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06.09.2016 à 19 H 08 • Mis à jour le 07.09.2016 à 02 H 09
Par
Lutte sociale

Imider fête la libération de ses trois prisonniers après 30 mois de détention

Après 30 mois d’emprisonnement, trois activistes détenus dans le sillage des sit-in quotidiens organisés dans le village d’Imider, ont été libérés hier. La population leur a réservé un accueil triomphal. Une façon de montrer que leur lutte va continuer

Il s’agit d’Omar Moujane, de Abdessamad Madri et de Brahim El Hamdaoui, tous membres du mouvement « Sur la Voie de la 96 » ou « Road96 », en référence à 1996. En cette année, les villageois d’Imider lancent la première manifestation contre l’administration de la mine d’argent locale exploitée par la Société Métallurgique d’Imiter (SMI), une filiale de la compagnie royale Managem.



Pour rappel, les trois activistes libérés ont été condamnés en 2014 à une peine de deux ans et demi pour constitution de « bande organisée » et « vol de l’argent », le minerai extrait dans la mine locale. « C’est une accusation fabriquée de toute pièce pour faire taire la contestation. Les trois jeunes ont été appréhendés pendant qu’ils se dirigeaient vers le lieu où nous avons l’habitude d’organiser nos sit-in. Leur détention est purement politique  » explique Moha, un membre du mouvement « Road96 ».


Un conflit qui perdure depuis 2011

Pour accueillir les trois détenus libérés, les activistes du « Road96 » ont invité les habitants d’Imider pour leur rendre un vibrant hommage. Par la suite, les activistes ont regagné leur campement situé sur les hauteurs du mont Alebban, surplombant le village d’Imider à 1 400 mètres d’altitude.



Ce mont est devenu emblématique en 2004, quand la SMI y a construit un château d’eau pour alimenter la mine. Cet ouvrage va déclencher la colère des villages qui forment la bourgade d’Imider. Leurs habitants accusent la SMI de provoquer une pénurie d’eau. Ils décident d’investir le mont Alebban et coupent les tuyaux qui fournissent la mine en eau, déclenchant un bras de fer avec la SMI qui date de cette époque.




Alors que le mouvement « Road 96 » est entré dans sa cinquième année de protestation, le mouvement ne montre pas de signes d’essoufflement. « Nous avons invité les villageois à venir fêter l’Aïd-el-Kébir dans le campement d’Alebban pour monter que la lutte va continuer jusqu’au bout », déclare fièrement Moha.