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19.12.2016 à 16 H 12 • Mis à jour le 19.12.2016 à 16 H 14
Par
Terrorisme

Le jihadiste marocain Ayoub El Khazzani raconte son projet d’attaque du Thalys

Maîtrisé par des passagers du Thalys Amsterdam – Paris le 21 août 2015, Ayoub El Khazzani avait longtemps gardé le silence, niant toute motivation terroriste. AFP
Le ressortissant marocain de 27 ans est finalement passé aux aveux. Le Monde livre les détails de son audition. Morceaux choisis

Maîtrisé par des passagers du Thalys Amsterdam – Paris le 21 août 2015, Ayoub El Khazzani avait jusqu’ici gardé le silence, niant toute motivation terroriste.


Entendu pendant plus de cinq heures devant un juge d’instruction antiterroriste mercredi 14 décembre, le Marocain de 27 ans a cette fois reconnu son implication dans l’attaque djihadiste. Il est aussi revenu sur son parcours, jusqu’à cette journée du 21 août 2015 lorsque, muni d’une kalachnikov, de huit chargeurs pleins et d’un pistolet, il a ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris, peu après son entrée en France, dans le Pas-de-Calais. Il avait grièvement blessé un passager avant l’intervention de militaires américains en vacances.


Ayoub El Khazzani. CC


Il est finalement passé aux aveux. Le Monde livre les détails de son audition, dont voici quelques morceaux choisis.


« Tuer des Américains »


Ayoub El Khazzani a été entendu le 14 décembre. Il a notamment déclaré au juge : « Je suis un vrai djihadiste, mais on ne massacre pas les femmes et les enfants. Je ne suis pas un massacreur. Je suis un noble combattant. Je suis un soldat. »


Selon ses explications, l’objectif de l’attaque du Thalys était de tuer des « Américains » en représailles contre les bombardements en Syrie. Il ne voulait pas « faire un massacre de masse et tuer n’importe qui », même si cela reste difficile à croire vu l’arsenal qu’il transportait, avec une kalachnikov, neuf chargeurs et un pistolet.


Son voyage en Syrie


L’homme affirme avoir rejoint la Syrie en mai 2015. Selon le témoignage du jihadiste, la décision de l’Etat islamique d’emprunter la route des migrants pour entrer en Europe a été inaugurée par El Khazzani-lui-même et Abaaoud. Cette technique d’infiltration sera ensuite employée par la quasi-totalité des kamikazes de Paris.Un événement va alors le bouleverser. La découverte d’un bâtiment détruit. « Le frère syrien qui nous encadrait m’a dit que c’étaient les Américains qui avaient bombardé. Il m’a dit que ce bâtiment était une mosquée. Ça m’a fait un choc, ça m’a révolté, ça m’a détruit de l’intérieur. »


Il bascule alors et se dit prêt à tout, même à mourir. Il s’entraîne au maniement de la kalachnikov pendant quatre jours. Puis est reconduit à la frontière turque.


Abaaoud en compagnon de route


Le trajet jusqu’en Europe est semé d’embûches. Refoulé à plusieurs endroits, Ayoub El Khazzani fini par être rejoint par Abou Omar, alias Abdelhamid Abaaoud. Ensemble, ils sont finalement localisés en Hongrie, le 1er août, en suivant le flux de migrants.


Après un long parcours, ils finissent par arriver dans une planque à Bruxelles. « Un jour, Abou Omar, qui avait des contacts avec la Syrie, nous a dit qu’il avait reçu un ordre du pays du Sham [la Syrie], à savoir qu’Hamza [un complice] et moi devions nous préparer psychologiquement à faire une opération. »


Une semaine avant l’attaque du Thalys, Abdelhamid Abaaoud lui annonce les détails de l’opération. Dans ses déclarations, El Khazzani déclare qu’Abaaoud savait qu’il y aurait des militaires américains à bord ce jour-là. Un élément qui intrigue les enquêteurs.


Vis-à-vis de son acte, Ayoub El Khazzani « a une position très compliquée et encore assez ambivalente », estime son avocate. Le juge doit l’entendre à nouveau ce 20 décembre.


Avec Agences