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26.01.2018 à 04 H 10 • Mis à jour le 26.01.2018 à 04 H 12
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Révélations

Affaire CMR: l’enquête judiciaire viserait Benkirane

Abdelilah Benkirane lors des obsèques de Ahmed Laraki à Casablanca le 25 janvier 2018. AIC PRESS
Alors que le procès des journalistes poursuivis dans le cadre des fuites de la commission d’enquête parlementaire sur des supposés détournements à la Caisse marocaine des retraites s’ouvre, le rôle de Hakim Benchamach, président de la chambre des conseillers est pointé du doigt. L’enquête judiciaire a-t-elle été orientée pour accuser l’ancien chef du gouvernement ?

L’affaire qui porte sur les conclusions préliminaires de la commission d’enquête parlementaire conduite par le PAM depuis l’été 2016 sur de supposés délits de détournement dans le système de la Caisse marocaine des retraites (CMR) prend une tournure résolument politique alors que le Tribunal de première instance de Rabat a décidé de reporter le procès au 8 mars.


Quatre journalistes, Mohamed Ahdad (Al Massae), Abdelhak Belachgar (Akhbar Al Yaoum), Kaoutar Zaki et Abdelilah Sakhir (Aljarida24), ainsi qu’un conseiller parlementaire, Abdelhak Hissan (groupe CDT), font l’objet d’une poursuites judiciaires selon les articles 446 et 129 du code pénal, relatifs à la complicité dans les cas d’infraction qualifiée « de crime et délit de divulgation du secret professionnel » qui prévoit des amendes de 1 000 à 10 000 dirhams ainsi que des peines de prison d’un à cinq ans. Des dispositions qui ont soulevé une vive polémique sur les poursuites engagées contre les journalistes hors du cadre du Code de la presse.


Benchamach a délibérément visé les journalistes

Hakim Benchamach, président de la Chambre des conseillers avait assuré n’avoir que transférer un rapport que lui avait adressé Aziz Benazzouz le président de la commission d’enquête à Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des Libertés pour l’ouverture d’une enquête.


Début janvier, alors que la polémique enflait déjà, le président de la Chambre des conseillers, Benchamach était sorti de son mutisme affirmant n’avoir « déposé aucune plainte contre un membre de la Chambre des conseillers ou un journaliste concernant la commission d’enquête parlementaire sur la CMR ».


« Il a uniquement transmis une correspondance provenant du président de la commission d’enquête au ministre de la justice et des libertés demandant l’ouverture d’une enquête au sujet de la divulgation d’informations et de données publiées par la presse concernant les délibérations de la commission, qui revêtent un caractère secret, en application de la loi organique nº 085-13 relative aux modalités de fonctionnement des commissions d’enquête parlementaires (article 11) », précisait alors la Chambre des conseillers dans un communiqué.


Or, le site Lakome2.com, a rendu publique le 24 janvier 2018 la lettre transmise par Benchamach à Mustapha Ramid en date du 30 décembre 2016. Celle-ci comporte précisément la liste des journalistes, ainsi que la teneur des articles incriminés. Le document prouve ainsi que le président de la Chambre des conseillers est à l’origine de la cabale contre les journalistes, contredisant formellement le communiqué qu’il a fait diffuser par la Chambre.


Le témoignage qui charge Benkirane

La missive de Benchamach a donc orienté l’enquête. Akhbar Al Yaoum, ajoute de plus dans son édition du 26 janvier 2018 que lors des auditions de Aziz Benazzouz menées du 17 octobre 2016 au 5 janvier 2017 par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), aucune fuite n’a été enregistrée et ce jusqu’au 21 décembre 2016, lorsque Abdelilah Benkirane a été entendu en sa qualité de président du conseil d’administration de la CMR lors d’une session à huis clos à laquelle a participé Mohamed El Hammoumi, alors conseiller aux affaires juridiques auprès du chef du gouvernement, « à la demande expresse de Benkirane ». Ce dernier, a précisé Benazzouz dans son témoignage à la BNPJ, aurait alors « consigné des notes dans un carnet », laissant ainsi entendre qu’il serait ainsi la source des journalistes incriminés.


Autre fait notoire relevé dans le dossier d’accusation, celui-ci comporterait un rapport d’écoutes téléphoniques détaillé des communications qu’ont eues les journalistes. Des écoutes dont l’objet était d’identifier la source des fuites et dont l’autorisation de la part du parquet ne figurerait pas dans le dossier d’instruction.