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27.09.2016 à 19 H 52 • Mis à jour le 27.09.2016 à 19 H 52
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Industrie

Avec Boeing, Mohammed VI veut concrétiser l’ambition du Maroc dans l’aéronautique

Mohammed VI a présidé, mardi 27 septembre au Palais Royal à Tanger, la cérémonie de signature d’un protocole d’accord pour la création d’un écosystème industriel de Boeing au Maroc, un projet structurant qui permettra à l’industrie aéronautique marocaine d’améliorer son positionnement de façon significative sur l’échiquier mondial. MAP
Le leader mondial de l’aéronautique en partenariat avec le pays mettra en place un projet avec pour ambition de structurer un écosystème formé de fournisseurs et d’organiser une plateforme de sourcing basée au Maroc

Le palais de Tanger a accueilli aujourd’hui la cérémonie de signature d’un protocole d’accord pour la création d’un écosystème industriel de Boeing au Maroc, sous la présidence du roi Mohammed VI, et en présence du Président de Boeing Commercial Airplanes, Raymond L. Conner et du ministre de l’industrie Moulay Hafid Elalamy. Le leader mondial de l’aéronautique en partenariat avec le pays mettra en place un projet avec pour ambition de structurer un écosystème formé de fournisseurs et d’organiser une plateforme de sourcing basée au Maroc. Il est attendu que ce projet génère un chiffre d’affaires annuel supplémentaire à l’export d’un milliard de dollars avec un potentiel d’implantation de 120 fournisseurs. L’ambition des signataires est aussi de créer 8 700 nouveaux emplois spécialisés qui seront issus des programmes de formation dédiés spécialement conçus par Boeing.

 

Boeing salue les opportunités offertes par le Maroc

« Après avoir choisi le Maroc à travers son association avec RAM et Safran en 2001, pour créer l’usine MATIS, Boeing opte de nouveau pour le Royaume, et franchit une nouvelle étape, dix fois plus importante, en construisant son écosystème », a-t-il dit.Et de poursuivre que l’écosystème industriel Boeing s’articulera autour de deux axes majeurs, à savoir la production, avec d’une part, l’implantation de fournisseurs de rang 1 et 2, et d’autre part, le renforcement des usines existantes, par l’augmentation de leurs carnets de commandes, mais aussi la formation, à travers notamment la mise en place de programmes de formation spécialement conçus par Boeing.


Le président de Boeing Commercial Airplanes, Raymond L. Conner a, pour sa part, salué « la vision de SM le Roi qui a permis au Maroc de s’ériger en une importante plateforme de la chaîne d’approvisionnement aéronautique mondiale ».« A travers notre entreprise commune à Casablanca, nous avons pu déjà constater de nos propres yeux les opportunités uniques offertes par le Maroc aux sous-traitants de l’aéronautique pour réduire leurs coûts tout en produisant des produits aéronautiques de grande qualité », a-t-il ajouté, notant que Boeing et le Maroc ont développé un programme incitatif pour amener de nouveaux fournisseurs de Boeing à s’établir au Maroc. « De plus, nous allons aussi coopérer étroitement afin de former la main d’œuvre future du pays », a-t-il affirmé.


Un Plan d’accélération industrielle déjà caduque

Avec cet accord, le plan d’accélération industrielle, qui est un partenariat innovant entre l’Etat et les industriels, devient « caduque » et « il faut le revoir », estime pour sa part Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du Groupement des Industries Marocaines Aéronautiques et Spatiales (GIMAS), précisant que cet accord « nous oblige à actualiser, à réfléchir de nouveau entre les industriels et l’Etat pour tenir compte du nombre important des sous-traitants de premier ordre qui vont être tirés par Boeing, des PME qui vont venir comme conséquence de l’implication de ces industriels ». « C’est l’occasion pour rendre notre plan d’accélération plus inclusif, c’est-à-dire attirer dans l’aéronautique les jeunes porteurs de projets, porteurs de diplômes, attirer dans l’aéronautique le secteur de la métallurgie actuelle et le capital marocain », relève-t-il.


Le secteur aéronautique, jadis quasi-inexistant dans le royaume connait un développement singulier. Etabli principalement autour de Casablanca (parmi les 97 hectares du foncier réservé aux écosystèmes du secteur aéronautique, 63 ha se trouvent à Nouaceur), le secteur aéronautique marocain est fort de la présence de plusieurs opérateurs parmi les plus importants au monde, comme Bombardier, EADS, Boeing, Safran, Lisi Aerospace, Le Piston Français, Daher, Souriau, Ratier Figeac, Eaton, Alcoa et Aerolia.


Le développement de filières diversifiées de l’industrie aéronautique (câblage, mécanique, chaudronnerie, composite, assemblage mécanique) positionne le Maroc comme une destination privilégiée de la sous-traitance aéronautique et confirme la capacité du pays à attirer les leaders de ce domaine. Cette industrie génère aujourd’hui plus de 11 000 emplois et un milliard de dollars de chiffre d’affaires.


Le secteur aéronautique a été multiplié par 6 en 10 ans et compte aujourd’hui 121 acteurs, plaçant ainsi le Maroc au 15è rang en termes d’investissements aéronautiques, ce qui lui a permis d’intégrer le cercle très fermé des pays opérant dans ce secteur.


Porté depuis avril 2014, par le Plan d’accélération industrielle (PAI) 2014-2020, puis soutenu en juillet 2015, par la signature de contrats de performance par le ministère de l’Industrie et les professionnels, il compte accompagner le déploiement de quatre écosystèmes structurés dans les filières de l’assemblage, du système électrique-câblage et harnais (EWIS), de l’entretien-réparation, révision (MRO) et de l’ingénierie.


23 000 emplois créés d’ici 2020

Ces quatre écosystèmes devraient permettre, d’ici 2020, « de créer 23 000 nouveaux emplois, soit le triple de l’effectif actuel, de doubler le chiffre d’affaires à l’export pour le porter à 16 milliards de dirhams, d’atteindre un taux d’intégration local de 35 % et d’attirer plus de 100 nouveaux acteurs », selon les projections gouvernementales. L’objectif étant de favoriser l’émergence de nouveaux métiers, à forte valeur ajoutée et à fort contenu technologique. A cet effet, un dispositif d’accompagnement est mis en place au profit des entreprises des écosystèmes aéronautiques, outre un soutien financier taillé aux besoins du secteur. Celui-ci couvre les subventions aux locomotives, les primes aux premiers investissements dans les métiers pionniers définis par écosystème, ainsi que l’appui aux investissements de création et aux investissements d’extension.


De même, ce soutien se traduit par une offre de formation destinée à qualifier des profils cibles avec l’octroi d’aides directes pouvant atteindre 6 000 euros par personne, et par une offre de foncier locatif à des prix attractifs.« C’est un secteur porteur avec un business secteur florissant », s’est félicité le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy. « On ne peut pas se permettre, en tant que pays en forte volonté d’industrialisation comme le Maroc, d‘être absent dans ce secteur », a-t-il souligné dans une déclaration relayée par la MAP. Andaloussi le rejoint : « Ce que le Maroc a le plus à donner c’est d’abord des compétences de qualité, qui permettent d’installer des centres d’excellence et aussi cette proximité par rapport aux bases importantes européennes ».