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Des collaborateurs d'Uranext sur un site phosphatier d'OCP.
12.03.2026 à 17 H 02 • Mis à jour le 13.03.2026 à 11 H 56 • Temps de lecture : 17 minutes
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n°1182.Nucléaire au Maroc : entre ambition affichée et contraintes structurelles, le chemin reste long

Le discours d’Akhannouch au Sommet de Paris relance le débat. Mais 40 ans de projets avortés, un mix électrique encore dominé par le charbon, des SMR qui n’existent pas à l’échelle commerciale et un potentiel uranifère colossal, mais difficilement exploitable, posent la question : le Maroc peut-il vraiment franchir le pas nucléaire ?

Le 10 mars, à Paris, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a lu, au nom du roi Mohammed VI, un discours aux accents volontaristes devant une quarantaine de dirigeants mondiaux réunis pour le 2e Sommet international sur l’énergie nucléaire. Le message était sans ambiguïté : le Maroc entend « explorer l’énergie nucléaire civile » comme « enjeu de souveraineté ». À cette occasion, le Royaume a signé, parmi 27 pays, une déclaration sur le financement de l’énergie nucléaire, ainsi qu’un second texte, endossé par 33 nations, reconnaissant le nucléaire comme ressource stratégique pour la décarbonation.


Derrière l’éclat de la formule diplomatique, la réalité reste cependant contrastée. Le Maroc ne produit pas le moindre kilowattheure d’électricité d’origine nucléaire. Il ne possède aucun réacteur de puissance. Son unique installation, un réacteur de recherche TRIGA Mark II de 2 MW situé à la forêt de la Maâmora, sert exclusivement à la formation et à la recherche médicale. Et le Royaume traîne un historique de quatre décennies de projets nucléaires avortés, de mémorandums d’entente restés lettre morte et d’études de faisabilité jamais concrétisées.


Quarante ans de projets avortés

L’idée d’un Maroc nucléaire n’est pas neuve. Dès 1983, le site de Sidi Boulbra, sur la côte atlantique entre Safi et Essaouira, est identifié comme apte à accueillir une centrale, avec l’assistance de la société française Sofratome et sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le site fait l’objet d’évaluations pendant plus d’une décennie. L’AIEA valide sa qualification. L’ONE lance même, en 2006-2007, des documents d’invitation à soumissionner pour deux unités de 700 à 1 000 MW. Mais le coût initial – de l’ordre de 4 à 5 milliards de dollars (MM $) pour un seul réacteur de puissance moyenne, soit près de 7 % du PIB de l’époque – et l’étroitesse du réseau électrique national ont eu raison du projet. En 2006, le ministre de l’Énergie Mohammed Boutaleb déclarait publiquement que « le Maroc ne dispose pas de programme nucléaire et n’a pas l’intention de réaliser de centrales  ».


Parallèlement, un projet plus modeste avait été envisagé à Tan-Tan à la fin des années 1990 : un petit réacteur chinois NHR-10 de 10 MW, destiné au dessalement, devant produire 8 000 m³ d’eau potable par jour. Un accord de coopération technique fut signé avec la Chine en septembre 1996 à Rabat. Une étude de faisabilité de dix-huit mois, finalisée en octobre 1998, avait fixé le budget à quelque 37 millions de dollars (M $). Le projet, lui non plus, n’a jamais vu le jour.

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