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02.09.2018 à 16 H 27 • Mis à jour le 02.09.2018 à 16 H 28
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Polémique

Sahara: le wali de Laâyoune piégé par un média américain

Dans un reportage de l’émission télévisée américaine Democracy Now !, diffusée le 31 août, une équipe de reporters menée par sa journaliste-vedette Amy Goodman se rend à Laâyoune pour tenter d’interroger certains acteurs du conflit du Sahara, présenté d’emblée comme « la dernière colonie d’Afrique ». Le tournage se passe en 2016, en marge de la COP 22.


Venus interroger les militants locaux, mais aussi un représentant des autorités marocaines, les journalistes américains sont rapidement malmenés par les services de renseignements locaux.


Le premier acte se déroule dès l’arrivée de l’équipe américaine à Laâyoune. Immédiatement après leur sortie de l’aéroport puis leur arrivée à l’hôtel, des policiers se pointent à l’établissement demandant des renseignements concernant leur présence. Dans la foulée, un média local n’hésite pas à publier un article de presse, informant de l’arrivée des journalistes américains et révélant leurs identités. Par la suite, l’équipe américaine relève également plusieurs individus suivant de près leur voiture dans la rue.



Par la suite, sans trop préciser comment cela a pu être possible, et alors même que les journalistes américains comptaient sur l’effet de surprise pour mener à bien leur reportage, on les retrouve au domicile du wali de la région, Yahdih Bouchaâb. Si au début de l’entrevue, le wali, par ailleurs gouverneur de Laâyoune, chef-lieu de la région, reprend le discours officiel concernant les droits de l’Homme au sud, en s’en prenant à l’ONG Human Rights Watch, auteure de plusieurs rapports critiques sur la question, il finit rapidement par déraper. « Un million de citoyens vivent dans des sous-terrains et se nourrissent de rats à New York, aux Etats-Unis », balance-t-il à la face des journalistes, manifestement ravis du dérapage filmé en caméra caché du wali. Et d’ajouter, « et quand ils sont assez malades, ils se font à leur tour manger par des rats », concluant : « si vous voulez parler des droits humains, intéressez-vous d’abord à Guantanamo ! », donnant court à la conversation et invitant les journalistes à quitter les lieux.


Le dernier acte a lieu à quelques instants du départ des journalistes. Alors qu’ils devaient se rendre à l’aéroport, l’équipe américaine choisit de s’arrêter au hasard dans un restaurant au bord de la route pour déjeuner. Surprise, l’établissement jusqu’ici désert, est alors envahi par de nombreuses personnes non identifiées, vêtus d’habits traditionnels sahraouis, et brandissant le drapeau marocain. Dans des affiches déjà prêtes, on remarque la photo d’une des journalistes de l’équipe, Amy Goodman, ainsi que l’inscription « Shame on you ! » (honte à vous). Les dizaines de personnes mobilisées pour faire valoir « la marocanité du Sahara » organisent par la suite un sit-in improvisé, entourant les journalistes et les empêchant de quitter les lieux.



Le reportage diffusé fait état d’un manque de distance flagrant des journalistes, avec une voix off versant dans l’imprécision par moment quand il est question d’aborder la version marocaine du conflit, mais l’on retiendra surtout la fébrilité et les arguments insensés du wali doublés de cette opération d’intimidation caractéristique des régimes autoritaires.


Democracy Now ! est une émission américaine d'actualités, d'analyse et d'opinion diffusée en anglais et en espagnol par plus de 700 radios, chaînes de télévision, bouquets de télévisions (satellites et câblés). Elle est de plus accessible sur Internet….

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