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20.03.2020 à 16 H 46 • Mis à jour le 20.03.2020 à 16 H 46
Par La rédaction

De Tunis, des ONG appellent à la libération des leaders du Hirak du Rif (parmi d’autres prisonniers d’opinion arabes)

Des associations tunisiennes appellent à la libération des prisonniers d’opinion arabes et mettent en garde contre le danger de la transformation des prisons arabes en foyers de propagation du coronavirus


Les associations de défense des droits de l’Homme (voir liste en fin d’article) « expriment leur solidarité avec les familles des milliers de prisonnières et prisonniers d’opinion et avec les activistes détenus sans jugement dans des établissements pénitentiaires arabes », est-il mentionné dans leur communiqué diffusé à la presse internationale.


« Ces prisons sont fortement surpeuplées et les normes minimales dans le domaine des soins de santé y font défaut le plus souvent, à un moment crucial, qui requiert beaucoup de vigilance, de prévention et de soins médicaux pour limiter la propagation de la pandémie de coronavirus (Covid-19) dans les pays arabes », ajoute la même source.


Les associations signataires appellent les organisations internationales, parmi lesquelles l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et « les consciences vives dans le monde », à soutenir les revendications de ces familles, « visant à mettre un terme rapidement à l’emprisonnement injuste et préjudiciable, à la santé de leurs filles et de leurs fils et à les prémunir contre cette épidémie mortelle ».


Elles attirent l’attention sur « la détérioration progressive des services publics de santé et l’exode croissant des cadres médicaux, que les sociétés arabes connaissent malheureusement depuis des décennies ».


Elles condamnent également l’arrestation par la police égyptienne, le mercredi 18 mars courant, à proximité du siège du Conseil des ministres égyptien au Caire, de la professeure Leila Soueif, mère de l’activiste égyptien Ala Abdelfattah, en détention préventive depuis six mois, de sa fille Mona Seif, de sa sœur, la romancière Ahdaf Soueif et de la professeure Rabab Al Mahdi.


Ces femmes ont été arrêtées, pour avoir manifesté en brandissant des pancartes,   exigeant la libération des prisonniers détenus dans des établissements pénitentiaires   menacés par l’épidémie de corona.


Laila Soueif a d’ailleurs souligné, dans une lettre adressée le 16 mars au Procureur général égyptien, pour demander la libération des prisonniers d’opinion, dont son fils Ala Abdelfattah, que « la seule façon efficace de réduire le risque de voir les centres de détention se transformer en des lieux de propagation de la pandémie […] est de relâcher autant de prisonniers que possible ».


Le communiqué rappelle qu’au Maroc, Nasser Zafzafi, le leader du Hirak du Rif ayant secoué le Maroc en 2016 et 2017, condamné à 20 ans de prison, à la suite « d’un procès décrit par des organisations arabes et internationales des droits de l’homme comme injuste », et de nombreux détenus avaient entamé une grève de la faim depuis plus de trois semaines, en raison de la détérioration de leurs conditions de détention.


La même source ajoute que le comité de solidarité avec les détenus du Hirak, qui a organisé cette rencontre à Rabat, avait blâmé dans un communiqué de presse « la délégation générale des prisons au Maroc et les autres institutions officielles concernées par la vie et la santé des grévistes de la faim, pour leur comportement, particulièrement en ces circonstances difficiles liées à la propagation du coronavirus ». Le comité a affirmé que ces circonstances imposaient la libération immédiate de tous les prisonniers d’opinion et de tous les détenus politiques au Maroc.


Les associations auteures de ce communiqué craignent que « les gouvernements arabes despotiques ne persistent, dans cette situation grave engendrée par l’épidémie de corona, dans leur ressentiment à l’égard des prisonnières et des prisonniers d’opinion, ne restent sourds aux demandes légitimes exigeant leur libération et ne relâchent uniquement qu’un grand nombre de prisonniers de droit commun, à l’image du gouvernement du Bahrein, qui a libéré le 11 mars courant 1486 prisonniers ».


Le Centre du Golfe pour les droits de l’Homme a d’ailleurs déclaré, ajoute la même source, dans un communiqué publié le 17 mars, que la libération n’avait pas concerné les prisonniers d’opinion et les détenus politiques comme Abdulhadi al-Khawaja, le directeur fondateur du Centre de Bahrein pour les droits de l’homme et l’autre directeur co-fondateur Nabil Rajab.


Le centre précité a également remarqué que les prisons au Bahrein, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes Unis, en Egypte, en Syrie et en Iran étaient surpeuplées et que l’hygiène, l’eau potable et les soins médicaux décents y faisaient la plupart du temps défaut.



Les organisations signataires :
Association des femmes tunisienne pour la recherche sur le développement
Association tunisienne de défense des libertés individuelles
Association tunisienne de défense des valeurs universitaires
Association tunisienne des femmes démocrates
Association Vigilance pour la démocratie et l’Etat civique
Centre de Tunis pour la liberté de la presse
Coalition tunisienne pour l’abolition de la peine de mort
Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie
Fondation Ahmed Tlili pour la culture démocratique
L’association Perspectives el Amel tounsi
Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme
Organisation contre la torture en Tunisie
Réseau Doustourna
Syndicat national des journalistes tunisiens



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