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20.02.2017 à 02 H 11 • Mis à jour le 20.02.2017 à 02 H 11
Par
Coopération

Avec Lusaka, le Maroc veut impulser des synergies entre « deux économies émergentes »

Arrivée du roi Mohammed VI à Lusaka pour une visite officielle en République de Zambie dimanche 19 février 2017. MAP
L’économie zambienne, qui représente le 3ème PIB de l’Afrique Australe avec 26,8 milliards de dollars, « peut tirer profit de ce cadre de coopération privilégié offert par le Maroc et nouer des partenariats fructueux avec les entreprises marocaines »

Le Maroc et la Zambie, « deux économies émergentes dont le taux de croissance annuel moyen dépasse 4 % lors des dernières années, disposent d’énormes potentialités pour aller de l’avant dans leur coopération commerciale afin qu’elle englobe tous les secteurs d’activité », écrit l’agence officielle MAP.


Les chantiers économiques d’envergure réalisés par le Maroc dans tous les domaines et les réformes structurelles menées par le gouvernement zambien depuis une décennie ouvrent la voie à un partenariat plus solide et plus dynamique entre les deux pays, poursuit la MAP.


Des échanges bilatéraux très faibles

Bien que les échanges commerciaux bilatéraux restent en deçà des attentes et des potentialités dont disposent le Maroc et la Zambie, « les deux pays sont animés d’une volonté ferme d’asseoir les bases d’une coopération bilatérale et multilatérale fondée sur une logique gagnant-gagnant ».


Le Maroc, qui n’a cessé depuis l’indépendance de réaffirmer son identité africaine, est devenu « l’un des principaux acteurs économiques dans le continent. Cette coopération renforcée entre le Royaume et l’Afrique se matérialise sur le plan économique par d’énormes investissements réalisés par le Royaume dans les différents pays du continent ».


Ainsi, l’économie zambienne, qui représente le 3ème PIB de l’Afrique Australe avec 26,8 milliards de dollars, « peut tirer profit de ce cadre de coopération privilégié offert par le Maroc et nouer des partenariats fructueux avec les entreprises marocaines qui investissent de plus en plus dans le continent. Aujourd’hui, les grandes entreprises marocaines de différents secteurs (télécoms, bancaire, mines, construction, eau et électricité, gestion des ports, etc.) sont présentes dans plus d’une vingtaine de pays sub-sahariens ».


Cette visite, la première du souverain à ce pays de l’Afrique Australe, donnera, « un nouvel élan aux liens bilatéraux pour les hisser au niveau des attentes des dirigeants et des peuples des deux pays, tout en mettant l’accent sur les points de complémentarité et sur la base d’un partenariat mutuellement bénéfique et d’une coopération fructueuse dans tous les secteurs ».


Les grands défis du président Lungu

Réélu à la tête de la Zambie pour un mandat de cinq ans, Edgar Lungu a la lourde tâche de redresser l’économie d’un pays longtemps porteur d’espoir sur le continent africain mais qui paie aujourd’hui sa dépendance du cuivre dont les cours ont plongé.


Le président zambien Edgar Lungu danse lors du dernier meeting de sa campagne électorale pour sa réélection, le 15 août 2016 à Lusaka GIANLUIGI GUERCIA/ AFP


Les taux de croissance supérieurs à 10 % qu’affichait la Zambie dans les années 2000 appartiennent bel et bien au passé. Si en 2015 le PIB de ce pays d’Afrique australe a tout de même progressé de 3,2 % selon la Banque mondiale –  sa plus faible croissance depuis 1998 -, la Zambie est en crise.


Elle traîne comme un boulet son ultra-dépendance au cuivre, dont elle est le deuxième producteur d’Afrique après la République démocratique du Congo voisine. Car depuis 2011, ce métal a perdu plus d’un tiers de sa valeur, entraînant la Zambie dans sa dégringolade.


« Nous ne pouvons pas perpétuellement compter sur le cuivre, l’économie doit se diversifier », constate l’analyste économique Oliver Saasa. Des milliers d’emplois ont été supprimés dans les mines, notamment au sein du groupe suisse Glencore qui a drastiquement réduit sa production sur les sites du centre du pays.


Autre conséquence de cette chute du cuivre : la dépréciation de la devise zambienne. Si le kwacha s’est un peu repris en 2016, il a tout de même perdu 80 % de sa valeur ces deux dernières années face au dollar, entraînant une forte inflation, au-delà de 20 %. Et le déficit public de la Zambie n’est pas plus rassurant puisqu’il devrait dépasser 8 % du PIB en 2016, contre 4,6 % en 2015.


Un pays sous pression du FMI

Elu pour la première fois en 2015 afin d’achever le mandat de son prédécesseur et mentor Michael Sata, décédé en fonction, Edgar Lungu n’a pas eu beaucoup de temps pour redresser la situation. « Le nouveau gouvernement va devoir travailler dur pour renouer avec la croissance. Un changement de politique est nécessaire pour inspirer la confiance », plaidait Oliver Saasa à la réélection de Lungu.


En 2015, le gouvernement avait multiplié par trois les taxes sur les revenus miniers avant de finalement revenir sur cette décision, pour éviter de froisser les investisseurs et de les voir fermer des mines.


« Sous intense pression », selon le FMI, la Zambie a d’ailleurs laissé entendre en avril dernier qu’elle pourrait bientôt demander de l’aide à l’institution internationale. « Pour ces cinq prochaines années ce sera un travail intense, il n’y aura pas de lune de miel », avait prévenu Edgar Lungu lors d’un meeting suivant sa réélection à la présidentielle du 11 août 2016.


Pas de lune de miel donc pour la Zambie ni pour les 60 % de sa population qui vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. « Ma plus grande inquiétude, c’est le coût de la vie. Tout a augmenté dans le pays et le gouvernement doit nous aider », pestait après les résultats du scrutin Morgan Zulu, un habitant de Lusaka qui a voté Lungu.


Le président a dû gérer au mieux la terrible sécheresse qui a perturbé durant de long mois la production hydroélectrique, entraînant des coupures de courant de plus de huit heures par jour durant l’été 2016 empêchant les entreprises de tourner à plein régime.


Avec Agences