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19.10.2017 à 19 H 39 • Mis à jour le 19.10.2017 à 19 H 39
Par
Espagne

Catalogne: Madrid prend le risque d’activer samedi l’article 155

Un indépendantiste catalan réclamant – liberté et départ des Espagnols -. REX/SHUTTERSTOCK
Fin du suspense : le gouvernement de Mariano Rajoy a annoncé la tenue d’un conseil des ministres extraordinaire samedi, pour lancer la procédure de mise sous tutelle de la Catalogne

C’est un geste inédit dans l’histoire de la démocratie espagnole : les ministres du gouvernement de Mariano Rajoy vont se réunir samedi pour activer l’article 155 de la Constitution, et lancer la mise sous tutelle de la Catalogne.


L’exécutif madrilène avait donné au gouvernement catalan jusqu’à ce jeudi, 10 heures, pour dire si oui ou non il avait déclaré l’indépendance le 10 octobre dernier. Son président, Carles Puigdemont, a fait parvenir un nouveau courrier à Rajoy (à lire en intégralité ici), dans lequel il appelle de nouveau au dialogue et confirme, sans en dire beaucoup plus, que l’indépendance reste jusqu’à présent suspendue.


Madrid n’a pas tardé à envoyer en réponse un communiqué (à lire ici), constatant « le refus du président de la Generalitat [l’exécutif catalan – ndlr] » de clarifier sa position. D’où la convocation d’un conseil des ministres extraordinaire, ce samedi. Les inconnues sont légion sur l’application de cet article, considéré par beaucoup comme une « arme atomique ». Le gouvernement de Rajoy pourrait par exemple détacher l’un de ses ministres, pour gérer les affaires courantes de la Catalogne, après avoir démis de ses fonctions le gouvernement catalan. Il devrait aussi rapidement tenter de prendre le contrôle des Mossos, les forces de l’ordre catalanes.


Pour rappel, le gouvernement doit obtenir le feu vert de la chambre basse espagnole, le Sénat, avant d’être autorisé à enclencher l’article 155. En théorie, ce vote serait une formalité pour Rajoy, puisque le Parti populaire y détient la majorité absolue. Quoi qu’il en soit, le PP pourra compter avec le soutien du PSOE (socialistes, premier parti d’opposition) et de Ciudadanos (libéraux) sur l’activation de l’article 155. Mais cette décision pourrait raviver les tensions internes, entre le PSOE et sa branche catalane (PSC).


Dans sa lettre, jeudi, Puigdemont met en garde Madrid : si l’article 155 est activé, le gouvernement catalan pourrait bien, « s’il l’estime opportun », faire voter la déclaration formelle d’indépendance au sein du Parlament, le parlement régional. Cette déclaration, le 10 octobre, n’avait pas été soumise au vote des députés catalans, puisque Puigdemont l’avait immédiatement suspendue.


À Bruxelles mercredi, Raül Romeva a minimisé les risques d’une application de cet article : « Ils menacent de faire jouer l’article 155. Mais ils sont déjà en train de l’appliquer, de manière illégale. En fait, ils menacent de faire ce qu’ils font déjà. Ils interviennent par exemple déjà dans les finances de la Catalogne [depuis septembre – ndlr]. »