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24.12.2016 à 14 H 36 • Mis à jour le 24.12.2016 à 14 H 45
Par
Proche-Orient

Israël défie le monde après le camouflet que lui a infligé le Conseil de sécurité de l’ONU

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a décidé de passer outre la résolution adoptée le 23 décembre 2016 demandant à Israël de cesser sa colonisation des Territoires occupés. REUTERS
Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté vendredi par 14 voix pour et une abstention une résolution demandant l'arrêt des constructions visant à la colonisation par Israël de la Cisjordanie, une mesure dont l'Etat hébreu a immédiatement refusé l'application

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi par 14 voix pour et une abstention une résolution demandant l’arrêt des constructions visant à la colonisation par Israël de la Cisjordanie, une mesure dont l’Etat hébreu a immédiatement refusé l’application.

Israël ne se conformera pas à la résolution réclamant l’arrêt de la colonisation adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l’ONU, a annoncé le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. « Israël rejette cette résolution anti-israélienne honteuse des Nations unies et ne s’y conformera pas », ont fait savoir les services de Benjamin Netanyahu dans un communiqué.


« Au moment où le Conseil de sécurité ne fait rien pour arrêter le massacre d’un demi-million de personnes en Syrie, il se ligue contre la seule vraie démocratie au Moyen-Orient, Israël, et qualifie le mur occidental (mur des Lamentations) de ‘territoire occupé’  », poursuit le communiqué.


La résolution exhorte Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est », où se trouve le mur des Lamentations, lieu le plus sacré du judaïsme.


Une abstention historique

Les Etats-Unis, qui d’ordinaire opposaient leur veto à toute résolution visant la question de la colonisation des territoires occupés palestiniens, se sont cette fois abstenus sur le texte présenté par la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Venezuela et le Sénégal.


Les services de Benjamin Netanyahu accusent le gouvernement Obama de s’être « associé en coulisses » à la « ligue anti-israélienne » à l’ONU. La veille, l’Egypte qui avait proposé le texte avait décidé de faire machine arrière sous la pression d’Israël et du président élu américain Donald Trump.


La résolution a été adoptée, sous les applaudissements, par 14 des 15 Etats membres siégeant au Conseil de sécurité de l’ONU, une première sur ce sujet depuis près de huit ans. L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Samantha Power, a expliqué que la poursuite des constructions en Cisjordanie « menaçait sérieusement la sécurité d’Israël ».


« Les Etats-Unis ont adressé le message selon lequel les implantations privées et publiques devaient cesser pendant près de cinq décennies », a-t-elle expliqué devant le Conseil de sécurité. « On ne peut pas à la fois se faire le défenseur d’un accroissement des colonies israéliennes et d’une solution à deux Etats qui soit viable pour mettre fin au conflit », a-t-elle poursuivi. « Il faut faire un choix entre la colonisation et la séparation ».


Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a salué l’adoption de cette résolution et a appelé Israéliens et Palestiniens « à travailler avec la communauté internationale pour créer un environnement propice à la reprise de négociations significatives ».


L’Etat hébreu « attend avec impatience de travailler avec le président élu Donald Trump et avec tous nos amis au Congrès, Républicains comme Démocrates, pour neutraliser les effets néfastes de cette résolution absurde », ajoute-t-on de même source. « L’administration Obama n’a pas seulement failli à la protection d’Israël contre le traquenard à l’ONU, elle s’en est rendue complice en coulisses », affirme un communiqué du gouvernement.


Un camouflet, selon Mahmoud Abbas

Le ministre israélien de l’Energie Yuval Steinitz a estimé que les Etats-Unis avaient abandonné son pays. « Ce n’est pas une résolution contre les colonies, c’est une résolution anti-israélienne, contre le peuple juif et contre l’Etat des juifs », a-t-il dit. « Ce soir, les Etats-Unis ont tout simplement abandonné leur seul ami au Proche-Orient », a estimé Steinitz, un proche de Benjamin Netanyahu sur la chaîne de télévision Channel 2.


La décision de s’abstenir a été critiquée par le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan ainsi que par le sénateur John McCain qui a jugé que les Etats-Unis s’étaient rendus « complices d’une attaque odieuse ».


Réagissant immédiatement sur son compte Twitter, Donald Trump a affirmé que les choses « seraient différentes après le 20 janvier », date à laquelle il doit être investi président des Etats-Unis. La Maison blanche a défendu la position des Etats-Unis sur cette résolution, rappelant que malgré les critiques de Donald Trump, Barack Obama demeurait président jusqu’au 20 janvier.



« Nous ne pouvions pas en toute conscience opposer un veto à la résolution qui exprimait les inquiétudes face à la tendance qui sape les fondations d’une solution à deux Etats », a commenté Ben Rhodes, porte-parole de la présidence américaine.


Les Palestiniens ont accueilli cette résolution comme un « jour de victoire », le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas estimant qu’il s’agissait d’un camouflet pour la politique israélienne.


« La résolution du Conseil de sécurité est un énorme revers pour la politique israélienne, une condamnation internationale unanime des colonies et un soutien fort à une solution à deux Etats  », a déclaré Nabil Abou Rdainah, porte-parole de Mahmoud Abbas cité par l’agence Wafa.


« Il s’agit d’une journée de victoire du droit international, une victoire pour le dialogue civilisé et la négociation et un rejet total des forces extrémistes en Israël », a déclaré le négociateur palestinien Saeb Erekat.« La communauté internationale a dit aux Israéliens que la sécurité et la paix ne seraient pas atteintes par l’occupation mais par la paix, en mettant fin à l’occupation et l’établissement d’un Etat palestinien au côté de l’Etat d’Israël suivant les frontière de 1967 », a ajouté Erekat.