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24.10.2016 à 00 H 52 • Mis à jour le 24.10.2016 à 00 H 52
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Amériques

Au Venezuela, le Parlement dénonce un « coup d’Etat » du président Maduro

Des membres de l’Assemblée nationale vénézuelienne réagissent alors que des sympathisants du président Maduro pénètrent dans l’enceinte du bâtiment lors d’une session extraordinaire, le 23 octobre 2016 à Caracas. JUAN BARRETO / AFP
Des manifestations ont eu lieu ces deux derniers jours dans les rues de Caracas, après l’annonce jeudi par le Conseil national électoral (CNE) de la suspension de la collecte de signatures d’électeurs, étape préalable à l’organisation d’un référendum contre Nicolas Maduro

Le Parlement du Venezuela, dominé par l’opposition, a dénoncé dimanche 23 octobre un « coup d’Etat commis par le régime de Nicolas Maduro » après la suspension du processus de référendum révocatoire contre le chef de l’Etat. L’Assemblée nationale a convenu de « déclarer la rupture de l’ordre constitutionnel et l’existence d’un coup d’Etat commis par le régime de Nicolas Maduro », qui l’amènera à entreprendre des actions sur le plan international et des moyens de pression populaires, selon la résolution adoptée par le Parlement.


Deux jours de manifestation à Caracas

La prochaine phase de la procédure d’organisation au Venezuela d’un référendum de destitution du président Nicolas Maduro a été suspendue, suscitant la colère de l’opposition, dont des dirigeants disent avoir l’interdiction de quitter le pays. Des manifestations ont eu lieu ces deux derniers jours dans les rues de Caracas, après l’annonce jeudi par le Conseil national électoral (CNE) de la suspension de la collecte de signatures d’électeurs, étape préalable à l’organisation d’un référendum contre Nicolas Maduro, très impopulaire dans son pays en raison notamment d’une grave crise économique. Le CNE a évoqué des « fraudes » commises par l’opposition pour justifier le gel du processus. L’opposition accuse depuis des mois le Conseil de jouer le jeu du gouvernement.



Le CNE, qui a pris cette décision jeudi, avait prévenu le mois dernier qu’une telle consultation n’aurait pas lieu avant la fin de l’année, contrairement aux espoirs de l’opposition qui espérait ainsi obtenir la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel en cas de destitution du chef de l’Etat. Ce processus de collecte des signatures était la dernière étape pour l’opposition de centre droit, regroupée autour de la Table pour l’unité démocratique (MUD) et majoritaire au Parlement, avant de pouvoir organiser un tel référendum contre le chef de l’Etat socialiste.


Lire aussi :  Le Vénézuela est à terre : chronique d’une faillite d’Etat


Plusieurs dirigeants d’opposition ont rendu public vendredi un document émanant semble-t-il d’un tribunal de la ville de Valencia interdisant à huit d’entre eux de quitter le pays. Au nombre de ces hommes politiques frappés par cette mesure, qui n’a pas été expliquée officiellement, figurent Jesus Torrealba, le leader de la coalition d’opposition, et Henrique Capriles, deux fois candidat à l’élection présidentielle.


S’appuyant sur des décisions de justice, la commission électorale a annoncé la suspension de la campagne prévue la semaine prochaine pour récolter les quatre millions de signatures nécessaires à la tenue du référendum.Des responsables du Parti socialiste au pouvoir avaient auparavant déclaré que plusieurs tribunaux régionaux avaient annulé une précédente collecte de signatures de l’opposition en raison de soupçons de fraude.


Jugée hautement probable par les instituts de sondage, une destitution de Nicolas Maduro en 2016 aurait entraîné, aux termes de la Constitution, la tenue d’un scrutin présidentiel anticipé. Au-delà, ce serait son vice-président qui lui succéderait jusqu’à la prochaine présidentielle prévue fin 2018.

 

Le gouvernement dénonce un projet de « coup d’Etat »

 Samedi, Diosdado Cabello, numéro deux du régime, avait réagi aux initiatives de l’opposition : « Nous ne serons renversés sous aucun prétexte. » Lors d’une conférence de presse, il avait jugé que les manifestations et la séance extraordinaire de l’Assemblée répondaient à un projet de « coup d’Etat » des opposants au régime.


Lire aussi : Venezuela : Maduro déclare l’état d’exception, faisant état de « menaces extérieures »


Henry Ramos Allup, président du Parlement, avait annoncé que des représentants de l’opposition se rendraient au siège de l’Organisation des États américains (OEA) à Washington dans les prochains jours pour demander à Luis Almagro, secrétaire général de l’organisation, qu’il applique la Charte démocratique de l’OEA. Ce texte autorise l’organisation à intervenir diplomatiquement contre l’un de ses États membres s’il est considéré qu’il fait face à une crise constitutionnelle menaçant la démocratie.


Samedi dans un communiqué diffusé par le ministère des affaires étrangères argentin, douze pays de l’Organisation des États américains (OEA), du Brésil au Chili en passant par le Mexique et les États-Unis, ont fait part de leur « profonde préoccupation » à la suite de la décision des autorités électorales de geler le processus référendaire.