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25.08.2018 à 12 H 52 • Mis à jour le 25.08.2018 à 12 H 53
Par
Espagne

Ceuta: Madrid justifie l’expulsion des 116 migrants par un accord avec le Maroc

Un groupe de migrants ayant réussi le passage en escaladant la barrière de Ceuta. JOAQUIN SANCHEZ / GETTY IMAGES
Dans une déclaration à la presse, Carmen Calvo, la vice-présidente du gouvernement espagnol a expliqué qu’un accord unilatéral a été activé avec le Maroc en 1992, utilisé à d'autres occasions, en mettant l'accent sur des personnes de manière individuelle et a souligné qu’aucun des expulsés n'a demandé l'asile. Elle nie toute comparaison avec le cas du navire Aquarius qualifié d’extrême urgence humanitaire

La vice-présidente du gouvernement espagnol Carmen Calvo, a justifié vendredi l’expulsion vers le Maroc des 116 migrants passés à Ceuta mercredi dernier après avoir franchi la clôture de la frontière de l’enclave.


Dans son raisonnement, celle-ci a différencié leur cas de celui des autres migrants secourus en Méditerranée, comme le cas de l’Aquarius. « Légalement, les cas sont différents, s’agissant de quelqu’un sauvé en mer, dans une situation d’urgence humanitaire, et de la situation d’une personne qui attaque violemment une frontière », a déclaré Calvo lors d’une conférence de presse.


La vice-présidente fait allusion aux sept gardes civils blessés mercredi dans l’assaut : « Ils sont entrés avec des outils et des substances qui ont blessé des membres de la Guardia Civil et nous n’y consentirons pas (… ) au fait d’entrer dans notre pays de manière irrégulière et violente », a-t-elle déclaré.


Carmen Calvo a également souligné que « les mineurs n’ont pas été expulsés vers le Maroc ». La vice-présidente a expliqué qu’un accord unilatéral a été activé avec le Maroc en 1992, qui a été utilisé à d’autres occasions, en mettant l’accent sur des personnes de manière individuelle et a souligné qu’aucun des expulsés n’a demandé l’asile. « Ceci est établi et nous avons agi dans le cadre du droit européen et des accords avec le Maroc », a ajouté la responsable.


Les ONG se méfient des arguments du gouvernement

Les ONG ont exprimé la méfiance de la décision du gouvernement soupçonnant que la rapidité avec laquelle elle est intervenue (en seulement 24 heures), a empêché les garanties et les droits des migrants d’être respectées.


C’est le cas de Save the Children qui, dans un communiqué, a « exprimé des doutes » sur le fait qu’ils ont pu identifier des mineurs en si peu de temps et avec un si grand nombre de personnes impliquées. « Ce qui s’est passé hier ne répond pas à une politique axée sur les droits de l’homme et la défense des enfants », a averti son directeur général, Andrés Conde.


Le Réseau espagnol d’aide à l’immigration et aux réfugiés soupçonne que les droits des migrants aient été bafoués et a dénoncé leur « expulsion expresse » auprès du médiateur public.


Les critiques des ONG s’ajoutent à la critique exprimée par la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR), qui a exprimé « sa profonde préoccupation face à ce changement de stratégie du gouvernement qui tente de se justifier en vertu de l’accord avec le Maroc ».


Le Maroc a accepté la réadmission jeudi dans le cadre de l’accord de 1992 et la police nationale espagnole a mis en œuvre toutes les procédures habituelles pour les expulser à travers une procédure qui a été menée individuellement, immigrant par immigrant, assistance juridique et sanitaire, s’est pour sa part défendue Calvo.


Elle a réitéré que le retour au Maroc, pays avec lequel l’Espagne entretient des « relations quotidiennes particulièrement bonnes », a respecté la loi et que l’activation de l’accord bilatéral ne signifie en aucun cas que le gouvernement a changé « un seul iota » de sa politique d’immigration. Une politique qui répondra toujours, selon elle, à deux variables : « celle du respect des droits de l’homme et celle de la sécurité aux frontières ».