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11.12.2016 à 15 H 56 • Mis à jour le 11.12.2016 à 18 H 10
Par
Conso

Automobile: pourquoi le cœur de la Mini n’est plus à prendre

Les portières arrières de la Clubman: une coquetterie que l’on rabâche dans la pub pour djeuns se transforme en calvaire au moment de les faire bailler quand un véhicule est garé à proximité. SPEEDCAR
Hier charmeuse, la Mini n’évoque plus le bon vieux temps british. Le style s’est empâté, BMW ayant gonflé et le mythe et le prix à l’excès. D’ailleurs, côté fonctionnalité et confort, la concurrence fait nettement mieux. Une vieille fille à fuir dare-dare

Les mythes qui évoquent les temps anciens ont prétendument la vie longue. Mais la nostalgie est souvent mensongère, notamment en matière automobile.


Depuis que BMW a pris les rênes de la marque so british en 1994 et réinventé une gamme néo-rétro depuis 2001, le constructeur munichois en a fait une bête de foire jusqu’à la caricature gonflée à la testostérone, tuant au fil des variations sur le thème de la citadine le mythe de la micro-anglaise agile et sympathique.


Maladivement agrandie, la Clubman par exemple figurant en tête des promos de cette fin d’année, qui veut rivaliser sans grand succès avec les Volkswagen Golf, Peugeot 308 et autres Série 1 du même actionnaire allemand, a perdu sa bouille caractéristique héritée de l’ancêtre née Austin Mini et Morris Minor à force de reshape pour en faire un char plutôt qu’une auto pétillante.


Des fonctionnalités byzantines

La version break par exemple que le distributeur Smeia s’efforce à coups de crédits gratuits à placer sous votre sapin, n’est ni sensuelle, ni originale, perdant avec son côté sur-vitaminé et son allure de centipède sa singularité. Les clins d’œil au passé, comme la ligne de caisse à l’horizontal, les phares ronds, la calandre ou les deux portes arrière en guise de hayon font désordre avec un format génétiquement modifié qui finit par trop lasser.


Le design intérieur, un semblant évocateur du modèle originel, qui peine à conjuguer le cadran rond central, les boutons-poussoirs, le pare-brise vertical de l’ancêtre avec le dernier cri de la technologie ajoute à la complication de l’exercice. Résultat, le tout est surchargé tombant dans le kitschissime et le désuet sans fard.


Rien d’enthousiasmant donc, tant l’idée et la réalisation sont de moins en moins convaincants pour un public qui ne s’extasie plus devant la répétition de ce qui avait fait le succès de sa renaissance il y a déjà quinze ans. Parler d’obsolescence n’est donc pas une critique gratuite pour ces modèles décidément peu inspirants. La planche de bord est faussement cossue et les instruments au-dessus du volant moulés dans un plastique toc et bas de gamme sont pour le moins indigents. Une sacrée faute de goût pour les puristes qui ne rêvent plus de la robe Union Jack que le distributeur évite donc de présenter en avant tant il fait mauvais revival.


Quant à l’ergonomie, elle n’est franchement pas extraordinaire. Certains boutons sont disposés hors du regard, d’autres sont placés bien trop bas. Sans parler des éclairages bling bling qui perturbent sérieusement la conduite nocturne.


Que ce soit la Clubman ou les variantes de Mini citadine y compris en mode S, la position de conduite est trop rude forçant les vendeurs à prétendre que les sièges maintiennent bien le dos. Autre argument souvent entendu : l’habitabilité qui sans être totalement négligeable pour les gabarits moyens, reste en-deçà des normes de la catégorie. Le coffre souffre cruellement de hauteur et de commodité, tout comme les double-portières de la Clubman qu’il faut ouvrir l’une après l’autre, contre tout sens pratique. Gare aux stationnements serrés, car cette coquetterie que l’on rabâche dans la pub pour djeuns se transforme en calvaire au moment de les faire bailler quand un véhicule est garé à proximité. Plus dommageable encore, ces portières qui tiennent du chichi des designers obnubilés par la récup des clichés anciens de la marque, ont obligé Mini à dessiner une lunette arrière en deux parties avec un énorme montant central entre les deux battants. Résultat : la visibilité arrière est plus que médiocre et transforme la mini en…  minivan.


Attention à l’habitacle étouffant !

Lu à droite et à gauche, le recyclage de l’air de la climatisation est de nature à en irriter plus d’un. Comme chez ses cousines de BMW le système ne met l’air conditionné en mode fermé que durant quelques minutes à peine. Une fois qu’il décide que l’air intérieur est saturé, il vous re-branche sans prévenir directement sur les pots d’échappement extérieurs. Un cas d’absurdité souvent relevé à la lecture des forums de férus d’automobile. En plus, le mode automatique n’empêche pas les remontées dans l’habitacle des effluves externes. Dans les bouchons, il vaut mieux donc prendre son mal en patience avec l’atmosphère saturée interne que de se prendre en plein nez les remugles du trafic…


La Mini Cooper D demeure quand à elle sujette à la tremblote et poussive malgré l’effort des motoristes de BMW à en calmer les soubresauts. Pour profiter d’une boîte automatique qui empêche les à-coups, il faudra encore mettre la main à la poche, ce qui n’est pas agréable alors que l’on présente le diesel comme un choix attractif.


Autre point négatif et non des moindres pour ces modèles de seconde voiture (en faire sa principale serait une pure folie), les consommations ne sont pas aussi basses qu’attendu : 8,4 litres de gazole aux cents d’après les tests de revues spécialisées, bien plus que les modèles vus ailleurs.


Question tenue de route autant la Clubman que la citadine se révèlent assez peu véloces et à la limite de la maniabilité, surtout que la direction –  aux défauts souvent soulignés au fil des ans –   est littéralement inconsistante, rendant improbables les limites d’adhérence. Les spécialistes en appellent d’ailleurs en vain BMW à revoir le paramétrage. La gène est encore plus perceptible sur petite route sinueuse et humide, empêchant toute conduite vraiment dynamique, rapportent la plupart des essayistes. Le train avant a aussi souvent du mal à faire passer toute la puissance.


Tant la Clubman au physique de mufle que la citadine aux yeux de merlan frit se transforme en carrosse chaotique sur chaque défaut de chaussée, gare donc aux ralentisseurs et autres dos d’âne ressentis assez fermement par tous les passagers. Autre caractéristique des plus absurdes : la monte pneumatique de série avec des flancs bas qui n’arrange rien d’autant que les suspensions travaillent bruyamment, ce qui accroît nettement la sensation désagréable d’inconfort.


Faut-il vous épargner la critique du prix ? C’est une évidence, une Mini est avant tout un jouet pataud qui coûte cher, trop cher pour ce qu’il prétend être, car en plus, tout ou presque est en option ! Et ça grimpe sérieusement quand il faut accéder à une climatisation automatique, des radars de recul et quelques babioles aux tarifs exagérés… Les options pleuvent lorsque l’acheteur veut repartir avec une Mini décemment équipée : en entrée de gamme, point de raffinement que du spartiate avec cette innommable sellerie en tissu rêche. Pour la couleur, il faudra d’ailleurs repasser, le noir est omniprésent, même à regarder du côté du cuir. Il faut le savoir, tout est facturé, du cendrier à la caméra de recul en passant par les sièges électriques. Pour être dans les normes d’un modèle qui garde quelque peu de sa dignité, il faudra compter sur un chiffre rondelet de 400 000 dirhams all-in. Une hérésie pour une voiture d’appoint.


Que reste-t-il avec ces tarifs stratosphériques, si même l’attrait séduction a pris de sérieuses rides à force de botox ?  Sur un plan rationnel, tous les concurrents dans la même gamme font plus pratique, plus efficace, et surtout moins cher. Alors pour le crédit à taux zéro et les offres d’exception, on aura compris, pas la peine de se bousculer au portillon. Fuyez !