Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
18.04.2016 à 16 H 13 • Mis à jour le 20.08.2016 à 13 H 37
Par
Sport & Pouvoir

Comité Olympique : la dernière forteresse sportive des militaires

Le général de Corps d’armée Hosni Benslimane en charge de la Gendarmerie royale. AIC PRESS
Alors que les JO 2016 de Rio se clôturent aujourd'hui pour le Maroc, le Comité national olympique marocain dirigé par le général Hosni Benslimane depuis 1993, n’a tenu aucune assemblée générale ces dix dernières années, compte parmi ses membres des personnes décédées et son siège n’a toujours pas été inauguré par le roi. Retour sur l’une des dernières institutions dirigées par un général.

A la tête du comité olympique depuis 1993, le tout puissant général Hosni Benslimane était donné partant après les JO de Londres 2012. Mais pour ce faire, il fallait tenir une assemblée générale, conformément aux injonctions du Comité International Olympique (CIO), mais qui se fait attendre depuis 2005. Selon l’article 9 des statuts du CNOM, l’Assemblée Générale se réunit en session ordinaire au moins une fois par an pour délibérer sur les questions de l’ordre du jour. Les sessions extraordinaires sont tenues quant à elles à l’invitation du président du CNOM, ou à la demande écrite des deux tiers de ses membres à voix délibératives. Une procédure qui n’a jamais été activée. Ces mêmes statuts prévoient dans l’article 11 que le mandat du comité exécutif composé de 9 membres est fixé à quatre ans. Or, les membres de l’actuel CNOM sont en poste depuis plus de 10 ans pour certains.


Mieux, sur le portail du CNOM, on découvre  parmi les membres dirigeants, un vice-président qui est décédé en mars 2014. Il s’agit de feu Mohamed Mjid, l’ex-président de la fédération royale de Tennis. Un autre vice-président qui ne figure plus dans l’organigramme du CNOM, il s’agit de Mustapha Zekri, ancien président de la Fédération royale marocaine de gymnastique (FRMG). Quant aux membres du comité exécutif, si Nawal Moutawakil conserve sa place de part sa qualité de membre du CIO, deux membres ne figurent également plus dans le comité exécutif. Il s’agit de l’ancien athlète Hicham El Guerrouj et de Rachid Fahmane, l’ancien vice-président de la Fédération Royale Marocaine des sports équestres.

En attendant le roi

Construit sur une superficie de 7 600 m2 dont 3160 mcouverts, le siège du (CNOM) situé au cœur du Complexe Sportif Moulay Abdellah est encore inoccupé. Selon certaines estimations, le coût global de sa construction et de son équipement avoisinerait les 48 millions de dirhams. « Le premier siège situé dans le quartier Agdal a été pensé pour accueillir le CNOM ainsi que le siège des différentes fédérations. Par la suite, le comité a voulu s’émanciper du ministère de la Jeunesse et des sports. Pour le moment il continue à accueillir les travaux préparatoires des JO », souligne Aziz Daouda, l’ancien directeur technique de la fédération royale marocaine d’athlétisme. Pour devenir opérationnel, le nouveau siège attend d’être inauguré par le roi et aucune date n’a encore été annoncée pour cette cérémonie. Pourtant, lors de la visite du président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach au Maroc en mars dernier, le général Hosni Benslimane, accompagné  des membres du CNOM, lui ont  fait visiter ces locaux flambant neufs. Une des rares fois où le général a fait une apparition publique. « Dans l’état actuel du sport marocain, l’occupation du nouveau siège est une question sans grande importance. Le travail continue dans les anciens locaux du CNOM et ce n’est pas un déménagement qui va  faire avancer le sport marocain ou va nous faire gagner des médailles » tranche Aziz Daouda.

L’indéboulonnable général

A la tête  du CNOM depuis 23 ans, la succession du général Hosni Benslimane ne semble pas d’actualité. Après l’édition de Londres en 2012, les spéculations sur son départ allaient bon train et les noms de plusieurs candidats étaient chuchotés dans les coulisses. Parmi eux, le vice-président, Kamal Lahlou, le président de la Fédération royale marocaine d’athlétisme, Abdeslam Ahizoune, ainsi que Taoufik Ibrahimi, l’ancien président de la fédération royale marocaine de natation, qui a coulé avec l’affaire Comanav-Tanger Med. Depuis, la succession du général est remise aux calendes grecques. En plus de sa longévité au poste, son bilan à la tête du CNOM a été marqué par une grave régression des performances du sport marocain depuis les JO d’Athènes en 2004. «  Entre les J0 de 1984 et ceux d’Athènes en 2004, le  Maroc a brillé principalement grâce à l’athlétisme et la boxe et a figuré dans les 40 nations de sport, avec une moyenne de trois à quatre médailles par édition. Depuis, le sport national a régressé à cause de plusieurs facteurs et le CNOM a été montré du doigt comme responsable de cette débâcle. Ce qui est un non sens » analyse Aziz Daouda, qui poursuit : « le CNOM ne fait que superviser et préparer la participation de sportifs qui sont le fruit du travail des différentes fédérations. Il ne va pas préparer les sportifs à leur place ».


Mais qu’est-ce qui explique la longévité du général à ce poste ? Selon plusieurs sources, Hosni Benslimane servirait de stabilisateur contre les dysfonctionnements que connaissent les différentes fédérations. « En plus de l’amateurisme de plusieurs fédérations, ces instances sportives ont connu plusieurs déconfitures et des guerres de succession au point de pousser les fédérations internationales à demander l’annulation de l’élection des bureaux de certaines fédérations comme ce fut le cas du basket, du football ou du volleyball. Pour maîtriser ces dysfonctionnement, le savoir-faire et le charisme de Hosni Benslimane est utile pour mettre de l’ordre en aval dans les différentes fédérations » analyse un journaliste sportif. Aziz Daouda minimise, quant à lui la question de la succession du général : « ce n’est pas une question de personnes mais de projet sportif. Il faut savoir ce qu’on attend d’un comité olympique et ce qu’on demande à une fédération ». Autant dire que le général jouit dans le milieu sportif d’une sentiment paternaliste d’un autre temps.