Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
07.11.2016 à 13 H 17 • Mis à jour le 07.11.2016 à 14 H 53
Par
COP 22

Le financement privé, levier pour la lutte contre le changement climatique

4 novembre 2016, à Casablanca. Conférence autour de la COP22 en présence de Said Mouline, chef du pôle partenariat public-privé, de Abdelâdim Lhafi commissaire de la COP22, de Salaheddine Mezouar président de la COP22, et de Driss El Yazami chef du pôle de la société civile. MOHAMED DRISSI KAMILI / LE DESK
L’Accord de Paris est entré en vigueur vendredi 4 novembre. Maintenant, vient le temps de la COP 22 qui s’ouvre ce lundi à Marrakech réunissant pays et Etats non-étatiques dont le secteur privé qui a un rôle si « déterminant »

« L’entrée en vigueur de l’Accord de Paris est un jour historique  », démarre à la tribune Salaheddine Mezouar, président de la COP22 et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération lors d’une conférence de presse vendredi à Casablanca. « C’est un message qui affirme et confirme l’engagement des Etats pour lutter contre le réchauffement climatique  », poursuit-il. Un refrain entendu maintes fois depuis le début de la préparation de la délégation marocaine à sa future présidence qui ne saurait tarder.


Ce lundi, le Maroc est le temps d’une année le chef d’orchestre de la COP. Aujourd’hui 97 pays sur 197, représentant plus de 55 % des émissions de gaz à effet de serre, ont ratifié l’Accord de Paris. Les négociations qui ont démarré depuis plusieurs semaines vont dans le bon sens à en croire le comité de pilotage de la COP 22 par la voix de Mezouar qui qualifie l’état d’esprit général de « positif  ». Mais «  l’entrée en vigueur ne règle pas toutes les possibilités. Le travail commence à Marrakech  », précise-t-il. Et ce travail se fera pour la première fois avec les Etats non-étatiques. « C’est eux qui transforment les engagements sur le terrain  », enchérit-il. « Eux  », ce sont la société civile, les villes et notamment le secteur privé. Tous les mouvements de ce dernier vont être scrutés car il a un rôle crucial pour la lutte contre le dérèglement climatique.


Dans un récent communiqué de presse, le président de la COP 22 et Patricia Espinosa, la secrétaire exécutive de la CCUCC (Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques) expliquaient que « les estimations de l’ONU montrent que la concrétisation d’un développement durable nécessitera entre 5 et 7 000 milliards de dollars par an. Afin de répondre à ces besoins en investissements, nous devons imaginer des mécanismes de financements innovants, loin des recettes traditionnelles, et avec des ambitions d’engagements des secteurs public et privé accrues.  » En clair, les opérateurs économiques doivent devenir le « fer de lance  » du développement durable et donc de la COP 22 ainsi que des prochaines à venir. Toutefois, à l’inverse des Etats, eux n’ont aucune feuille de route à suivre. Comme l’expliquait le gouvernement français, « si les effets de mobilisation de la finance climat privée (…) sont identiques à ceux de 2013-2014, plus de 90 milliards de dollars de finance climat, publique et privée, devraient être mobilisés au total  » d’ici 2020. En bref, si et seulement si rien ne change, mais si une crise économique pointe le bout de son nez, la mélodie risquerait peut-être de bien changer…


Le rôle précieux du secteur privé

Le secteur privé s’implique de plus en plus. « 350 milliards de dollars ont été investis dans le domaine des énergies renouvelables en 2015  », indique Saïd Mouline, le chef du pôle partenariat public-privé de la COP 22. Selon lui, cela le sera encore plus si les bonnes politiques sont menées. Les projets dédiés au développement durable « peuvent avoir des investissements à condition qu’il y ait des règles, des lois, de la transparence ou encore des appels d’offre  », explique-t-il. « Il faut également de la visibilité à long terme pour développer cette économie verte  ». Pour lui, le développement des partenariat public-privé peut être l’une des solutions comme celui qui a fait sortir de terre la centre solaire Noor à Ouarzazate. Elle a été réalisée à 75 % par des financements privés.


Comme décrit dans un rapport d’Irena (International Renewable Energy Agency) sur « L’Afrique et les énergies renouvelables : la voie vers la croissance durable », « pour les projets à grande échelle, les partenariats public-privé constituent un moyen efficace de structurer la collaboration (…) Les gouvernements tirent avantage de la compétence technique des partenaires privés, et le secteur privé bénéficie, quant à lui, des risques limités garantis par l’intervention de l’État.  » Seul « hic » : l’atténuation du changement climatique attirent davantage les investisseurs que l’adaptation qui serait moins rentable. Pour Abdelâdim Lhafi, commissaire de la COP 22, les Etats et le secteur privé doivent travailler main dans la main pour construire ce monde déjà en mutation. Mais pour cela, « de nouveaux montages financiers doivent voir le jour et la loi du marché mis de côté.  »