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18.11.2016 à 23 H 58 • Mis à jour le 19.11.2016 à 14 H 01
Par
Tournée royale

L’arrivée de Mohammed VI en Éthiopie passée sous silence, signe d’un couac diplomatique ?

Le forum d’affaires à Addis-Abeba s’est tenu le 18 novembre 2016 après l’arrivée du roi Mohammed VI en Ethiopie. MINISTERE ETHIOPIEN DES AFFAIRES ETRANGERES.
Le Roi a quitté Marrakech jeudi après-midi pour Addis-Abeba. Son arrivée dans la capitale éthiopienne n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle, ni au Maroc ni en Ethiopie. Cette visite doit permettre au royaume de développer ses relations avec la puissance est-africaine, avant son retour programmé au sein de l’UA.

Mohammed VI a quitté Marrakech jeudi en direction de l’Ethiopie, selon un communiqué de la MAP, pour une visite officielle prévue en octobre mais qui avait finalement été reportée après la tenue de la COP22. Selon les données du site de tracking Flightradar24, les avions du Roi et de sa suite ont bien atterri jeudi soir et vendredi matin à Addis-Abeba en provenance de la cité ocre mais aucune cérémonie protocolaire ne semble avoir été organisée pour son arrivée. Les médias marocains et éthiopiens, notamment les agences officielles, n’ont jusqu’à présent pas communiqué sur sa présence dans le pays, qui a néanmoins été confirmée sur Twitter par un fonctionnaire du ministère éthiopien des Affaires étrangères.


Mise à jour du 19 /11/2016 à 10h19  : Ethiopie : une photo au Rwanda pour illustrer une dépêche officielle sur la visite royale



La visite royale dans la capitale éthiopienne revêt une importance particulière pour le Maroc. Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, l’Ethiopie est une des principales puissances de la région et abrite le siège de l’Union africaine, où se tiendra en janvier prochain le sommet des chefs d’Etat devant acter l’adhésion du royaume à l’organisation continentale. Addis-Abeba reconnait encore la RASD mais souhaite développer ses relations avec le Maroc et a ouvert l’année dernière une ambassade à Rabat.


Un forum d’affaires bilatéral s’est d’ailleurs tenu ce vendredi dans une salle de l’hôtel Hilton à Addis-Abeba, en présence du ministre éthiopien des Affaires étrangères Regassa Kefale et de la patronne de la CGEM, Miriem Bensalah-Chaqroun, qui a mené une délégation d’une quarantaine d’hommes d’affaires et responsables marocains, dont le directeur de l’agence MASEN Mustapha Bakkoury, le patron de BMCE Bank of Africa Othman Benjelloun, le directeur de la BCP Mohamed Benchaâboun et du Crédit Agricole du Maroc Tariq Sijilmassi, ainsi que le PDG du groupe Holmarcom Hassan Bensalah et la directrice de l’ONHYM Amina Benkhadra. Des exposés sur les potentialités des deux pays ont été présentés à cette occasion. « Il s’agit d’un premier pas vers des relations plus fructueuses », a déclaré Miriem Bensalah-Chaqroun à la MAP.


Tenue du forum d'affaires Maroc-Ethiopie à Addis-Abeba le 18 novembre 2016. MINISTÈRE ÉTHIOPIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.


Les échanges économiques entre le Maroc et l’Ethiopie sont jusqu’à présent quasi-inexistants, à l’exception notable du secteur des engrais : le pays d’Afrique de l’Est est devenu l’année dernière le principal client africain de l’OCP avec des importations qui se sont élevées à 1,7 milliard de dirhams en 2015 selon les chiffres de l’Office des changes.


Un nouveau projet associant l’OCP et le gouvernement éthiopien pourrait d’ailleurs voir le jour dans les années à venir avec la construction d’un méga complexe chimique dédié à la production d’ammoniaque et d’engrais, d’un coût estimé à 2,5 milliards de dollars selon l’ambassadeur Taye Selassie.



Mise à jour le 19/11/2016 à 11h38  : Lancement du projet de complexe chimique de l’OCP en Ethiopie


La répartition prévue de l’investissement entre les deux parties n’est pas encore connue. Installé dans la nouvelle zone industrielle de Dire Dawa, à l’est du pays, le complexe avait déjà été mentionné lors d’une rencontre en avril dernier à Addis-Abeba entre le patron de l’OCP Mostafa Terrab et le premier ministre éthiopien Hailemariam Dessalegn.



Il doit accueillir deux usines d’ammoniac (pour une production annuelle d’un million de tonnes), deux usines d’urée (un million de tonnes) et deux usines d’engrais NPS/NPK (1,5 million de tonnes par an), selon une présentation vidéo du projet publiée sur internet par le cabinet de Majid Benchekroun, spécialiste de la réalisation de maquettes 3D pour les grands projets marocains.



Le complexe doit bénéficier de la proximité du champ gazier d’Ogaden, au sud-est du site, qui alimentera les usines grâce à un pipeline, et des dépôts de potasse de la région d’Afar, au nord-ouest de Dire Dawa. Un chemin de fer reliant le complexe au port de Djibouti, situé à 350 km et qui abritera des unités de stockage de l’OCP, devra permettre d’acheminer les intrants marocains, notamment l’acide phosphorique.


Lire aussi : La carte détaillée de l’offensive de l’OCP sur le continent africain


Un accord pour un projet similaire avait été signé en grande pompe début 2014 entre le Maroc et le Gabon à l’occasion d’une visite de Mohammed VI à Libreville, dont l’état d’avancement reste néanmoins inconnu aujourd’hui. Le patron de l’OCP, Mostafa Terrab, n’a pas été mentionné dans la liste de la délégation officielle accompagnant le Roi à Addis-Abeba mais le futur complexe de Dire Dawa pourrait faire l’objet d’un accord similaire.