Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
23.12.2017 à 15 H 13 • Mis à jour le 23.12.2017 à 15 H 19
Par
Région TTAH

Ilyas El Omari engage 100 MDH dans Tanger Tech

Ilyas El Omari, président de la région TTAH (au centre) entouré de Othman Benjelloun, président de BMCE Bank of Africa et de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, à Casablanca le 27 juillet 2017. MOHAMED DRISSI KAMILI / LE DESK
Le Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a approuvé le 22 décembre, la contribution de la région à la société d'aménagement de Tanger Tech d'un montant de 100 millions de dirhams. En juillet, la constitution imminente de la société Holding SA TT, capitalisé à 1 milliard de dollars, avait été annoncée par Ilyas El Omari qui promettait un apport de 5% en foncier. Aucune information n’est encore disponible à son sujet

Le Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTAH) a approuvé, vendredi à Tanger, à l’unanimité plusieurs conventions visant à renforcer l’investissement et les infrastructures, et à promouvoir l’environnement et l’enseignement supérieur.


Lors de sa session extraordinaire, qui s’est déroulée en présence notamment du président de la région, Ilyas El Omari, et du wali de la région, Mohamed El Yaakoubi, le Conseil a approuvé la contribution de la région à la société d’aménagement de Tanger Tech d’un montant de 100 millions de dirhams et ce « en vue de promouvoir la réalisation de ce projet visant à augmenter les ressources financières de la région, encourager l’investissement et à mettre en œuvre le plan régional de développement ».


Les annonces d’El Omari retirées de Youtube… 

El Omari avait laissé filtré, lors de la conférence de presse organisée par la BMCE Bank fin juillet 2017, que la région TTAH sera actionnaire de la société d’aménagement Holding SA TT prévue à cet effet à hauteur de 5 % par apport en foncier « sur la base d’un capital de 1 milliard de dollars », valorisant ainsi le terrain à 50 millions de dollars. Il n’avait pas cependant précisé si la viabilisation était prise en charge par la région ou pas.


Pour rappel, le projet « Cité Mohammed VI Tanger Tech » est porté par le Chinois Haite Group, chef de file d’un groupe d’investisseurs chinois (non encore identifiés) et BMCE Bank of Africa, chef de file pour la partie marocaine. Le président du groupe bancaire, Othman Benjelloun avait affirmé lors de la même conférence de presse, recevoir « tous les jours des propositions de sociétés chinoises parmi les plus importantes au monde ».


Les promesses de la Cité Mohammed VI-Tanger Tech. Infographie: Mohamed Drissi Kamili / Le Desk


Le partenariat avec la Morocco-China International (société d’investissement de la Chambre de Commerce sino-marocaine), une structure « plus ou moins fantôme » n’est depuis plus évoqué. Cette alliance était pourtant présentée comme la colonne vertébrale de ce montage dont on ne sait toujours pas la démarcation précise des rôles dévolus aux acteurs publics et privés.


La société Holding SA TT « sera constituée dans 15 jours », avait alors assuré Ilyas El Omari, citant Othman Benjelloun. « Son siège est à Tanger et les équipes marocaines et chinoises y sont déjà à pied d’œuvre » avait-il poursuivi. Elle aura deux filiales, la première destinée à la zone industrielle et la seconde à la zone commerciale et résidentielle. Fait troublant, la vidéo de ses déclarations postée sur Youtube par le Conseil régional de la région TTAH le 27 juillet, a été depuis retirée.


Sur la composition du tour de table de la société d’aménagement Holding SA TT en cours de constitution, le secret est encore bien gardé. « Dans tous les projets, je ne dévoile jamais les chiffres à l’avance. Les négociations sont en cours, attendons qu’elles aboutissent (…) Nous sommes en cours de négociation du capital. Je reçois tous les jours des propositions de sociétés chinoises dans le monde, dans l’aéronautique, les télécoms, la construction. Je n’aime pas trop parler au départ. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est en bonne voie », avait commenté Othman Benjelloun.


La structure de Haite Group telle que présentée dans le dossier de presse de la BMCE Bank laisse penser que Haite Group est une holding, ce qui n'est pas le cas...
L'actionnariat et les filiales identifiées de Haite par Le Desk, montrent en fait que Haite Group n'est qu'une appellation parapluie et non une holding à proprement parler. Infographie: Mohamed Drissi Kamili / Le Desk


Le milliard de dollars annoncé sera nécessaire pour la construction, dit la brochure distribuée lors de l’événement aux journalistes, tandis que les investissements industriels totaliseront 10 milliards supplémentaires. La première usine sera inaugurée dans deux ans, avait promis Moulay Hafid Elalamy. Dernièrement, le constructeur automobile chinois BYD y a été pressenti, mais le ministre a indiqué que les discussions sont toujours en cours. Une autre entreprise chinoise du secteur, Citic Dicastal compte y ériger, selon Elalamy, une usine de jantes en aluminium pour 380 millions d’euros dans le cadre de l’écosystème PSA Peugeot à l’horizon 2019. Contactée par Le Desk, celle-ci s’est refusée à tout commentaire.


Le partenariat sino-marocain dans Tanger Tech « est cadré par une convention de mise en valeur » qui intègre « le cahier des charges du projet, établi sur la base des études techniques, définissant les spécifications urbanistiques, architecturales et techniques de la construction et de l’aménagement de la cité, ainsi que les modalités de valorisation et de gestion de cette dernière », est-il mentionné dans les documents livrés à la presse. Cette convention, dont les détails n’ont pas été révélés, comprend aussi « le business plan du projet détaillant le financement et l’exécution des travaux d’aménagement des sites composant le projet et précisant les caractéristiques, les descriptifs et les estimations des coûts ».


Mais aucune donnée chiffrée à ce sujet n’est encore disponible, alors que « le programme de valorisation fait ressortir le meilleur retour sur investissement aussi bien pour l’Etat marocain que pour les investisseurs », peut-on lire dans le dossier de presse diffusé il y a cinq mois.