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27.09.2016 à 10 H 19 • Mis à jour le 27.09.2016 à 10 H 20
Par
Elections américaines

Premier débat houleux entre Hillary Clinton et Donald Trump à l’avantage de la candidate démocrate

Le candidat républicain a souvent paru sur la défensive face à sa rivale démocrate lors du premier débat opposant les deux prétendants à la Maison Blanche. SIPA
Hillary Clinton a semblé plus préparée que son adversaire aux yeux des analystes, même si ce dernier n'a pas commis d'erreur majeure. Selon un sondage CNN, l'ex-secrétaire d'Etat a emporté largement ce premier duel télévisé en vue de l'élection présidentielle américaine du 8 novembre, 62% des téléspectateurs lui accordant la victoire contre 27% au candidat républicain

Hillary Clinton a dénoncé le comportement raciste et sexiste de son adversaire Donald Trump lundi au cours d’un premier débat télévisé marqué par des échanges houleux.


Selon un sondage CNN, l’ex-secrétaire d’Etat a emporté largement ce premier duel télévisé en vue de l’élection présidentielle américaine du 8 novembre, 62 % des téléspectateurs lui accordant la victoire contre 27 % au candidat républicain. Sur les marchés asiatiques, les investisseurs ont également jugé Hillary Clinton meilleure que Donald Trump.


Attaquée par le milliardaire sur son manque d’  « endurance », allusion à son malaise de la mi-septembre, la candidate démocrate a répliqué en vantant ses voyages dans 112 pays en tant que secrétaire d’Etat, ou le fait d’avoir négocié un accord de paix, un cessez-le-feu ou la libération de dissidents, etc.



Elle a conclu son intervention en rappelant que son rival avait qualifié les femmes de « cochonnes, de souillons et de chiennes ».


Ce débat de 90 minutes était l’occasion pour Donald Trump de montrer qu’il est capable de se maîtriser et pour Hillary Clinton que les Américains peuvent lui faire confiance.



S’interrompant à de nombreuses reprises sur l’économie ou la politique étrangère, les deux adversaires se sont accusés l’un l’autre de déformer les faits en invitant les téléspectateurs, attendus très nombreux pour ce duel organisé à l’université Hofstra, près de New York, à vérifier leurs propos sur internet. L’une appelait son rival « Donald », l’autre « secrétaire Clinton ».


« Mensonge raciste »

L’un des échanges les plus vifs a concerné la controverse alimentée pendant des années par Donald Trump sur le fait de savoir si Barack Obama était né aux Etats-Unis.


Le président, né à Hawaï, a publié un long certificat de naissance en 2011 pour clore la polémique mais ce n’est que ce mois-ci que Donald Trump a publiquement admis qu’il pensait que Barack Obama était bien né aux Etats-Unis.


« (Donald Trump) a réellement entamé son activité politique sur ce mensonge raciste selon lequel notre premier président noir n’était pas un citoyen américain. Il n’y avait absolument aucune preuve de cela. Mais il a persisté. Il a persisté année après année », a déclaré Hillary Clinton.


Ce à quoi le milliardaire a répondu en réitérant une fausse accusation selon laquelle cette controverse avait été lancée par l’équipe de campagne de Clinton, battue par Obama lors des primaires démocrates de 2008. « Je suis celui qui l’a contraint à montrer ce certificat de naissance et je pense avoir fait du bon travail », a ajouté Donald Trump.



Hillary Clinton a également rappelé que le magnat de l’immobilier avait été poursuivi pour discrimination raciale au début des années 1970 pour avoir refusé de louer des appartements à des Afro-Américains.


Les électeurs afro-américains soutiennent massivement la candidature de Hillary Clinton d’après les sondages, même si Donald Trump fait depuis plusieurs semaines des appels du pied en direction de cette minorité, en accusant Barack Obama comme Hillary Clinton de n’avoir rien fait pour aider les Noirs américains.


« Ruissellement truqué »

Sur l’économie, Hillary Clinton a attaqué la politique fiscale de son adversaire, qui prône une baisse d’impôts massive.

 

« Ce que propose Donald, c’est (… ) la plus forte baisse d’impôts pour les personnes les plus riches de ce pays que nous ayons jamais connue. Je l’appelle le ruissellement truqué (“trumped-up” ) », a dit l’ex-secrétaire d’Etat, vêtue d’un tailleur rouge.


Son adversaire, costume sombre et cravate bleue, a contre-attaqué sur les accords de libre-échange défendus par Hillary Clinton, l’accusant d’avoir l’intention d’approuver le Partenariat transpacifique tout en feignant de s’y opposer. « Nous devons empêcher qu’on nous vole nos emplois  », a déclaré le magnat de l’immobilier.


« J’ai le sentiment que je vais être jugée responsable de tout », a plaisanté Hillary Clinton, ce à quoi son adversaire a rétorqué : « Pourquoi pas ? »


Impôts de Trump, courriels de Clinton

Un autre moment de tension entre les deux candidats a porté sur les déclarations d’impôts de Donald Trump. Hillary Clinton a critiqué le fait que le milliardaire n’ait toujours pas publié l’ensemble de ses déclarations d’impôts, estimant que cela faisait douter du caractère charitable dont il aime à se prévaloir.


Elle a souligné que les quelques déclarations d’impôts publiées montraient qu’en dépit de sa richesse, Donald Trump n’avait jamais payé d’impôt fédéral.


« Cela prouve que je suis malin », a répondu Donald Trump. « J’ai des revenus incroyables », a-t-il ajouté, soulignant comme il le fait depuis son entrée en lice aux primaires républicaines il y a plus d’un an que les Etats-Unis ont besoin d’un homme qui s’y connaît sur les questions d’argent.



Il a également promis qu’il publierait ses déclarations d’impôts quand l’ex-secrétaire d’Etat publierait tous les courriers électroniques envoyés de sa messagerie privée lorsqu’elle était au département d’Etat, entre 2009 et 2013, allusion à l’affaire des emails qui poursuit la candidate démocrate depuis des mois.


Les sondages montrent que les deux candidats disputent une course serrée. Si le scrutin présidentiel était organisé lundi, l’ancienne secrétaire d’Etat obtiendrait 259 grands électeurs, contre 191 pour Donald Trump, et aurait 88 % de chances d’atteindre le seuil de 270 grands électeurs nécessaire pour l’emporter, montre cependant l’enquête Reuters/Ipsos States of the Nation publiée lundi, qui s’appuie chaque semaine sur un sondage auprès de plus de 15 000 Américains.


Deux autres candidats à la présidence, le libertarien Gary Johnson et la candidate écologiste Jill Stein, n’ont pu participer à ce débat en raison d’intentions de vote trop faibles dans les sondages.


Avec Agences