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09.08.2016 à 19 H 28 • Mis à jour le 09.08.2016 à 19 H 28
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Fait divers

Immolation de Khadija : Les neufs prévenus pour des motifs différents

Image d’illustration Flickr.
Viol, harcèlement, chantage, relations sexuelles illégitimes et une immolation. Le parquet s’est autosaisi de l’affaire dite de Khadija. La première audience aura lieu dans deux jours.

Le 11 août va s’ouvrir au tribunal de Benguérir, région de Marrakech-Safi, une première audience après l’immolation fin juillet de Khadija, cette jeune fille de 17 ans qui se serait suicidée, à cause du chantage de ses violeurs. Sa famille n’a pas porté plainte, c’est le parquet qui s’est auto-saisi. Ce dernier a en effet décidé d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre de neuf personnes.


« Ce sont les 8 agresseurs qui l’ont violée en 2015 et ont ensuite tenté de la faire chanter. Ils comparaissent pour harcèlement, détaille Me El Ghazouani, l’avocat de la famille de Khadija et de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qui ajoute que « la dernière personne convoquée est un électricien trentenaire avec lequel Khadija entretenait des relations sexuelles illégitimes. »


L’avocat estime que « même si un jugement a été rendu après la plainte déposée par Khadija pour viol, l’AMDH demande au parquet de rouvrir ce dossier  ». D’après ses informations, deux des huit personnes poursuivies, ont écopé de huit mois de prison, tandis que les autres, ont été remises en liberté. A leur sortie, « Khadija recevait tous les jours des coups de fils, assure Me El Ghazouani. Ils voulaient la faire chanter : soit tu paies, soit on diffuse sur Internet la vidéo du viol qu’on a filmé, menaçaient-ils ». La jeune femme serait alors tombée en grave dépression selon sa famille et ses proches.


Une adolescente au parcours brisé

 « Khadija vivait très mal ce chantage. Elle avait tenté deux ou trois fois de suicider en voulant se jeter sous un train, indique-t-il. A chaque fois, un cheminot qui surveillait les rails avait réussi à la sauver. » La jeune femme était-elle enceinte lorsqu’elle s’est immolée, comme l’affirment certains médias ? « Je n’ai pas encore les éléments pour l’affirmer, répond-il. Ce que je peux vous dire, c’est que Khadija avait déjà eu un bébé avant, mais il est mort… Elle ne savait pas très bien s’en occuper… » L’avocat décrit brièvement sa vie : « Elle a déjà été violée à 13 ans. Les gens ont très vite commencé à parler sur elle dans la commune de Skhour Errahmna où sa famille habitait. Lorsque son père est décédé, elle avait décidé de quitter le foyer familial, loin d’ici. Elle s’est installée alors à Benguérir, où elle pu vivre d’expédients. Ce sont les quelques informations que j’ai d’elle pour le moment. Il semblerait qu’elle craignait de rentrer voir sa famille. »