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24.05.2019 à 00 H 58 • Mis à jour le 24.05.2019 à 00 H 58
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Parti-pris

Échec de la présidentielle: un camouflet historique pour le régime algérien

Après une éclipse et une diète de deux semaines, Ahmed Gaïd Salah est redevenu prolixe. Il a parlé le mercredi 22 mai à l’école des troupes spéciales de Biskra, pour la troisième fois depuis le début de sa visite en quatrième région militaire, dimanche.


Lundi, il avait réitéré que la solution résidait dans la voie constitutionnelle et l’organisation d’un scrutin présidentiel. Ses propos ayant provoqué un tollé, le chef d’état-major de l’ANP a préféré éluder, ou presque, le sujet. Ce mercredi, pas un mot sur l’échéance électorale que le régime seul continue à défendre au milieu d’un rejet général. À la place, un engagement renouvelé à accompagner le peuple dans ses marches pacifiques ainsi que « les efforts des institutions de l’État et de l’appareil de justice ».


Le général s’est aussi défendu d’avoir d’autre ambition politique que celle de servir le pays. Une réponse à ceux qui lui reprochent de vouloir reproduire le scénario égyptien en Algérie.


Sur la campagne mains-propres en cours, il s’est en revanche longuement étalé, assurant que les corrompus rendront des comptes maintenant et pas une fois élues de nouvelles institutions.


La question sur laquelle il était attendu le plus, il ne l’a presque pas évoquée. Ahmed Gaïd Salah a certes tout dit lundi en réitérant la nécessité d’aller aux urnes et en livrant une réponse négative à ceux qui l’avaient invité à négocier directement avec les représentants des manifestants. Ses deux sentences ont justement suscité depuis lundi de vives réactions qui auraient pu appeler une explication ou une énième tentative de convaincre. Car jusque-là, le projet demeure unanimement rejeté. Ce silence sur une question cruciale est-il celui d’un homme –et d’une institution- déterminé à aller au bout de sa logique, ignorant l’indignation générale suscitée par son obstination ? On en doute fort puisqu’il n’échappe à personne, l’institution militaire en tête, que l’élection présidentielle ne peut se tenir dans les conditions actuelles, sans électeurs ni candidats ni encadrement.


Ahmed Gaïd Salah est-il alors juste à court d’arguments ? Sans doute, car quand bien même il aurait parlé ce mercredi de la nécessité d’aller aux urnes, il n’aurait fait que répéter la même litanie de ses appréhensions du vide constitutionnel porteur de dangers… Pour le reste, l’élection présidentielle du 4 juillet est indéfendable et le devient chaque jour un peu plus.


À la veille de l’expiration du délai de dépôt des candidatures, aucun candidat sérieux ne s’est fait connaitre et, chaque vendredi, les citoyens redoublent de détermination dans leur rejet du scrutin. À moins d’un coup de force, du reste très peu probable au vu du risque d’illégitimité qu’il fait peser sur le président qui en sera issu, la présidentielle du 4 juillet n’aura pas lieu.


Ce serait la deuxième grande victoire pour la rue qui a déjà fait tomber à l’eau le cinquième mandat. Mais pour le régime qui a défendu le scrutin de toutes ses forces, cela s’apparenterait à un premier échec cuisant pas uniquement depuis le 22 février, mais depuis l’indépendance.

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