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15.11.2016 à 16 H 54 • Mis à jour le 15.11.2016 à 17 H 03
Par
Tax Heaven

L’économiste et Prix Nobel Joseph Stiglitz veut mettre les paradis fiscaux en «quarantaine»

Ce rapport fait suite à la participation de Stiglitz (photo) et Pieth à un comité d’experts indépendants créé en avril par les autorités panaméennes après le scandale des “Panama Papers”, dont ils ont finalement démissionné en août en raison de “divergences de vues” sur leur travail, qu’ils souhaitaient rendre public. CHARLIE FORGHAM BAILEY / COLUMBIA UNIVERSITY
Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et l’expert anti-corruption suisse Mark Pieth exposent leurs recommandations sur les paradis fiscaux et le monde de l’offshore, dans un rapport intitulé « vaincre l’économie de l’ombre ».

Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et l’expert anti-corruption suisse Mark Pieth avaient durant l’été claqué la porte du comité de spécialistes mis sur pied par le Panama après les révélations des Panama Papers d’avril, en dénonçant des vélléités de censure du président du pays, Juan Carlos Varela. Ils publient, mardi 15 novembre, le fruit de leurs réflexions poursuivies en solo sur les paradis fiscaux et le monde de l’offshore, dans un rapport intitulé « vaincre l’économie de l’ombre ».


Joseph Stiglitz et Mark Pieth en compagnie du président panaméen Juan Carlos Varela. RODRIGO ARANGUA / AFP


« Les régulateurs américain et européen devraient traiter les paradis fiscaux comme les porteurs d’une dangereuse maladie. Sans contrôle, ça peut se propager comme un virulent virus ». La comparaison est signée Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001. Dans le rapport publié rédigé avec l’expert anti-corruption Mark Pieth, l’économiste américain expose ses idées destinées à combattre « l’économie souterraine (…) Nous savons quoi faire avec les dangereuses maladies contagieuses : quarantaine », assènent-ils.



Selon les deux auteurs, l’Europe et les Etats-Unis, « en tant que leaders économiques », doivent prendre la tête de la lutte contre les paradis fiscaux, qu’ils définissent comme des « juridictions qui sapent les normes mondiales en matière de transparence financière et des entreprises ». « Il y a un point de vue largement partagé, selon lequel ces paradis existent uniquement parce que les Etats-Unis et l’Europe regardent ailleurs », estiment Joseph Stiglitz et Mark Pieth



Or, « si les paradis fiscaux servent de centres pour (… ) l’évasion fiscale ou facilitent de quelque manière que ce soit la corruption ou les activités illicites, ils agissent comme des parasites et devraient être isolés de la communauté financière mondiale », poursuivent-ils dans ce rapport, qui fait suite à leur participation à un comité d’experts indépendants créé en avril par les autorités panaméennes après le scandale des Panama Papers, dont ils ont finalement démissionné en août en raison de “divergences de vues”  sur leur travail, qu’ils souhaitaient rendre public.


Retrouvez tous nos articles sur les Panama Papers


La question des cabinets d’avocats

Selon eux, la détention d’un compte par un particulier dans un paradis fiscal pourrait facilement être interdite, tout comme le fait d’être actionnaire, directeur ou administrateur d’une entité localisée dans une de ces « juridictions non-coopératives ». De même, l’établissement par une banque de relations avec ces pays pourrait être rendue « illégale ».


Parmi leurs autres constats et propositions, la nécessité de s’attaquer, non pas seulement aux banques, mais aussi aux intermédiaires comme « les cabinets d’avocats » qui jouent « un rôle pivot » dans l’opacité des montages financiers. Ils invitent également à renforcer la protection des lanceurs d’alerte, à lutter contre les arrangements fiscaux, ainsi qu’à identifier les véritables bénéficiaires des entreprises et des comptes offshore.