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23.02.2017 à 19 H 12 • Mis à jour le 23.02.2017 à 19 H 28
Par
Diplomatie royale

A cause d’Alger, Mounir Majidi en doublure de Mohammed VI au Mali

Sur instructions du roi Mohammed VI, son secrétaire particulier, Mohamed Mounir El Majidi a inauguré une clinique royale à Bamako. MAP
L'annulation de la visite officielle que devait effectuer Mohammed VI à Bamako est la conséquence d'une intense pression algérienne sur le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), selon des sources diplomatiques marocaines. Conséquence: Mounir Majidi a été missionné pour inaugurer le projet de clinique voulu par le roi

Le roi Mohammed VI, arrivé ce soir en Guinée-Conakry devait se rendre au Mali dès le 22 février, après sa visite en Zambie. Selon des sources diplomatiques consultées par Le Desk, cette étape pourtant dûment programmée dans l’agenda de cette nouvelle tournée africaine a été annulée « à la dernière minute ».


Le compte Twitter de la Présidence du Mali avait annoncé dans la matinée du mardi 21 février que la visite programmée du souverain à Bamako a été reportée à une date ultérieure « à la demande de la partie marocaine ».


En réalité, une intense pression algérienne sur le président Ibrahim Boubakar Keïta (IBK) l’a contraint à céder au diktat de son grand voisin du nord qui influe depuis toujours sur la politique extérieure de Bamako pour des raisons sécuritaires. D’ailleurs Alger n’a pas lésiné sur les moyens pour faire barrage au Maroc : un protocole d’accord pour l’édification de deux centrales électriques a été signé en début de semaine entre les deux pays dans le cadre du « plan d’urgence sociale » cher à IBK.


Une gène perceptible à Bamako

Depuis quelques jours à Bamako, les officiels ont tenté en vain d’enfumer les journalistes en avançant tantôt des raisons de sécurité, tantôt qu’IBK était souffrant, se rendant ainsi indisponible pour recevoir le roi. En fait, rien de tout cela, le chef de l’Etat malien a lui-même dirigé mercredi 22 février le Conseil des ministres, rapporte RFI, sans oublier que la veille, « il recevait un diplomate américain au palais présidentiel ».



« Le grand voisin du Mali travaille à occulter la visite du souverain marocain », ont ajouté les sources de RFI qui confirment l’activisme du pouvoir d’Alger dans le but de faire capoter tout rapprochement entre Rabat et Bamako.


Evidemment la question du Sahara est au cœur de cette bataille diplomatique. Le Mali fait officiellement partie des pays qui reconnaissent la « RASD » soutenue à bouts de bras par l’Algérie. La visite royale devait ainsi à coup sûr changer la donne dans le sens d’un rééquilibrage des positions de Bamako.


« Nos relations avec Rabat sont très bonnes et nous voulons les renforcer », a expliqué un diplomate malien à RFI qui rappelle que « le Maroc vient d’offrir au Mali l’une des cliniques les plus modernes de la sous-région ». Il était en effet prévu que Mohammed VI inaugure en personne l’ouvrage ce jeudi 23 février.


Majidi sollicité pour cette mission particulière

C’est donc sur instructions du roi qu’une délégation accompagnée du premier ministre malien, Modibo Kéïta, a procédé ce jeudi à Bamako, à l’inauguration de la « Clinique périnatale Mohammed VI », comme l’a annoncé l’agence MAP.


« Moderne et intégrée, cette clinique, réalisée par la Fondation Mohammed VI pour le développement durable sur une superficie globale de 5 hectares (don de l’Etat malien) dont 7 270 m2 couverts, profitera aux populations maliennes », poursuit la dépêche.


La Clinique périnatale Mohammed VI que devait inaugurer en personne le roi. MAP


Fait inhabituel, la délégation marocaine est conduite par Mohamed Mounir El Majidi, directeur du secrétariat particulier du roi qui est rarement associé à des missions diplomatiques de ce genre.


Selon les sources du Desk, la raison est autant logistique que protocolaire. Les plus proches conseillers du roi, dont Fouad Ali El Himma l’accompagnent entre la Zambie et la Guinée, mais le choix s’est aussi porté sur Majidi pour appuyer le fait que cet événement ne concerne pas uniquement la coopération bilatérale à un niveau institutionnel, mais découle aussi d’une sollicitude personnelle du roi.


La présence du professeur Abdelaziz Maaouni, médecin personnel du roi et celle de Mostafa Terrab, en sa qualité de président délégué de la Fondation Mohammed VI pour le développement durable, confirment cette attention royale à l’égard d’IBK malgré son incapacité à s’affranchir totalement de la tutelle du régime d’Abdelaziz Bouteflika.


105 millions de dirhams investis

« Après avoir coupé le ruban symbolique, la délégation marocaine et Kéïta ont visité les différentes dépendances de cette clinique de référence de niveau 3 pour les maternités de la région de Bamako, et qui a pour objectifs la fourniture de services périnataux spécialisés, la prise en charge de grossesses à risque et la limitation de la mortalité maternelle et infantile », a rapporté la MAP


Cette structure sanitaire, dont la réalisation a nécessité un budget de 105 millions de dirhams, « dispose de nombreux services, à savoir les soins intensifs et réanimations pour les mères, la réanimation néonatale (cas graves nécessitant ventilation artificielle), et la néonatalogie », apprend-on de la même source.


« Quant au plateau d’explorations, il est équipé d’une radiologie avec radio conventionnelle ultrasons et scanner, d’une angiographie, d’un laboratoire spécialisé, de deux blocs opératoires, de quatre salles d’accouchement, d’une salle d’accueil pour les familles accompagnatrices et d’une administration », précise la MAP.


Cette structure sanitaire est d’une capacité globale de 79 lits, 5 000 naissances par an avec possibilité de traiter jusqu’à 2.000 césariennes, 1.400 admissions par an en soins intensifs et réanimations mères, et 470 admissions par an en néonatalogie et réanimation néonatale.


Un délai de réalisation de 22 mois

Cette clinique, réalisée dans un délai de 22 mois, est dotée d’un effectif de 277 employés, dont 164 en personnel médical et paramédical.


Le roi Mohammed VI, accompagné du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, avait présidé, en février 2014 à Bamako, la cérémonie de pose de la première pierre pour la construction de cette clinique périnatale moderne et intégrée, rappelle aussi la MAP.


La cérémonie d’inauguration de cette clinique a été marquée par le présence de l’ambassadeur du Mali au Maroc Ousmane Amadou Sy, de hauts responsables maliens, de l’ambassadeur du royaume au Mali, Hassan Naciri, des membres de la représentation diplomatique du Maroc à Bamako et des cadres marocains établis au Mali.