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20.07.2016 à 23 H 24 • Mis à jour le 20.07.2016 à 23 H 27
Par
Social

Avec la réforme des retraites, Benkirane tient sa principale promesse électorale

Le Chef du gouvernement, Abdelillah Benkirane a gagné le pari de mener à terme l’adoption de la loi sur la réforme des retraites, longtemps décriée par les syndicats qui n’ont eu de cesse de mobiliser la rue pour la faire capoter. AIC PRESS
Le Parlement a adopté ce mercredi la réforme des retraites, marquant ainsi la conclusion d’un débat épique au sein de la classe politique, les syndicats et la société civile. Le texte législatif constitue un jalon essentiel, selon le gouvernement, dans sa volonté de pousser plus loin la mise à plat d’un système devenu obsolète et surtout intenable.

Abdelilah Benkirane aura tenu bon jusqu’au bout de l’épreuve. Sa majorité a fait passer aujourd’hui la très chahutée loi sur sur les retraites par 70 voix pour, 35 contre et aucune abstention. Malgré la très forte impopularité de ces dispositions, le Chef du gouvernement peut se targuer d’avoir réussi là où ses prédécesseurs n’avaient pas osé s’engager.


La commission des finances et du développement économique l’avait validée précédemment par 16 avis favorables contre 9, entérinant se faisant les autres réformes connexes engagées par le gouvernement, en particulier l’élargissement des systèmes de protection sociale aux non-salariés.


Une réforme “audacieuse”  pour la majorité

Alors que la majorité s’était félicitée de « l’audace de l’initiative gouvernementale de réformer le système de retraite  », saluant en particulier la logique graduelle qui a été adoptée par le gouvernement dans la mise en place des mesures paramétriques et l’ouverture de l’exécutif sur les recommandations des institutions constitutionnelles, principalement celles émises par la Cour des comptes et le Conseil économique, social et environnemental à cet égard, l’Istiqlal a regretté que la dizaine d’amendements qu’il a proposés, dont notamment un départ à la retraite à 63 ans optionnel, ont été retoqués.


Les ultimes débats avant le vote final s’étaient focalisés sur l’accompagnement de cette réforme pour atténuer son poids sur les fonctionnaires, comme la réduction de la charge fiscale, la revalorisation des rémunérations, la révision de la promotion et des primes dans la fonction publique, l’amélioration des services destinés aux retraités, le respect des spécificités de certaines professions difficiles lors de la mise en retraite, l’adoption de solutions créatives en matière d’investissement des capitaux de ces caisses.


“Un chantier urgent et décisif” 

Le ministre délégué chargé de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Mohamed Moubdii, avait souligné que le gouvernement considère la réforme du système des pensions civiles comme « un chantier urgent et décisif afin de sauver ce système de la faillite et garantir les droits de ses adhérents, en soulignant que le facteur démographique représenté par la grande baisse observée dans le taux représentant l’équilibre entre le nombre des cotisants et celui des retraités »


Ce taux est en effet passé de 12 cotisants pour chaque retraité au début des années 1990 à 3 cotisants pour chaque retraité actuellement, l’augmentation de l’espérance de vie et la composition de la caisse constituent quelques-unes des causes fondamentales de la crise de la Caisse marocaine des retraites (CMR).


Le ministre avait indiqué que la CMR avait commencé à épuiser ses réserves techniques depuis 2014, soulignant que cet épuisement connait « une accélération drastique qui menace de conduire à la faillite de la caisse en 2022 en cas d’échec de prise de mesures pour la sauver », argument sans cesse répété par Abdelilah Benkirane pour faire passer en force cette réforme conspuée autant par son opposition que par la rue.


Une première étape avant une réforme globale

La loi adoptée aujourd’hui constitue seulement une première étape à l’horizon de l’établissement d’une réforme globale qui assure les conditions de la pérennité de ces caisses, et d’améliorer le niveau des pensions au profit des catégories vulnérables parmi les affiliés des systèmes de pensions civiles et militaires et le Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR), promet le gouvernement qui espère en déployer les dispositions autour d’un système bipolaire (public/privé) s’il se maintient au pouvoir après le scrutin législatif d’octobre.


Pour sa part, le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des finances chargé du budget, Driss El Azami El Idrissi, avait précédemment exposé les plus importantes dispositions apportées par les deux projets suite à leur approbation par la Chambre des conseillers.


Une retraite progressive à 63 ans

Aussi, le texte adopté prévoit une augmentation progressive sur trois ans de l’âge de mise à la retraite à 63 ans à raison de 6 mois supplémentaires par an, la contribution de l’État et des cotisants de quatre points chacun sur quatre ans, l’adoption du salaire annuel moyen des huit dernières années de travail en tant que base de calcul des pensions progressivement sur une durée de 4 ans à partir de 2017, la révision du taux annuel de calcul des pensions de 2,5 % à 2 % en ce qui concerne les droits qui seront acquis à partir du 1er janvier 2017 tout en maintenant un ratio de 2,5 % pour les droits acquis avant cette date, et l’augmentation progressive du montant minimal de la pension de 1 000 dirhams par mois actuellement à 1 500 dirhams.


Par ailleurs, il est prévu d’augmenter le montant du seuil minimal de la pension pour les retraités militaires et les retraités du régime collectif de 1 000 dirhams à 1 500 dirhams par mois, selon la même approche progressive et à l’instar de ce qui a été proposé pour le régime des pensions civiles.