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29.07.2016 à 12 H 10 • Mis à jour le 29.07.2016 à 12 H 10
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Fait divers

Un Français implore la grâce du roi, après avoir tenté de…l’acheter

Yoni Ragioneri, un Sétois de 38 ans, est repassé devant le juge le 29 juillet à Marrakech pour une incroyable affaire d’arnaque à la grâce royale, dans laquelle il est empêtré depuis trois ans. MICHAEL ESDOURRUBAILH/ MIDI LIBRE
La famille sétoise d'un citoyen français détenu au Maroc vient d'adresser un courrier de demande de grâce royale à Mohammed VI. Le détenu a été doublement condamné pour « trafic de fausse devise » et « corruption de fonctionnaires » dans le but d'obtenir…la grâce royale.

La famille sétoise d’un citoyen français détenu au Maroc vient d’adresser un courrier de demande de grâce royale à Mohammed VI, selon Midi Libre.


Yoni Ragioneri, 38 ans, avait été arrêté avec son petit frère et son beau-frère, en mai 2013, à Marrakech, après avoir voulu payer des babouches avec un faux billet de 20 euros. Seize autres faux billets avaient été retrouvés par la police, et le trio avait écopé de la très lourde peine de dix ans de prison. Deux des protagonistes ont été libérés à leur retour en France. Les dix ans se sont transformés par une mesure de substitution de peine en une simple amende de 7 500 euros avec remise en liberté immédiate…  Ragioneri, quant à lui, croupit toujours derrière les barreaux, à 30 km de Marrakech, accusé …  d’atteinte à la sacralité du roi Mohammed VI en ayant voulu acheter une grâce.


Payer pour obtenir la grâce du roi

Ragioneri n’a pas été extradé, comme demandé par sa défense. La raison ? Il avait entretemps, selon l’accusation, tenté d’acheter cette grâce royale proposée par un codétenu. La famille a payé les 13 000 euros, mais il s’est avéré qu’il s’agissait d’une arnaque. Cette affaire dans l’affaire a conduit à l’arrestation de plusieurs gardiens et du directeur de la prison impliqués. Mais le Sétois est accusé cependant  d’être le meneur et d’avoir payé en faux euros… .


L’histoire remonte à août 2014, lorsque Yoni Ragioneri a cédé aux sirènes d’un codétenu qui lui affirmé que l’on pouvait acheter une grâce royale. La famille, après avoir dépensé des dizaines de milliers d’euros en frais d’avocats, en aller-retour vers le Maroc, met encore la main à la poche pour payer les 140 000 dirhams qui auraient permis la libération de leur fils, un jour de fête nationale.


« Ça nous a été très bien présenté…  L’intermédiaire m’a dit ‘Ne pleurez plus, madame, c’est la fin de votre calvaire », raconte à la presse française, Hélène Ganidel, la mère du détenu Le jour de la fête nationale, le Sétois n’est pas gracié. Il se plaint à l’ambassade et l’enquête interne conduit à un scandale, avec l’arrestation des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire.


Des conditions de détention « inhumaines »

« Mon fils est en grande souffrance, il est accusé à tort, devant mon désespoir de maman, je vous implore de gracier mon fils », a écrit la mère de Ragioneri qui espère une extradition immédiate.


En juin dernier, le détenu a donné une interview à une radio française, dénonçant des conditions inhumaines à la prison de Marrakech, en démentant sa relation avec un réseau d’arnaque de grâces royale. Il se présente comme victime d’un chantage de la part de la direction du pénitencier.