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08.08.2016 à 19 H 17 • Mis à jour le 20.08.2016 à 13 H 42
Par
Chambre des Conseillers

Un rapport parlementaire pointe les limites du Plan Maroc vert et du Plan d’accélération industrielle

Hakim Benchamach, président de la Chambre de Conseillers. AIC PRESS
Pour la deuxième année consécutive, une commission parlementaire a élaboré un document axé sur l’évaluation des politiques publiques. En voici les aspects critiques pour le PMV et le PAI.

La Chambre des conseillers, sous la présidence de Hakim Benchamach (PAM), organisait vendredi sa dernière session de l’année législative 2015-2016. L’occasion de donner lecture du rapport dédiée à l’examen et à l’évaluation des politiques publiques autour du thème de la « création de la richesse ».


Un document préparé, pour la deuxième année consécutive, par une commission parlementaire constituée de conseillers représentants tous les groupes et présidée par Abdelkrim Mehdi, élu CGEM, s’est focalisée sur cinq politiques publiques, notamment le Plan Maroc Vert ou encore le plan d’accélération industrielle, pris en exemples ici, en se basant sur un ensemble de rapports réalisés par des institutions publiques. L’objectif, étant d’apprécier l’état d’avancement de chacune de ces politiques sectorielles.


Agriculture : faible mécanisation, peu de crédit

Le rapport explique, concernant le Plan Maroc Vert, que les agriculteurs utilisent moins d’engrais en comparaison à d’autres pays du pourtour méditerranéen. En France par exemple, l’utilisation est quatre fois plus importante que celle du Maroc. Idem pour le taux de mécanisation, qui serait au Maroc, 11 fois plus faible qu’en Espagne. Deux facteurs importants qui font que l’agriculture nationale, quel que soit l’effort consenti en terme d’incitation, ne peut être compétitive face à ses concurrentes, estiment les rédacteurs du rapport.


Région de Rabat-Salé-Kénitra : Coup d'envoi de la campagne agricole 2015/2016 par Aziz Akhannouch, ministre de l'agriculture. MAP


La commission parlementaire a fait aussi ressortir la faible contribution des banques marocaines pour le financement des projets agricoles : Seuls 18 % des agriculteurs ont pu bénéficier d’un prêt depuis le lancement du PMV. Un chiffre bien faible qui, automatiquement, impacte le nombre d’unités agro-industrielles opérationnelles. Elles ne représentent que 24 % du tissu industriel. L’autre contrainte à laquelle fait face le PMV, est le morcellement excessif des propriétés agricoles. Plus de 70 % des domaines ne dépassent pas les 2 hectares, ce qui, en toute logique, empêche la levée des fonds pour investir. Les subventions étatiques, de leur côté, sont faibles et ne représentent que 8 % des revenus des agriculteurs, alors qu’elles atteignent souvent 70 % dans d’autres pays, pointe le rapport. C’est d’ailleurs, ce qui pousse ses rédacteurs à conclure que la gestion du secteur demeure encore artisanale.


Industrie : pas de financements, foncier inaccessible, RH inadaptées

Pour le Plan d’accélération industrielle lancé en 2014 par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, les conseillers ont énuméré quelques faiblesses. La première remarque indique que la majorité des industries demeurent sous-financées et souffrent d’un manque de créativité en plus d’une concurrence toujours accrue du secteur informel. Aussi, la contribution du secteur dans les exportations du Maroc demeure limitée, estime le rapport. Sans compter la problématique du foncier censé accueillir les investissements.


Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie présentant son plan d'accélération industrielle 2014-20. AIC PRESS


Le rapport confirme la sous-exploitation des différentes plateformes disponibles un peu partout au Maroc, à l’instar de celles aménagées par MedZ, filiale de la CDG. Par ailleurs, les moyens mis en place pour soutenir la TPME n’ont pour le moment pas donné de résultats tangibles, selon le rapport. Les ressources humaines sont elles aussi pointées du doigt car toujours sous- qualifiées et ne répondant pas aux réels besoins du marché du travail.