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19.06.2019 à 01 H 10 • Mis à jour le 19.06.2019 à 01 H 10
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n°474.Grève nationale: Qu’est ce qui oppose opticiens et ophtalmologues ?

Les opticiens et les ophtalmologues s’opposent sur leurs périmètres de compétences tels que définis par la loi 45-13. Tour à tour, ils battent le pavé pour défendre leurs intérêts tandis que le texte à amender est en instance au parlement…

Ce 19 juin, c’était au tour des opticiens-lunettiers de se mettre en grève. La raison : un amendement de la loi 45.13 relatif à l’exercice des professions de rééducation, de réadaptation et de réhabilitation fonctionnelle des opticiens lunettiers.

qui n’a pas été du goût des opticiens. La modification en question, notamment celle concernant l’article 6, prévoit de réduire les attributs des opticiens, au profit des ophtalmologues qui pourront avoir l’exclusivité des compétences comme celle de la réfraction ou de la mesure de la vue. Il ne pourra y avoir donc délivrance de dispositif médical d’optique dans plusieurs cas, s’il n’y a pas de prescription médicale.


Reproches des deux parties

Du côté des opticiens, on critique la durée de la formation dont bénéficient les ophtalmologues. « Nous avons une formation de trois ans, alors que les médecins ophtalmologues n’ont qu’une spécialisation de six mois après leur cursus », avance Adil Ouryaghli, membre du syndicat des opticiens à Tanger. Celui-ci accuse les ophtalmologues de « s’être mobilisés, à la veille de Aïd el-Fitr, pour faire passer l’amendement à la Chambre des conseillers ». Leur statut étant régi par un dahir de 1954, avance Ouryaghli, cet amendement bénéficierait plus aux ophtalmologues, interdisant aux opticiens l’exercice de plusieurs de leurs compétences qui leur sont habituellement dévolues.


Autre reproche des opticiens, exprimé dans le communiqué de leur syndicat, celui de l’appellation utilisée par le dahir de 1954 et qui les présente comme des « lunettiers ». L’optométrie, avancent-ils, est une profession de la santé reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)


Autre son de cloche chez les ophtalmologues. Réunis au sein du Syndicat national des ophtalmologues libéraux du Maroc, ils avaient notamment organisé un sit-un le 3 juin, devant le ministère de la Santé, pour dénoncer le projet de loi 45.13. Même raison de levée des boucliers : l’article 6 qui institutionnalisait les compétences des opticiens qui leur sont dévolues depuis 1954.


Des discussions au point mort

Une mobilisation des ophtalmologues, ayant coïncidé avec celles d’acteurs de la profession, comme les étudiants en médecine, et qui avait poussé la commission sociale de la Deuxième chambre du Parlement à constituer une commission technique alliant ministère de la Santé et Secrétariat général du gouvernement. Principal argument des ophtalmologues : il ne faudrait pas confier une tâche médicale à « des opticiens, commerçants, sans aucune attribution ni formation médicale professionnelle », écrivent les ophtalmologues dans leurs revendications.


Alors que l’amendement de la deuxième chambre du Parlement du 4 juin dernier donnait raison aux ophtalmologues, le texte devrait être retransmis à Chambre des représentants en seconde lecture. Au sein de la commission des secteurs productifs, aucune indication n’a pour le moment encore été donnée concernant la date de démarrage des discussions. Mais les débats s’avéreront à coup sûr, houleux. D’autant plus que les opticiens prévoient d’autres manifestations publiques les prochaines semaines pour faire pression sur les députés et le gouvernement.


Le projet de loi 45.13 n’en est pas à son premier blocage. Depuis 2016, il est victime de la mésentente entre les opticiens et les ophtalmologues, alors même qu’il ne concerne pas que ces professions. D’autres professions paramédicales espèrent de ce projet de loi leur institutionnalisation. Il s’agit notamment, selon l’article 1 de la loi 45.13, de la podologie, de l’orthophonie, de l’orthopédie et de la kinésithérapie qui se retrouvent pris en otage entre les passes d’armes des ophtalmologues et des opticiens…