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12.02.2019 à 11 H 26 • Mis à jour le 12.02.2019 à 11 H 26
Par
Espagne

Procès sous tension à Madrid des dirigeants séparatistes catalans

Douze dirigeants séparatistes catalans comparaissent à partir de ce mardi à Madrid devant le Tribunal suprême espagnol pour répondre de leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017.


Deux fourgons convoyant neuf des 12 prévenus ont quitté en début de matinée, sous escorte policière, la prison Soto del Real pour se diriger vers le centre de la capitale espagnole.


Des centaines de policiers, parmi lesquels des membres des unités antiterroristes, ont été déployés autour du bâtiment du Tribunal suprême.


Les douze prévenus, accusés de rébellion, sédition et détournement de fonds, ne s’exprimeront pas lors de cette première journée d’audience, consacrée aux questions de procédure.


Le référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017 a débouché sur une victoire du “oui”  avec 90,18 % des suffrages exprimés contre 7,83 % pour le “non” , pour un taux de participation atteignant 43 % des inscrits, selon la Généralité de Catalogne.


Le 27 octobre 2017, le Parlement de Barcelone a adopté une déclaration unilatérale d’indépendance, provoquant la mise sous tutelle de la région par Madrid. Cette administration directe a été levée en juin 2018 après la constitution d’un nouveau gouvernement, toujours contrôlé par les indépendantistes.


Pour leurs partisans, les accusés sont des prisonniers politiques et le procès lui-même est politique.


« Le monde regarde Madrid (… ). Ils ne veulent pas juger mais condamner pour des raisons politiques », a déclaré lundi à la presse Olivier Peter, avocat d’un des prévenus.


Le gouvernement espagnol conteste ces accusations, estimant que les accusés ont enfreint la loi et que la justice traite leur cas en accord avec l’Etat de droit.


Le chef du gouvernement régional catalan, Quim Torra, qui assistera à la première journée d’audience, a réclamé l’acquittement des prévenus.


Le ministère public va requérir des peines allant jusqu’à 25 ans de prison.


Parmi les centaines de témoins appelés à la barre figurera Manuel Rajoy, qui était président du gouvernement espagnol au moment de la tentative de sécession et jusqu’en juin dernier.


Les manifestations en faveur de l’indépendance catalane se sont calmées ces derniers mois mais les partis sécessionnistes ont prévu de se faire entendre lors du procès qui devrait durer environ trois mois.


Ils ont appelé les Catalans à manifester leur désapprobation en cessant brièvement le travail à midi mardi et en se rassemblant dans la soirée à Barcelone. Une autre manifestation est prévue samedi, et une grève générale le 21 février.


Dans le camp anti-indépendantiste, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Madrid à l’appel de la droite et du centre-droit pour protester contre la volonté du chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez d’organiser des réunions bilatérales entre l’administration centrale et celle de Catalogne, ainsi que de mettre en place une instance de coordination. Cette offre de dialogue a été rejetée par les partis indépendantistes catalans tout en galvanisant l’opposition de droite qui crie à la trahison.


Le parti centriste Ciudadanos a appelé à une nouvelle manifestation dimanche prochain à Barcelone pour « défendre la Constitution ».


En Catalogne même, l’opinion est très partagée sur la question de l’indépendance. Si les sécessionnistes sont majoritaires en sièges au parlement local, ils ne l’ont pas été en voix lors des dernières élections régionales de décembre 2017.

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