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18.06.2016 à 21 H 43 • Mis à jour le 24.07.2016 à 22 H 45
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Débat En soutien à Orlando, le Maroc met en veilleuse l’homophobie ambiante le temps d’une soirée

Mercredi 15 juin une poignée de militants pour les libertés individuelles ont allumé bougies et déployé le drapeau arc-en-ciel des LGBT à la mémoire des victimes de la tuerie d’Orlando.

Trois jours après le carnage perpétré dans un club gay à Orlando, le mercredi 15 juin, une cinquantaine de personnes ont rendu hommage aux victimes à Rabat. Quelques jeunes militants du mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), des subsahariens et quelques expats ont répondu présents à un appel lancé sur Facebook qui a attiré quelques centaines de followers.


La promesse était belle, mais au final, seule une poignée fera le déplacement. La faute à l’obligation de moyens, doctrine du cyber-militant, ou à l’Euro 2016 ? On ne saura jamais. Ceux qui ont daigné se montrer, ont allumé des bougies et brandi des pancartes condamnant l’homophobie et une fois n’est pas coutume, des drapeaux LGTB ont été déployés. Les participants portaient des pancartes où il était écrit « l'homophobie tue » ou « love Is not a crime » en français, anglais et arabe.



La bonne nouvelle, c’est qu’il n’existait aucun cordon sécuritaire pour protéger ou chasser cet attroupement. Mieux, la vox populi n’est pas sorti de sa tanière pour les harceler non plus.


La veille, Mohammed VI avait donné l’exemple en adressant un message de condoléances à Barack Obama. Extrait « Tout en exprimant à votre excellence, en mon nom personnel et au nom du peuple marocain, notre condamnation de cet acte criminel abjecte et notre solidarité totale avec le peuple américain ami en cette douloureuse circonstance, je vous réaffirme la ferme condamnation par le royaume du Maroc et sa forte réprobation de toutes les formes du terrorisme ignoble, qui n’a ni religion ni patrie ». Un message de compassion mais également une piqûre de rappel de l’engagement idéologique et létal du royaume dans la guerre anti-terroriste. En revanche, pas un mot sur les libertés individuelles et le respect du droit à la différence, notamment sexuelles.



La missive royale a fait un carton auprès des médias américains qui ont salué « le courage du Maroc ». Une aubaine politique pour le pays au regard rivé sur le prochain pensionnaire de la Maison Blanche. Une opportunité, également, pour redorer notre blason souillé par « la casse au gay », devenue un mode de punition redondant, mais presque normal. Les diverses ratonnades vécues par les gays au Maroc ont poussé l’Etat, otage de la vox populi et du besoin atavique d’imposer son respect, à jouer un rôle trouble, affichant souvent un opportunisme vicieux. Une impartialité passive dont le grand perdant n’est autre que le droit à la culture de la différence ou, ne soyons pas gourmands, le droit à l’indifférence. En attendant la prochaine chasse à l’homo, peuple au drapeau arc-en-ciel, profite de cet état de grâce hypocrite et opportuniste.

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