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02.06.2020 à 01 H 36 • Mis à jour le 23.06.2020 à 14 H 27

L’engagement de la jeunesse: une arme contre la crise du Covid-19 (Part-1)

Ibtissam El Mabchour et Badr Moutaz deux artistes, racontent leur success story après le combat qu'ils ont mené suite à leur arrestation en novembre 2018, puis leur mise en liberté pour arriver à une concrétisation de taille celle de créer le Festival urbain Free-Lfen

Au Maroc, 30 % de la population est âgée de 15 et 29 ans. Ce poids démographique des jeunes pourrait représenter un réel atout. Souvent méfiants à l’égard de la politique, ce serait une erreur de conclure que cette génération est moins engagée que les autres : à travers des actes individuels et collectifs, les jeunes font tout leur possible pour combattre le sentiment d’impuissance qui nous entoure tous. Face à cette crise mondiale, les jeunes se mobilisent.


Le monde que nous pensions connaître change, les systèmes de protection sociale collapsent, les médias nous informent d’une crise sans précédent, l’économie mondiale se contracte en un clin d’œil. Partout l’incertitude et les frustrations augmentent face à une pandémie qui semble incontrôlable. Alors, monte un sentiment d’impuissance, comment pouvons-nous être utiles depuis chez nous ?


Face au ralentissement sans précédent de l’économie, les organisations et groupes non gouvernementaux ont lancé un signal d’alarme en raison de la grave situation économique qui impacte les plus vulnérables. Mais les moyens traditionnels pour lever des fonds, sont aussi ralentis ou à l’arrêt. Par conséquent, l’action de la société civile est rendue plus difficile.


En ces temps de crise pour nos libertés collectives et individuelles, l’intervention de forces alternatives de protestation peuvent émerger. L’histoire nous dit que dans un état d’urgence, les mouvements sociaux non seulement restent actifs, mais que l’urgence elle-même peut céder la place à de nouvelles actions et de nouveaux mouvements. Ainsi face à cette situation sans précédent, les jeunes activistes marocains recherchent des réponses créatives à l’urgence pour un monde meilleur.


Ainsi, Badr Moutaz a créé Le Free_Lfen Urban Arts Festival, premier festival d’art de rue au Maroc afin de donner une vraie visibilité au street art et permettre aux artistes de toutes disciplines d’exercer leur art dans l’espace public en toute légalité et légitimité, dans un environnement protégé tout en encourageant la réflexion culturelle et en créant un pont entre artistes et citoyens


La création du festival a fait suite à son arrestation en 2018 pour « pollution sonore » alors qu’il donnait un concert dans la rue et sa libération deux mois plus tard grâce à la grande mobilisation des internautes qui n’ont pas cessé d’exprimer leur solidarité avec l’hashtag #Free_Lfen, « le street art n’est pas un crime ».


« L’état d’urgence limite notre espace physique et interpelle nos esprits. Nos premiers pas ont été d’ajuster les délais et les attentes autour de l’organisation de nos événements et de remplacer les activités de rue prévues par une série d’événements communautaires en ligne » Badr Moutaz, président de l’association d’artistes de rue Free l’Fen à Casablanca.


Par ailleurs, l’émergence de sphères alternatives utilisant l’art pour le débat public aide à mettre en lumière des thèmes de réflexion centraux tels que la violence à l’égard des femmes, la solidarité ou la démocratisation de l’information.


Pour Yousra Badaoui, coordinatrice du collectif « Zanka Bla Violence », « la violence de genre est plus présente dans les foyers aujourd’hui que jamais et le harcèlement c’est déplacé de la rue aux réseaux sociaux, plusieurs personnes ont signalé des violences conjugales et du harcèlement de voisins avec des messages inappropriés ».


Ce collectif artistique « Zanka bla Violence », aborde la question du harcèlement de rue contre les femmes à travers l’art et la culture. Son objectif est de sensibiliser les hommes et les femmes face à cette “réalité”  toujours très présente au Maroc.


Toutes sortes d’expériences comme le théâtre forum ou des social experiment, visent à faire réagir les marocains.es. Chacune de ces expériences est directement liée à la question du harcèlement et de la violence contre les femmes dans les espaces publics. L’objectif est de sensibiliser en posant différents points de vue. Promouvoir les échanges, le partage et la proposition de solutions dans le but de réduire la prévalence de ces violences.


Les nouvelles technologies permettent de soutenir une volonté de liberté, de donner voix aux plus faibles, de porter plainte ou de manifester sur internet, comme c’est le cas pour les pétitions en ligne qui se sont multipliées ces derniers temps, allant de la demande de fin du confinement à la libération des détenus pour violation des mesures de sécurité. Les campagnes médiatiques et les vidéos amateurs entretiennent l’esprit d’innovation et l’esprit critique et veulent influencer eux qui gouvernent et contrôlent nos actions.


Cette crise nous donne la possibilité de mettre en évidence notre responsabilité publique et notre sens civique, débattre sur le changement, la société que nous souhaitons. Par leurs actions, les activistes sociaux nous aident à imaginer des scénarios futurs et nous persuadent qu’à la fin de la crise, nous ne revenons pas à la normale, mais plutôt que nous commençons un nouveau monde.


Par Ever Miranda