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27.08.2022 à 18 H 08 • Mis à jour le 27.08.2022 à 18 H 08 • Temps de lecture : 3 minutes
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Ticad 8

Pour Marzouki, accueillir le Polisario est « un acte irresponsable et nuisible aux intérêts de la Tunisie »

L'ancien président tunisien, Moncef Marouzki, est sorti de son silence ce samedi après-midi pour commenter la brouille diplomatique entre Rabat et Tunis, en raison de l'invitation du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, au Ticad 8.


Pour rappel, l'homme d'État était encore président de la Tunisie, quand Mohammed VI s'était rendu à l'avenue Bourguigba à Tunise, en 2014, prolongeant son séjour officiel par une séjour privée à un moment où l'impact des attentats de cette année avait considérablement freiné la relance touristique du pays.


Pour Marzouki, la position tunisienne, depuis le début du conflit du Sahara occidental, a été « constante » : « rechercher la réconciliation entre les deux pays frères en quette, ne pas dresser l'un contre contre l'autre ». Une tradition qui, pour l'ex-chef d'État, a été rompue.


« En recevant le chef du Polisario comme s'il était à la tête d'un État mondialement reconnu, la tradition a été rompue. Cet accueil est une reconnaissance publique, claire et franche de l'État sahraoui, d'où le caractère surréaliste du communiqué du ministère tunisien qui prétend que rien n'a changé dans la position de la Tunisie », relève Moncef Marzouki.


« Nous sommes donc face à un acte condamné par toutes les normes car irresponsable et nuisible aux intérêts de la Tunisie, car il nuit aux faibles chances de relancer l'Union du Maghreb », ajoute l'ancien président aujourd'hui en exil en France.


À propos du fond du sujet, à savoir la reconnaissance du Polisario, Moncef Marzouki rappelle que « le chemin de la confrontation continue avec le Maroc et l'objet d'un sixième pays (un sixième État dans le Maghreb qui serait sahraoui) nous ont conduit à l'arrêt de la construction de l'Union du Maghreb avec ce que cela signifie » en terme de perte de grandes opportunités pour l'économie maghrébine, la course à l'armement avec ce que cela a pour conséquence sur les budgets de l'Algérie et du Maroc et enfin, selon les propos de Marzouki, « une torture sans fin pour les Sahraouis sans perspective dans les camps de Tindouf qui ont vécu la misère, génération après génération ».


« Une telle politique erronée du régime algérienne a aussi entraîné de mauvaises réactions », commente Moncef Marzouki, citant l'intrusion par « le régime marocain du loup israélien dans notre région, qui est un grave présage ».


« Au lieu de "maghrébiser" le Machrek arabe, en exportant le meilleur des modèles démocratiques, nous voici devant une "machrekisation" du Maghreb, à travers le retour au modèle égyptien au berceau du printemps arabe, notamment avec l'entrée d'Israël dans la région comme un acteur dangereux », fait-il savoir.


« La seule solution pour les Sahraouis est de ne pas courir après un Etat qui ne verra la lumière que sur les ruines du Maroc, ce qui n'est ni possible ni dans l'intérêt de personne, car un tel scénario suppose une guerre violente qui peut détruire, à Dieu ne plaise , l'Algérie comme elle détruit le Maroc sans rien ajouter à la situation des Sahraouis », avertit Marzouki.


Pour conclure son propos, il rappelle que la seule solution est de consituter une petite nation autodéterminée, avec totues ses composantes et sans exclure aucun parti politique... au sein de la vaste patrie qu'est le Maroc... au sein de la partie élargie qu'est l'Union du Maghreb.


À la fin de son texte, diffusé sur ses réseaux sociaux, Moncef Marzouki ne manque pas de s'adresser à l'ex-chef du gouvernement marocain, Saâdeddine El Otmani, s'étant fendu sur Twitter d'un texte où il affirme que la Tunisie n'est plus un ami du Maroc .Il souligne que la Tunisie n'a pas poignardé le Maroc dans son dos, mais c'est plutôt elle qui a porté atteinte à elle-même, dans sa démocratie, sa constitution, ses institutions et ses relations avec la Libye et les pays démocratiques, l'ayant amené à une situation que nous ne souhaitons à aucun ennemi, et encore moins pour un pays frère.

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