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08.06.2026 à 23 H 52 • Mis à jour le 08.06.2026 à 23 H 52
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Education

Devant les députés, Akhannouch défend un bilan chiffré de la réforme de l’école publique

Aziz Akhannouch au Parlement, le 8 juin 2026. Aziz Akhannouch au Parlement, le 8 juin 2026. Crédit : DR
Devant la Chambre des représentants, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a défendu lundi son bilan dans l'éducation, chiffres à l'appui : un budget porté de 58 à 99 milliards de dirhams entre 2021 et 2026, près de 7 millions d'élèves scolarisés dans le public et une montée en charge des Écoles pionnières, qu'il crédite d'un recul du décrochage et d'une amélioration des acquis

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présenté lundi à la Chambre des représentants un bilan chiffré de l'action de l'Exécutif dans l'éducation, à l'occasion de la séance mensuelle des questions orales consacrée à la politique générale, placée sous le thème « Le rôle du système d'éducation et de formation dans l'édification du Maroc émergent : choix gouvernementaux et perspectives ». Il a rattaché les réformes engagées dans le secteur aux orientations royales et aux finalités fixées par la loi-cadre n° 51.17 relative à l'éducation, la formation et la recherche scientifique, présentant la restauration de la confiance dans l'école publique comme un engagement central de son mandat.


Effectifs, réseau et préscolaire

Selon les chiffres avancés par le chef du gouvernement, l'enseignement public scolarise cette année près de 7 millions d'élèves, dont 730 000 nouveaux inscrits, soit une progression de 7,4 % sur un an. Ces effectifs sont encadrés par plus de 299.000 enseignants, au sein d'un réseau de 12 441 établissements : 8 491 écoles primaires, parmi lesquelles 349 écoles communautaires, 2 337 collèges et 1 674 lycées qualifiants. Le nombre d'écoles communautaires est passé de 226 en 2021 à 349 cette année, une évolution que Akhannouch a reliée à la réduction des disparités territoriales d'accès à l'enseignement.


Sur le préscolaire, il a fait état d'un taux de généralisation supérieur à 80 % en 2025-2026, pour plus de 985.000 enfants inscrits, et de la création de plus de 11 000 nouvelles classes dans le public. Le chef du gouvernement a également mis en avant une révision de la méthode de sélection des associations partenaires, qui a ramené leur nombre de 1 133 en 2021-2022 à 235 associations locales en 2024-2025.


Un budget en hausse de 68 %

Akhannouch a présenté ces résultats comme le produit d'un effort financier qu'il a qualifié d'« inédit  ». Le budget alloué à l'enseignement est passé, selon lui, de 58 milliards de dirhams (MMDH) en 2021 à 99 MMDH prévus en 2026, soit une hausse de plus de 68 %. La masse salariale du secteur a, pour sa part, progressé de 48 MMDH en 2021 à près de 78 MMDH en 2026.


Écoles pionnières : des résultats présentés comme probants

Le chef du gouvernement a consacré une part importante de son exposé au programme des « Écoles pionnières », étendu de 626 établissements primaires lors de la phase pilote de 2023-2024 à 4.626 établissements cette année, accueillant près de deux millions d'élèves. Il a affirmé que des évaluations, qu'il a présentées comme menées par des institutions nationales et des instances indépendantes, ont mis en évidence un effet positif de ces établissements sur les apprentissages.


D'après ces évaluations, les élèves issus de ces écoles accéderaient au collège avec un niveau académique pouvant dépasser de dix points celui de leurs camarades. Le taux de réponses correctes des élèves concernés, toutes matières et tous niveaux confondus, se serait établi à 59 %, contre 37 % pour un échantillon de comparaison issu d'écoles primaires ordinaires. Le taux de maîtrise des compétences fondamentales serait par ailleurs passé de 11 % lors du test de diagnostic initial à 45 % à l'évaluation finale.


Décrochage : le pari des collèges pionniers

S'agissant de la lutte contre l'abandon scolaire, Akhannouch a indiqué que le programme des « collèges pionniers » avait atteint ses objectifs, le taux de décrochage dans ces établissements ayant été ramené de 8,4 % en 2023-2024 à 4,45 % en 2024-2025. Il a précisé que 230 collèges avaient enregistré une baisse de plus de 50 % du décrochage. Le dispositif couvre actuellement 786 collèges, soit 30 % du total des collèges publics et quelque 700 000 élèves  le chef du gouvernement vise 1 363 établissements dès la prochaine rentrée, regroupant près de 1,138 million d'élèves, soit environ 56 % de l'effectif du cycle collégial. Il a par ailleurs chiffré à environ 35 000 le nombre de jeunes réinsérés par les Écoles de la deuxième chance – Nouvelle génération.


Infrastructures et surcharge des classes

Le gouvernement a créé 758 nouveaux établissements entre 2022 et 2025, dont 169 cette année, en majorité en milieu rural, et étendu un programme de réhabilitation à 5 000 établissements, selon le chef du gouvernement. Ces opérations ont, dit-il, contribué à ramener le taux global de surcharge des classes de 9,4 % à 5,7 %. Dans le primaire, la surpopulation des classes communes et à niveaux multiples serait passée de 6,5 % en 2021-2022 à 1,3 % cette année, et de 19,3 % en 2022 à 10,29 % dans le collégial. Akhannouch a fixé pour la prochaine rentrée des cibles de 1 % dans le primaire et de moins de 5 % dans le collégial et le secondaire.


Aides sociales et ressources humaines

Sur le volet social, le chef du gouvernement a indiqué que le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale directe était passé de 2,7 à 3,4 millions d'élèves, dont près de 1,9 million en milieu rural. Les internats accueilleraient 200 000 élèves, contre 126 000 en 2022, tandis que 750 000 élèves bénéficieraient de la restauration scolaire et 730 000 du transport scolaire.


Concernant les enseignants, Akhannouch a fait état de 199 000 postes budgétaires créés entre 2021 et 2025 au profit de l'éducation nationale et du préscolaire, dont près de 100 000 destinés à l'enseignement. Il a rappelé l'adoption du statut unifié des fonctionnaires du secteur, l'intégration de plus de 115 000 enseignants recrutés dans le cadre des académies régionales, une hausse générale des salaires de 1 500 dirhams par mois et la promotion de 22 000 enseignants au grade hors échelle, dont 14 700 exerçant dans le primaire. Enfin, le nombre d'inscrits en licence d'éducation dédiée à l'enseignement primaire serait passé de 353 étudiants en 2021 à 4 915 en 2025, le chef du gouvernement citant une étude de la Banque mondiale selon laquelle les lauréats de ces filières réussissent davantage aux concours de recrutement que les candidats issus des cursus universitaires classiques.

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