couverts par le Fonds d’accompagnement des réformes du transport routier (FART). Les contributions conjuguées des ministères de l’Intérieur et des Finances à ce fonds ont été revues à la hausse, passant d’1 à 1,5 MMDH, portant l’enveloppe annuelle globale de 2 à 3 MMDH.
Déjà enclenchée, la mise en œuvre du programme se fera progressivement sur trois phases, a fait savoir Abdelouafi Laftit. La première phase de la période 2025-2026 concerne six autorités délégataires couvrant 23 villes. Elle a démarré par le lancement des appels d’offres pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage, notamment à Marrakech, Tanger, Agadir, Benslimane, Fès et Tétouan. Les bureaux d’études ont déjà été désignés pour certaines de ces villes.
Les appels d’offres ont également été lancés pour l’acquisition de 1 317 autobus par les sociétés de développement local (SDL) concernées. À ce stade, les marchés de 968 véhicules ont été attribués, tandis que ceux des 349 restants feront l’objet d’un nouveau lancement, faute d’offres recevables ou conformes aux exigences techniques.
Des appels d’offres sont aussi en cours pour les systèmes de billetterie et d’aide à l’exploitation, et la liste des entreprises sélectionnées sera annoncée sous peu. En parallèle, les dossiers de consultation pour la sélection des opérateurs chargés de la gestion déléguée sont en cours d’élaboration, a ajouté le ministre.
La deuxième phase portera pour sa part sur 18 autorités délégataires et couvrira 24 villes. Elle prévoit la préparation des appels d’offres pour l’achat de 827 bus, les systèmes de gestion et l’identification des futurs gestionnaires. Enfin, la troisième phase, courant sur la période 2027-2029, s’étendra à 13 autorités délégataires et couvrira 37 nouvelles villes, selon un calendrier lié à l’expiration des contrats actuellement en vigueur, qui imprimera également la cadence du lancement progressif des appels d’offres.
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