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11.01.2016 à 19 H 17 • Mis à jour le 12.01.2016 à 16 H 39
Par
Portrait

David Bowie, un dandy british, créatif et survolté

A peine deux jours après la sortie de son 26ème opus, Blackstar, le 8 janvier, le chanteur britannique, David Bowie, s’est éteint à New York à l’âge de 69 ans. Retour sur la carrière d’un artiste prolifique aux multiples talents, doublé d’un redoutable visionnaire en affaires.

RIP David Bowie, est probablement le message le plus partagé en ce moment sur les réseaux sociaux à l’échelle planétaire. Un artiste caméléon qui a forcé le respect par l’immensité de son talent. Ce natif de Londres en 1947, a créé des univers musicaux jusque-là insoupçonnés. Lassé d’une Angleterre post-Seconde Guerre mondiale, engluée dans la crise économique et le conservatisme, Bowie tente l’expérience américaine.


Bowie sur scène en 1978. RICHARD AARON REDFERNS.


A la fin des années 60, New York est un laboratoire d’expériences musicales et artistiques. The Velvet Undergroud, son leader Lou Reed et son gourou Andy Warhol y jouent le rôle d’éclaireurs. Pétri de talent, le jeune Bowie se fait connaître, en 1969, avec Space Oddity. Le succès de l’album est tel, que la BBC l’utilise comme bande son pour la retransmission de l’alunissage de Neil Armstrong, le 21 juillet 1969. Un album concept qui brasse toutes les influences des cadors de l’époque, sans pécher par excès d’intellectualisation. Bowie peut alors se lancer dans la mise en scène de son propre personnage.


Bowie, performer de talent a transformé l'art de la scène de la Pop Music. AFP


Une bête de scène au physique atypique

Bowie est d’abord un physique atypique. Chétif, les cheveux rouge sang, la pupille droite dilatée. Une séquelle d’un coup de poing qui lui avait asséné George Underwood, un ami d’enfance, qui va dessiner plusieurs pochettes délirantes des 45 tours de Bowie. A l’école il fréquente également le guitariste Peter Frampton, avec qui il va travailler à multiples reprises.


L'artiste a inspiré tant d'autres talents. David Bowie's Moroccan Wedding, de Ghita Benlemlih. ELLE MAGAZINE


Côté sape, Bowie mélange la haute couture et le rafistolage. Sans le savoir, il est en train de porter ce qui va devenir le code vestimentaire de la jeunesse révoltée de l’Angleterre, quelques années plus tard, avec l’émergence du punk. Lecteur assidu, amateur de peinture, il s’entête a faire de la musique codifiée mais accessible. En 1970, il signe The man who sold the world, popularisé plus de 20 ans plus tard, auprès de la génération des années 90 grâce à une reprise du groupe Nirvana. La mise en scène est également implacable. Il invente le personnage de Ziggy Stardust en 1972, qui va prendre la relève de Major Tom, le héros de Space Oddity. Les concerts de l’artiste deviennent des happenings. Il veut être subversif mais sans être superficiel. Perfectionniste, Bowie transforme en or tout ce qu’il touche : des pochettes de disques soignés, des effets lumineux, des chorégraphies, des costumes…Bowie contrôle son art et son business du début à la fin. En 1975, son single Fame, coécrit avec John Lennon, est numéro un aux Etats-Unis.


Une des plus mémorables réincarnations de Bowie: Ziggy Stardust. SHUTTERSTOCK.


Avatar androgyne aux limites de l’absurde

Pour nourrir son univers teinté d’absurde, Bowie s’abreuve de littérature et d’art plastique. Ses sources d’inspiration sont George Orwell, William Burrough ou encore Bertold Brecht. Il peint également, chose qu’il fera toute sa vie. Dans sa vie privée, il laissera planer le doute sur sa sexualité. La légende veut que Bowie ait été subjugué par Iggy Pop. Ce dernier lui aurait inspiré le personnage de Ziggy. Comme la tendance à l’époque, Bowie découvre la musique black américaine des années 70 et sombre dans la cocaïne. Il choisira Berlin pour vivre sa quête d’une nouvelle identité artistique. De cette expérience, il va développer une critique envers l’Amérique qu’il exprime dans This is not America (1985), un tube qu’il signe avec le guitariste Pat Metheny et sera la bande son du film Le Jeu du faucon, de John Schlesinger. C’est que Bowie est programmé pour le septième art. L’homme qui venait d’ailleurs (1976), C’est mon gigolo (1979), Elephant man, Les prédateurs (1983), La dernière tentation du Christ (1988), autant de films qui vont installer davantage sa personnalité.



L’ère MTV efface la période psychédélique

A la fin des années 70, humant la tendance, l’artiste rompt avec les albums-concepts, et affine ses compositions pour écrire des chansons inspirées d’un univers dont il est le seul à connaître les recoins.Il délaisse les costumes psychédéliques au profit du chic vestimentaire. A partir de 1977, il va asseoir définitivement sa légende en enchainant des succès planétaires boostés par l’arrivée de la chaine musicale MTV : Ashes to ashes,  Let’s Dance , Fashion , Heroes , Sound and Vision, Absolute Biginners, autant de tubes provenant d’un autre galaxie. Il fera dans la foulée une reprise de la chanson de Jacques Brel, Dans le port d’Amsterdam.


En 1976, dans le film The Man Who Fell To Earth. BRITISH LION.


Inclassable, sa musique brasse toutes les tendances qu’il a cumulées de son expérience américaine et berlinoise. Pop, funk, électro, disco, Bowie est reconnu comme un artiste majeur du 20ème siècle. Visionnaire, il surfe sur la vague des jeux vidéos en signant la musique The Nomad soul (1999). Il sera également parmi les premiers à investir dans le web et la vente de musique online. Souffrant d’un malaise lors d’une tournée en 2004, il est opéré pour un problème cardiaque. Depuis, Bowie disparaît des radars. Son dernier album the Next Day sortit en 2013, est bien accueilli par la critique et les nostalgiques des années fastes de Bowie. The Black Star, dans les racks depuis le 8 janvier 2016, sonnait comme un adieu. Mais, les étoiles ne meurent jamais.