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21.07.2016 à 16 H 18 • Mis à jour le 25.07.2016 à 03 H 32
Par
Tourisme

Le passeport marocain, un document qui ne sert (presque) plus à rien

Depuis le début de l’année, alors que la RAM continue de vendre des billets vers plusieurs destinations, les autorités ont décidé d’imposer une mesure radicale aux postes-frontière : toute personne ne disposant pas de visa ne quittera pas le territoire. ABDELHAK SENNA /AFP
Avec la période estivale, le voyage vers le peu de pays qui n’exigent pas de visa préalable pour les Marocains est désormais interdit par la police des frontières. Une mesure passée sous silence au mépris des droits des citoyens à qui la RAM, pourtant continue à vendre du rêve.

Les Seychelles, l’Île Maurice, le Cap-Vert…des nouvelles destinations prisées les Marocains en quête d’évasion sans le parcours du combattant auprès des ambassades occidentales et le sentiment de hogra qui l’accompagne. Pourtant, visiter ces derniers territoires du globe encore accessibles sans sésame, s’est transformé en cauchemar pour certains malheureux voyageurs à qui l’on a interdit de quitter le pays sous prétexte qu’ils ne disposent pas d’un visa du pays hôte. Une mesure qui a provoqué la colère de voyageurs. Nombre d’entre eux ont créé des groupes sur Facebook pour échanger autour de cette situation surréaliste. On y apprend que certains couples en voyage de noces ont dépensé une petite fortune pour finalement faire les frais de cette décision.

Le Marocain, cet îlien

En 2016, le Maroc a amélioré son classement des pays qui disposent des passeports les plus puissants en se hissant à la 78ème place au lieu d’une 82ème position en 2015. En théorie, le Marocain peut visiter 59 pays à travers le monde sans avoir besoin de visa. Mais, en théorie seulement, puisque certains voyageurs ont fait la douloureuse expérience de rentrer bredouille de l’aéroport après s’être vu interdits de quitter le territoire. Prétexte avancé : il faut avoir un visa du pays de destination.


Le cas emblématique est celui du Cap-Vert, destination pour laquelle la Royal Air Maroc a lancé une liaison entre l’île de Sal et Praia, à prix très abordable de 4 000 Dh. Une affaire, si l’on prend en considération les tarifs prohibitifs appliqués pour les destinations africaines. Le Cap-Vert ne disposant pas de représentation diplomatique dans le royaume, la délivrance du visa s’effectue à l’arrivée moyennant le paiement de l’équivalent de 270 dirhams. Contacté par Le Desk, un agent du centre d’appel de la RAM nous a proposé un billet pour Praia. Devant notre instance sur la question du visa, la réponse de l’agent est sans détour : « notre système indique que la visa est délivré à l’arrivée, mais en réalité la police interdit aux gens de quitter l’aéroport sans le visa ».


En clair, depuis le début de l’année, alors que la RAM continue à vendre des billets vers plusieurs destinations, les autorités ont décidé d’imposer une mesure radicale aux postes-frontières : toute personne ne disposant pas de visa ne quittera pas le territoire. Une situation problématique qui soulève plusieurs questions.

Tu ne voyageras point

« Aucune compagnie aérienne n’exige l’obtention d’un visa pour vendre un billet d’avion. Il appartient à la personne d’effectuer les démarches nécessaires et la police des frontières procède à la vérification de l’existence de ce document. Juridiquement, il n’existe aucun texte qui interdit de quitter le territoire à un individu n’ayant aucun empêchement juridique. Il s’agit d’un travail en amont fait par les autorités marocaines », explique un douanier à la retraite. Pour expliquer ce tour de vis, notre source évoque l’existence d’une circulaire qui a instauré cette nouvelle règle dans le mépris total du droit à l’information du citoyen-consommateur.


«  C’est une démarche dictée par des raisons sécuritaires. En plus du terrorisme, la police des frontières vise spécialement les réseaux de prostitutions et les profils de voyageurs indésirables par les autorités de ces destinations », avance notre source. Un argumentaire abscons qui oblige les voyageurs vers ces destinations à demander un visa dans un autre pays qui dispose d’une représentation diplomatique de ces destinations ou transiter par un autre pays. Par ailleurs, ce cas d’interdiction de quitter le territoire n’ouvre pas le droit à une indemnisation du voyageur prévue par la règle de l’International Air Transport Association (IATA) qui stipule que « le transporteur aérien n’assume aucune responsabilité pour les dommages résultant de l’observation par lui de toutes dispositions légales ou règlementaires ou de l’inobservation par le passager de ces mêmes dispositions ». Enfin, il vous reste encore pour les férus de soleils lointains, les îles Cook ou Saint-Vincent-et-les-Grenadines, et pour les plus téméraires la Syrie ou la Turquie. Bonnes vacances !