Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
09.08.2016 à 19 H 57 • Mis à jour le 20.08.2016 à 13 H 41
Par
Forex- Bank Al Maghrib

L’idée de la convertibilité du dirham fait doucement son chemin

Pour Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib, le Maroc n’est pas encore préparé à une telle transition, insistant sur une transformation en douceur. DAVID RODRIGUES / LE DESK
La convertibilité du dirham commence à prendre forme et l’idée semble murir auprès de la Banque centrale. La transition se fera progressivement profitant de la bonne forme des réserves en devises du pays.

Il y a plus d’un an Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM), annonçait la volonté du Maroc de passer d’un régime de change fixe vers un régime flexible. Autrement dit, le dirham marocain deviendrait, à terme, convertible, le marché déterminant sa valeur externe, sous le mécanisme de l’offre et de la demande. L’Agence Reuters confirme que le Maroc a exprimé son souhait d’élargir les ranges de fluctuations du dirham d’environ 5 % à partir de 2017, par rapport à l’euro et au dollar, qui constituent le panier marocain de devises ( 60 % et 40 % respectivement). Mais ça ce n’est pas pour demain. « Nous n’en sommes pas encore là. Nous n’allons pas passer totalement à ce régime pour le moment. Cela nécessite une période transitoire que nous devront respecter », temporisait le Jouahri, lors d’une de ses sorties médiatiques, à l’occasion du conseil trimestriel de la BAM.


Un taux de fluctuation de 2 à 2,5 %

Pour le moment, les équipes de la banque centrale se contenteront d’un taux plus faible avoisinant les 2,5 % pour chaque devise, selon des sources citées par Reuters. Une autre source explique que la part fluctuante du dirham pourrait être de seulement 2 %, afin de ne pas brusquer le marché, et éviter de mauvaises surprises. Une crainte que le gouverneur de la banque centrale avait formulé à plusieurs reprises. Pour lui, le pays n’est pas encore préparé à une telle transition, insistant sur une transformation en douceur. « Il ne suffit pas de préparer le ministère des finances, la banque centrale et les banques commerciales, le gros du travail se fera avec, et auprès des opérateurs économiques », prévenait Jouahri.


Les entreprises sont en effet les premières concernées. Beaucoup de leurs transactions et de leurs opérations seront affectées par la nouvelle méthode de cotation de la monnaie locale. D’autant plus qu’il va falloir s’habituer aux changements fréquents du taux directeur. « Les entreprises doivent elles-mêmes intégrer, dans leurs business plans ce que va changer une cotation du dirham fluctuante », prévenait le gouverneur. Comprenez donc que le pays n’ira pas à cette flexibilité, si les opérateurs économiques ne sont pas suffisamment prêts.


C’est, d’ailleurs, l’une des raisons de la visite récente d’une délégation du FMI afin d’accompagner les équipes de BAM dans ce travail. Selon Reuters, la banque centrale serait sur le pont pour préparer circulaires, textes de loi, et réformes nécessaires pour ce passage. Le Maroc voudrait aussi profiter, probablement, de la santé satisfaisante de ses finances publiques qui se sont améliorés depuis peu avec la baisse des cours de pétrole notamment. En même temps, les réserves en devises du pays ne se sont jamais mieux portées. Elles affichent à fin juin dernier, 243, 64 milliards de dirhams, soit plus de 7 mois de besoins en importation. Jouahri prédit même d’atteindre plus de huit mois, d’ici fin 2017, si l’on continue sur le même rythme. Si tout se passe comme prévu, il y aurait des chances que la monnaie locale ne soit plus pondérée aux deux devises phares d’ici quelques années, explique une source au sein de Bank Al-Maghrib