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20.05.2018 à 02 H 14 • Mis à jour le 20.05.2018 à 14 H 34
Par
Vandalisme

La destruction d’un nid de cigognes à Kénitra choque riverains et internautes

Si chaque année, près de 30 000 couples de cet élégant échassier traversent le détroit de Gibraltar, quittant l’Europe aux mois de septembre et octobre pour passer l’hiver en Afrique de l’Ouest, ces oiseaux migrateurs tendent à disparaître du Maroc pour des raisons climatiques, le réchauffement du Vieux continent les forçant à davantage de sédentarisation, de l’Alsace au Portugal. Leur nombre s’est effondré de 63 % entre 1973 et 2005, selon Abderrahmane Chemlali, président de l’association marocaine de défense des cigognes Aprocib, cité en 2014 par Yabiladi.


Les cigognes blanches observées au Maroc au-delà de cette période sont pour la plupart autochtones et nichent particulièrement dans la région de Kénitra. Dans la culture populaire marocaine, elles sont particulièrement sacrées, malgré « le braconnage soutenu par la mauvaise légende qui veut que la chaire de cigogne blanche soit un remède contre le diabète », affirme la même source.


Mais parfois, c’est la bêtise humaine qui participe à l’extinction de l’espèce au Maroc. Dans une vidéo devenue virale sur Internet, on voit une pelleteuse abattre le minaret d’une mosquée du petit douar de Aïn Sebaâ dépendant de la commune de Kénitra, afin d’ouvrir à la circulation une bretelle d’autoroute.



Les ouvriers des services communaux de Kénitra n’ont pas fait cas du nid surplombant le minaret faisant fuir le couple d’échassiers, qui par leurs claquettements n’ont pu que constater que leurs cigogneaux avaient été tués dans l’effondrement de l’édifice.


Sur les réseaux sociaux de nombreuses voix se sont élevées contre les agissements des autorités locales, certaines fustigeant la gestion du Conseil présidé par Aziz Rabbah, ministre de l’Energie et des mines, qui « aurait pu surseoir à cet acte vandale, la destruction de la mosquée négociée avec le ministère des Habous et décidée le premier jour du Ramadan pouvait attendre l’avancée des travaux de la voirie encore programmée pour des mois soit après le départ des oiseaux et éviter ainsi ce carnage inhumain », critique un jeune riverain qui a constaté que l’une des cigognes adulte était revenue le soir tombé sur les lieux pour passer la nuit perchée sur un poteau électrique non loin des débris de son nid.


Sur Facebook, l’historienne et essayiste Mouna Hachim a posté le message suivant : « A Safi, le théologien Mohamed Kanouni Abdi décrit dans son ouvrage Assafi wa ma ilayhi qadiman wa hadittan, un lieu appelé Dar Bellarj où les oiseaux blessés étaient recueillis et soignés jusqu’à ce qu’ils s’envolent ou qu’ils succombent, laissant penser que ces centres de soin pour les oiseaux n’étaient pas des cas isolés. Nous avons perdu les belles valeurs de notre culture… »

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