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12.01.2021 à 19 H 51 • Mis à jour le 12.01.2021 à 23 H 35
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Intempéries

Lydec : « La ville de Casablanca a enregistré en six jours 70 % des pluies d’une année »

Le patron de la Lydec, accompagné du directeur maîtrise d'ouvrage, s'est expliqué ce 12 janvier au sujet des dernières inondations dans la capitale économique. Mises en cause, l'absence de réseaux d'assainissement dans certaines zones, justifiant les débordements mais aussi les modifications de zoning urbain...

Ce mardi 12 janvier, Lydec a tenu une conférence de presse afin d’éclairer l’opinion publique sur les mesures préventives et les opérations menées lors des intempéries qui ont paralysé Casablanca.


Durant ce point presse, Jean-Pascal Darriet, DG de Lydec et Saad Azzaoui, directeur maîtrise d’ouvrage, ont abordé les causes, les solutions envisagées ainsi que les chiffres relatifs à ces inondations. « La ville de Casablanca a enregistré en 6 jours une pluviométrie de 250 mn. L’équivalent de près de 70 % des pluies d’une année », a annoncé Jean-Pascal Darriet.


« Nous avons atteint 250 mm en 7 jours, soit plus que la pluviométrie qu’a connu la ville sur toute l’année dernière qui était à 218 mm », a ajouté Saad Azzaoui. Ce serait la capacité du réseau d’assainissement liquide, long de 6.800 km qui n’a pas été en mesure d’absorber les quantités d’eau qui se sont abattues sur la grande métropole en si peu de temps.


Par ailleurs, les débordements relevés seraient dûs selon Lydec, aux zones non encore équipées en réseaux d’assainissement pluvial et à la saturation des réseaux sur des points sensibles ne permettant pas d’absorber les pluies d’une forte intensité. Il y aurait un décalage entre l’urbanisation et l’équipement de la ville en réseaux d’assainissement.


« Ces installations deviennent, pour certaines, sous-dimensionnées, puisque trop d’eau arrive là où elles n’avaient pas été dimensionnées pour l’apport correspondant, ou parce que les installations pluviales n’ont pas encore été mises en œuvre. Tout cela constitue des points fragiles, qui, lorsque l’épisode pluvial est sévère, viennent générer des débordements ou des risques de nuisance pour ceux qui sont à proximité des points bas », a affirmé le patron de Lydec.


La capacité d’investissement de la gestion déléguée, dimensionnée avant l’ouverture à l’urbanisation, en 2009, prévoyait seulement jusqu’à 3.000 ou 4.000 ha de plus, selon M. Azzaoui. « Le rythme de croissance urbanistique n’est donc pas callé avec le rythme de l’équipement et l’évolution des réseaux dans la ville », a-t-il avancé


En plus de l’extension de la ville avec la création de nouvelles zones péri-urbaines durant ces dernières années, telles que Errahma, Dar Bouazza, Tit Mellil, Bouskoura, et Ben Saleh, les modifications de zoning urbain seraient également un élément à prendre en considération. « De nombreux changements urbanistiques sont opérés à l’intérieur de Casablanca. On assiste notamment à des passages de zones villas à des zones immeubles, où 80 % de la pluie ne s’infiltre plus dans le sol et ruissèle, augmentant ainsi le risque d’inondation ». La topographie de Casablanca serait également une spécificité remise en cause. L’extension urbaine de la ville s’éloignant de « l’exutoire naturel de la mer », les pluies doivent traverser toute la ville, accentuant le risque de débordement de l’eau.


Concernant les solutions techniques prises en compte pour mener à bien l’évacuation des eaux pluviales, elles seraient déjà identifiées depuis des années, et validées auprès des autorités concernées, mais n’ont pas encore été mises en oeuvre, d’après M. Azzaoui. « À partir de 2013, on a réalisé des schémas directeurs afin d’évaluer et dimensionner tous les ouvrages nécessaires pour accompagner le développement que connaît la ville. (… ) Également, dans le cadre de l’élaboration du Plan de développement du Grand Casablanca en 2014, nous avons validé avec les autorités compétentes les besoins en investissements nécessaires à l’assainissement pluvial, qui s’élèvent à 15 milliards de DH, à horizon 2027 ».


À propos des indemnisations, la société française a précisé dans un communiqué qu’elle n’est pas systématique, et obéit à des dispositions réglementaires nationales et à celles du contrat de gestion déléguée.« Pour les éventuelles réclamations de tiers, si la preuve de la responsabilité de Lydec est rapportée, elles seront traitées dans le respect de la loi et des dispositions du contrat de gestion déléguée », conclut le communiqué.


Pour rappel, lors d’un passage sur la chaîne nationale 2M, le 7 janvier dernier, Abdelaziz Omari, président de la Commune, avait accusé la gestion de Lydec, invitant les victimes de ces inondations, à adresser leurs réclamations d’indemnisation à la société française.

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