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17.02.2017 à 17 H 37 • Mis à jour le 17.02.2017 à 20 H 55
Par
Polisario

Affaire des « Séquestrées de Tindouf » : les zones d’ombre

Une manifestation en Espagne pour la libération de Maloma, une des filles “retenues contre leur gré “dans les camps du Polisario à Tindouf. JUAN FLORES
En Espagne, les familles adoptives de jeunes femmes sahraouies dénoncent depuis plusieurs années leur séquestration dans les camps frontaliers à l'occasion de visites à leurs familles biologiques. Dans une vidéo mise en ligne le 13 février, l'une des « séquestrées de Tindouf » affirme n'être « séquestrée par personne ». Une déclaration faite sous la contrainte ?

Le 9 février 2017, les proches de Maloma Morales, Darya Embarek Salma, Nadjiba Mohamed Belkacem et Koria Badbad Hafed ont annoncé publiquement le dépôt d’une plainte devant le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme contre le Polisario et l’Algérie, qu’ils accusent de ne pas veiller au respect des droits de leurs filles. Les familles adoptives dénoncent leur séquestration dans les camps de réfugiés de Tindouf. Venues en Espagne grâce au programme « Vacaciones en Paz » –  qui permet aux jeunes sahraouis des camps de réfugiés de passer l’été de l’autre côté de la Méditerranée -, elles s’y sont établies. A l’occasion d’un voyage à Tindouf auprès de leurs familles biologiques, elles ont été empêchées de rentrer dans leur pays d’adoption, selon leurs familles espagnoles et l’ONG Human Rights Watch.


#FreeMaloma, symbole de la mobilisation

L’égérie de la mobilisation pour la libération des « séquestrées de Tindouf » s’appelle Maloma Morales de Matos. Au mois de décembre 2015, cette jeune espagnole d’origine sahraouie, âgée de 23 ans, rend visite à sa famille biologique dans les camps de réfugiés.


Maloma Morales de Matos. DR


Elle n’est depuis pas revenue et ses parents adoptifs accusent ses parents biologiques de la retenir contre son gré. Ce 11 février 2017, une vingtaine de personnes se sont réunies à Séville, aux côtés de sa famille adoptive, pour demander sa libération. Les manifestants ont demandé « que le gouvernement suspende tout soutien politique et institutionnel au Front Polisario et au mouvement de solidarité en Espagne, complice par son silence ».


Manifestation à Séville en faveur de la libération de Maloma. ABC


L’ONG Human Rights Watch a d’ailleurs confirmé la situation de Maloma : le 12 décembre 2016, HRW publie un communiqué intitulé « Depuis un an, une femme toujours empêchée de revenir en Espagne ». L’ONG dénonce le fait qu’elle n’ait pas « la possibilité d’accéder à un lieu neutre où elle pourrait exprimer son choix, libre des pressions ».


« Je ne suis séquestrée par personne »

Sauf qu’un élément de poids vient aujourd’hui contredire la version d’Human Rights Watch, des médias espagnols et marocains et de la famille adoptive de Maloma. Dans une vidéo mise en ligne le 13 février sur le compte Twitter d’un ancien diplomate du Polisario, la jeune fille affirme n’être « n’être séquestrée ni par le Front Polisario, ni par l’Algérie, ni par ma famille. Je ne suis séquestrée par personne ». Entourée de deux de ses cousines, elle déclare en espagnol, face caméra : « Je suis dans les camps de réfugiés parce que je le souhaite. […] Je veux passer un moment avec ma famille ». Elle ajoute : « tout cela, je l’ai déjà dit quand sont venus ma famille d’Espagne et le consul espagnol » et désavoue « les gens qui profitent de ceci pour leur propre intérêt et créent des problèmes entre deux pays. Ceci n’est pas juste ».



Une déclaration contrainte ?

Pour la famille, il est évident que la jeune fille agit sous la contrainte. Pepe Morales, son père adoptif, avait déjà déclaré à la presse espagnole, avant la diffusion de la vidéo : « Elle ne peut pas être elle-même, elle ne peut exprimer ni ses sentiments ni ses souhaits, elle ne peut pas choisir ou décider : elle agit selon ce que lui dicte sa famille biologique ». Après avoir rencontré, ce jeudi, le directeur général des Affaires Étrangères espagnoles pour le Maghreb, il a réaffirmé au journal ABC que ce n’étaient « pas les mots de sa fille ». Le représentant du gouvernement espagnol en Andalousie, Antonio Sanz, a pour sa part exhorté à la prudence : « ce n’est pas le première fois qu’apparaît une vidéo de Maloma et on ne connaît pas les circonstances de sa production ».


Si les cas des trois autres jeunes femmes sont effectivement corroborés par leurs déclarations, celui de Maloma Morales laisse planer des zones d’ombre : séquestration assortie de déclarations forcées ou vrai désir de retour à Tindouf ? Les Affaires Étrangères espagnoles assurent suivre le dossier avec attention.