Sous une fine pluie parisienne, la même scène annuelle se rejoue, encore et encore. L’Institut Mehdi Ben Barka - Mémoire vivante, présidé par Bachir, fils de l’ancien chef de file de l’opposition à Hassan II, rassemblait ses sympathisants, le soir du 29 octobre, devant la Brasserie Lipp. Malgré le temps qui passe implacablement, les adjurations demeurent les mêmes : « Pour le droit à la vérité et à la justice, pour que cessent les raisons d’État, pour faire échec à l’organisation de l’oubli et de l’impunité ». Alors que les derniers témoins se meurent, que les États s’emmurent dans le silence des archives non déclassifiées, et que l’instruction judiciaire s’enlise, la commémoration de la disparition de Mehdi Ben Barka n’est-elle plus qu’un rituel de mémoire ?
Pour Bachir Ben Barka, il est hors de question d’abandonner, malgré le poids des années. « Cela ne nous décourage pas. Le combat qui a démarré il y a soixante ans continue. Seulement, je ne souhaite pas que ce soient les petits-enfants de Mehdi qui auront à le faire aboutir », répond-il au Desk. La quête de la vérité autour de l’affaire marocaine la plus sulfureuse du XXe siècle est-elle une cause perdue ? Si du côté de la justice française, les évolutions se sont faites infimes depuis quelque temps, d’autres enquêteurs semblent suivre un rythme bien plus soutenu. C’est en tout cas ainsi qu’est présenté le dernier-né de la foisonnante littérature liée à la disparition de l’ancien cadre de l’Union nationale des forces populaires (UNFP).
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