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28.03.2016 à 07 H 01 • Mis à jour le 24.07.2016 à 22 H 30 • Temps de lecture : 3 minutes
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Disparition Alain Decaux, admirateur sans borne de Hassan II

L'académicien français mort dimanche 27 mars à Paris à l'âge de 90 avait noué une relation particulière avec le roi défunt

L'écrivain, biographe et académicien français Alain Decaux est décédé dimanche à l'Hôpital Pompidou à Paris, à 90 ans, a annoncé à l'AFP son épouse Micheline Pelletier-Decaux.


Ce formidable conteur, auteur d'une soixantaine d'ouvrages, a incarné à partir des années 1950 l'histoire à la radio et à la télévision française où il a créé plusieurs émissions.


Elu à l'Académie française en 1979, ministre de la Francophonie (1988-1991) sous la présidence du socialiste François Mitterrand, ce grand vulgarisateur a animé plusieurs émissions devenues cultes.


L'écrivain et académicien Alain Decaux chez lui à Paris, le 3 avril 2006. SIPA


En 1951, il crée La Tribune de l'Histoire à la radio (diffusée de 1951 à 1997). En 1956, c'est le tour de la télévision avec La caméra explore le temps (avec Stellio Lorenzi et son complice André Castelot) qui ne s'arrêtera que dix ans plus tard.


De 1969 à 1987, dans Alain Decaux raconte, Alain Decaux face à l'histoire puis Le dossier Alain Decaux, il occupe le petit écran chaque mois pendant une heure, traitant d'un personnage ou d'un événement historique.


Un grand vulgarisateur

Ce fils d'avocat né le 23 juillet 1925 à Lille a étudié le droit à Paris et a suivi des cours d'histoire à la Sorbonne, sans se soucier d'obtenir un diplôme. Il publie son premier livre, Louis XVII retrouvé en 1947 et est couronné par l'Académie française, trois ans plus tard, pour son second, Letizia.


En 1960, il fonde la revue Histoire pour tous et va collaborer à de nombreux journaux et revues. Dialoguiste du film de Robert Hossein Les misérables (1982), il est aussi biographe de Victor Hugo et admirateur de Sacha Guitry, dont il avait été l'ami intime et d'Alexandre Dumas à qui il consacre en 2010 un Dictionnaire amoureux.

 

Si certaines étapes sont attendues dans cet ouvrage - des personnages, des titres de Dumas -, il en est de surprenantes. Ainsi que penser de la lettre H où on lit un certain Hassan II ? Decaux, qui a longtemps présidé avec vigueur et passion la Société des amis d'Alexandre Dumas, explique que l'ancien roi de Maroc possédait dans tous ses palais les œuvres complètes du romancier prolifique, et il a compté parmi les membres du comité d'honneur de cette précieuse société qui a permis à l'auteur des Trois Mousquetaires de rejoindre le Panthéon. "On reconnaît bien Alain Decaux, c'est un homme qui sait rendre hommage aux dévoués de Dumas" , s'enflamme Le Figaro...


Dévoué au roi Hassan II

En réalité, Decaux se révèle en fait un admirateur inattendu en la personne du Hassan II parce-que celui-ci finança la restauration de la salle mauresque du Château de Monte-Cristo ayant appartenu à Dumas, ainsi que l’installation du chauffage dans la demeure historique. En 1970, le château faillit être rasé au profit d'une opération immobilière. Une campagne menée par l'historien permet alors de sauver le château qui, par la suite, a fait l'objet du mécénat de Hassan II. Des artisans missionnés par le roi sont venus restaurer en 1985-1986 le « palais d'Aladdin », délirant salon mauresque au premier étage qui s’inspire des décors sculptés en stuc et des plafonds à coffrage de l’Alhambra.


Decaux savait se rendre utile pour la monarchie marocaine, son Académie royale et ses grandes causes pour lesquelles il se portait volontaire, de la Marche verte à l’Année du Maroc en France. Il a signé la préface du livre de Benoît-Meschin sur l’histoire glorifiée des Alaouites. Le texte de Decaux est un panégyrique sans restrictions, même si à d’autres occasions, l’académicien de la gauche républicaine, qui, par son côté rocardien, ne détestait pas les ors de la royauté, savait dire ce qu’il pensait, comme sur la disparition de Ben Barka.


Dans l’antichambre du roi, jusqu’à ce 14 juillet 1999 où Hassan II a vu défiler ses troupes sur les Champs-Elysées quelques jours avant sa mort, Decaux, comme son ami et double Maurice Druon, auront façonné et vendu en France l’image d’un monarque esthète et francophile.

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