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23.07.2019 à 09 H 39 • Mis à jour le 23.07.2019 à 12 H 56
Par et
Enseignement

La loi-cadre renforçant le français dans le système éducatif adoptée

Un élève lit des mots français lors d’un cours à l’école primaire Oudaya à Rabat, au Maroc, le 31 janvier 2019. YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS
Avec une écrasante majorité, les législateurs ont adopté lundi soir un projet de loi-cadre qui ouvre la voie au renforcement de la place du français dans l’enseignement public, notamment pour les matières scientifiques, bouleversant ainsi des décennies d'arabisation

La législation a été adoptée à la chambre basse par 241 voix contre 4, avec 21 abstentions. La plupart des députés du PJD et de l’Istiqlal se sont abstenus de voter sur les articles stipulant l’utilisation du français comme langue d’enseignement.


Le texte entrera en vigueur après une deuxième lecture à la chambre haute et sa publication au bulletin officiel.


Les langues officielles du pays sont l’arabe et l’amazigh, ou le berbère. La plupart des gens parlent l’arabe marocain –  un mélange d’arabe et d’amazigh infusé d’influences françaises et espagnoles.


Cependant, le français règne en maître dans les domaines des affaires, du gouvernement et de l’enseignement supérieur, donnant ainsi à ceux qui peuvent se permettre de suivre un enseignement privé en français un avantage considérable sur la plupart des étudiants du pays.



Selon des chiffres du ministère de l’Éducation, deux personnes sur trois ne terminent pas leurs études dans les universités publiques marocaines, principalement parce qu’elles ne parlent pas français.


Pour réduire le nombre d’abandons universitaires et doter les citoyens des exigences linguistiques requises pour l’emploi, le gouvernement a proposé de réintroduire le français comme langue d’enseignement des sciences, des mathématiques et des matières techniques.


Ces cours sont dispensés en arabe jusqu’au lycée, ce qui constitue une rupture avec l’enseignement supérieur à prédominance française.


L’adoption du projet de loi a irrité les défenseurs de l’arabisation, notamment l’ancien secrétaire général du parti PJD, Abdelilah Benkirane, qui a décrit la réintroduction du langage de l’ancien pouvoir colonial comme une trahison des « principes du parti ».


Les deux parlementaires de la FGD, Omar Balafrej et Mostafa Chennaoui, ont voté contre le projet de loi après le rejet de leurs amendements visant à inscrire un impôt sur la fortune et un impôt sur les successions pour financer la réforme de l’éducation.


L’adoption de cette loi a été qualifiée« d’historique » par Saaid Amzazi, ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,


Le Maroc a augmenté le budget de l’éducation de 5,4 milliards de dirhams en 2019, pour atteindre 68 milliards de dirhams alors qu’il cherche à améliorer l’accès et à améliorer les infrastructures, notamment dans les zones difficiles d’accès.